TOGES NOIRES, organisation de
promotion et de défense des Droits de l’Homme et de développement Démocratique,
rappelle les différents cas de dérives graves qui ont émaillé le mandat du
pouvoir en place et qui ont conduit à des violations graves des
droits de l’Homme, des assassinats des journalistes et des défenseurs des
droits de l’Homme, et des répressions brutales des manifestations publiques en
toutes violations des dispositions constitutionnelles.
En effet, dès l’entame de cette mandature, en 2006,
plusieurs cas des violations des droits de l’homme ont été signalés dans tout
le pays et avec comme ancrage l’insécurité permanente et croissante à l’Est de
la RDC. Déjà en juin 2011, plusieurs organisations des défenses des droits de
l’Homme et des libertés de la presse faisaient état, en l’espace de quatre ans,
de l’assassinat de six journalistes à l’Est du pays. Il s’agit, notamment de
Serge MAHESHE, Patrick KIKUKU, Didace NAMUDJIMBU, Bruno KOKO CHIRAMBIZA,
Patient CHEBEYA et enfin Kambale MUSONIA, journaliste à Radio communautaire
Lubero sud, assassiné en juin dernier.
En dehors des assassinats des
journalistes à l’Est du pays, il y a lieu de relever le cas le plus patent qui
est celui de M. Floribert CHEBEYA, Directeur exécutif de l’ONG Voix de sans
Voix, assassiné, en début de mois de juin 2010, dans les locaux de l’Inspection générale de la
Police nationale Congolaise alors qu’il devrait répondre à une invitation qui
lui a été lancé par l’Inspecteur générale de Police à savoir John NUMBI. L’on
se rappellera qu’à la suite d’un procès que certains n’ont cessé de qualifier de parodie de justice, quatre
officiers de la Police Nationale Congolaise ont été condamnés pendant que le
suspect n° 1 dans cette affaire, le général John NUMBI, n’a jamais été
inquiété. Il sied de préciser que juste après l’arrêt de la cour militaire de
Kinshasa/Gombe, les parties civiles avaient interjetés appel. Dès lors, la
Haute cour Militaire a préféré plutôt croisé le bras et le procès à tendance à
tourner au cauchemar.
L’opinion se souviendra aussi de la
mort, dans des circonstances aussi mystérieuses, de M. Armand TUNGULU, opposant
congolais résidant en Belgique, qui a été assassiné durant sa détention, en
début du moi d’octobre 2010, après avoir caillassé le cortège du président
sortant. A la suite de cet incident, quelques défenseurs des droits de
l’Homme en ont fait le frais à l’instar de
Me Nicole BONDO MUAKA, coordonnatrice de l’ONG TOGES NOIRES, et de Mme
MWANGABU ainsi que d’autres membres de TOGES NOIRES qui ont été arrêté et voire
obligés à quitter le pays ou à s’exiler.
Au-delà de ces deux cas, il convient
de signaler plusieurs cas d’arrestation des ressortissants de la province de
l’Equateur qui ont été arrêtés et détenus arbitrairement au Centre
Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) ex prison Makala pour la
simple raison qu’ils étaient ressortissant de la province de l’Equateur, la
province de l’ancien vice président de la République Jean-Pierre BEMBA détenu à
La Haye.
Plus récemment, il sied de relever les
différents cas de répression des manifestations publiques organisées par
certains partis politiques de l’opposition pour revendiquer l’accès au serveur
central de la CENI et l’audit du fichier électoral. Ces répressions brutales et
barbares ont occasionnées plusieurs pertes en vies humaines, il s’agit
notamment de M. Serge LUKUSA, militant de l’UDPS, tué par inhalation du gaz lacrymogène
devant le siège de la CENI, M. Junior FOLO NGAMAKE, militant de l’UDPS
sauvagement abattu par les éléments de la Police Nationale Congolaise lors de
la manifestation pacifique organisé par ce parti politique pour protester
contre la mise à sac de leur permanence et le plasticage de la RLTV, télévision
proche de l’opposition. Hormis ces morts, il y a lieu de relèver aussi le
passage à tabac des certains leaders de l’opposition politique, notamment le
Député provincial Martin FAYULU et l’arrestation des plusieurs militants de
l’UDPS et alliés.
TOGES NOIRES, en profite pour interpeller l’opinion tant nationale
qu’internationale face à la dérive aussi grave marquée par le refus aussi
catégorique du pouvoir en place d’autoriser les partis politiques de
l’opposition de pouvoir battre campagne en bonne et due forme en cette période
de campagne électorale. Il sied de faire allusion au refus par le gouvernement
Congolais d’autoriser l’atterrissage des avions affrété par l’UDPS et
l’affichage des panneaux géants à l’effigie de M. Etienne TSHISEKEDI, candidat
à l’élection présidentielle.
Face à ce qui précède, l’ONG TOGES
NOIRES déplore ces morts dont elle qualifie de martyrs de la démocratie et condamne ces actes d’assassinats,
d’emprisonnement et de violations graves de droits de l’Homme qui n’ont fait
que ternir l’image du pays en matière de respect des droits de l’Homme.
Au-delà de la condamnation de ces cas de
dérives qui ont émaillé le mandat du pouvoir en place, TOGES NOIRES se réserve
les droits de saisir au moment opportun les instances judiciaires nationales et
internationales des plaintes à charge des auteurs intellectuels et moraux de
tous ces cas d’assassinat et d’atteintes aux droits de l’Homme.
Fait à Kinshasa, le 02
novembre 2011
TOGES NOIRES
JOSEPH SEKABO : Chargé de Communication
Téléphone :
(243) (0)999923161
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