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lundi 10 novembre 2014

Grève des magistrats : terreur à Bunia

Le mouvement de grève spontané déclenché par les magistrats commence à prendre une dimension inquiétante au regard des nouvelles en provenance de Bunia, chef lieu de District de l'Ituri, dans la province Orientale.

D'après une source locale, hier  lundi 10 novembre 2014, à Bunia, le Procureur de la République, Bafoa Liatshi et le Président du Tribunal de Grande Instance, Fali Alphonse Wonga ont ordonné à leurs gardes de corps de tirer sur les magistrats grévistes qui manifestaient hier matin. 
Des témoins indiquent que le magistrat Grewisse Musafari du Parquet de la République près le tribunal de grande instance de Bunia a été atteint au menton par une balle. Il a été amené rapidement à l'hôpital, mais sa santé n'est pas en danger, signale t on.

Sur ce registre, l'Association Africaine de défense des Droits de l'Homme(ASADHO) condamne à travers un communiqué l'interpellation de certains magistrats grévistes par leurs chefs hiérarchiques. Et, ce, en violation des normes nationales et internationales qui garantissent le droit de  grève.
L'Asadho regrette de constater que  depuis le lundi 3 novembre 2014 que les magistrats ont déclenché un mouvement de grève spontanée focalisé sur la revendication salariale dont le minimum devrait être de 1600 USD (Dollars américains mille six cents), plusieurs d'entre eux sont victimes d'intimidations.
Etant donné que le Président de la Cour Suprême de Justice avait interdit toutes activités syndicales pour les magistrats par sa note circulaire n°010 du 27 septembre 2011,  les ordres ont été donnés aux chefs des parquets et ou des juridictions pour interpeller tous les magistrats grévistes au besoin de les frapper d'interdiction.

               
L'Asadho signale qu'en date du 6 novembre 2014, sur l'ordre du Procureur Général près la Cour d'appel de Lubumbashi, Useni Kaif, plusieurs magistrats grévistes de Kambove, au Katanga ont été  entendus sur procès verbal  en rapport avec leur participation à l'actuelle grève.
Plusieurs autres magistrats à Lubumbashi, à Kinshasa et à Mbuji Mayi ont fait part à l'ASADHO d'intimidations qu'ils subissent de leurs chefs à cause de leur participation au mouvement de grève qui est encours. 
Face à cette caporalisation de la situation,  l'Asadho invite Kinshasa à engager  des négociations avec les magistrats grévistes sur leurs revendications socio professionnelles.
L'ONGDH appelle le gouvernement Matata à procéder à l'amélioration des salaires de tous les magistrats conformément à la promesse du Chef de l'Etat.
Godé Kalonji


 

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