L'année 2014 qui termine ce mercredi a été marquée par plusieurs cas d'atteinte à la liberté de presse où plusieurs journalistes ont subi le calvaire dans l'exercice de leur métier. Une année chimère qui se termine par l'assassinat le vendredi 26 décembre 2014, vers 21h00, à Goma, province du Nord-Kivu de notre confrère Robert Chamwami Chalubuto, journaliste à la radio télévision nationale congolaise (Rtnc) par des hommes armés non autrement identifiés.
Les organisations de la société civile de défense et de promotion des droits de l'homme et de la liberté de la presse comme la Vsv, FFJ, UNPC, olpa …ont condamné ce énième assassinat dirigé contre les professionnels des médias par des personnes qui cherchent en vain à étouffer et à fouler aux pieds le droit à l'information de la population ainsi que la liberté de la presse en RDC.
Depuis l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila après la disparition brutale de son père Laurent Désiré Kabila en Janvier 2001, le régime AFDL, Cpp, Pprd a battu tous les records car, en dix ans, douze journalistes et une femme d'un journaliste ont été abattus, entre autres : Franck Ngyke (et son épouse), Louis Mwamba Bapuwa, Serge Maheshe, Patrick Kikuku, Didace Namujimbo, Bruno Koko, Witness-Patchelly Kambale, Kennedy Muliwavyo et Robert Chamwami, a noté Unpc dans un communiqué.
Que dire des journalistes comme Mike Mukebayi Nkoso, directeur de publication du journal Congo News arrêté puis détenu illégalement à la prison centrale de Makala. Sans oublier le cas de notre collègue Eliezer Tambwe, journaliste et animateur de Tokomi Wapi ? «Traduisez : Où en sommes-nous ? », une émission produite sur Canal Kin Télévision, une chaîne pro opposition émettant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).Ce dernier a été victime des traitements cruel, dégradant et inhumain infligé, lundi 08 décembre 2014 par un certain Olivier Tokoka, qui s'est présenté à lui comme colonel des Forces armées de la RDC(FARDC).
JEEF NGOYI, journaliste à Radio Okapi, une station parrainée par la Mission de l'ONU en RDC, a été interpellé à l'aéroport de Kinshasa le 27 novembre 2014 alors qu'il revenait d'une mission de presse à Naïrobi, au Kenya. A cela s'ajoute les menaces de mort contre un journaliste de CCTV, Kimbanzia LUTALA DOSTA.
PPRD coupable à Ngandanjika
Dans une lettre adressée au Secrétaire général du parti présidentiel PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), dont La Tempête des Tropiques s'est procuré une copie, l'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) condamne l'agression brutale de Joseph Malamba Kasonga, journaliste à la Radio -télévision Communautaire Ngandajika (RTCN), station communautaire émettant à Ngandajika, territoire situé à 90 kms de Mbuji-Mayi (Kasaï- Oriental), au centre de la République démocratique du Congo (RDC).
Le journaliste a été brutalement agressé, le 26 octobre 2014, par Hilaire Mulumba Mutambayi, Secrétaire exécutif du PPRD/Ngandajika, alors qu'il se trouvait au siège de la RTCN.
A Mbuji Mayi, un journaliste a été limogé pour avoir signé un mémorandum contre un responsable de la principale corporation des journalistes du pays. Il s'agit de Floribert MOLE BAKAFUA BUNDU, journaliste et directeur de programmes à Radio Katanda, une station émettant à Mbujimayi, capitale de la province du Kasaï oriental (Centre de la RD Congo) et propriété de Kasongo Munganga, député national pour le compte de la Majorité, a été limogé de son poste lundi 10 novembre 2014.
St/Une année noire pour les journalistes
L'année 2014 peut être considérée comme une année noire pour les professionnels des médias de la RDC au regard des plusieurs d'atteintes répertoriés par les organisations professionnelles. Le cas d'Eric MASIMO, journaliste et éditeur de C News, un journal de création récente paraissant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), qui a été interpellé, vendredi 14 novembre 2014, par des agents se réclamant de l'Agence nationale de renseignements (ANR) qui le prenaient en filature.
Masimo a été conduit dans les cachots de l'ANR où il reste détenu. Ceux qui l'ont arrêté lui reprochent d'avoir mis sur le marché un périodique qui n'a pas reçu l'autorisation de paraître des autorités compétentes.
Sombre tableau
Chaque année, l'ONG Reporters sans frontières établit une liste des pays du point de vue de leur liberté de la presse. Le classement mondial de la liberté de la presse est fondé sur les réponses aux enquêtes envoyées aux journalistes membres d'organisations partenaires de RSF, aussi bien qu'aux spécialistes de la question : les chercheurs, les juristes et les activistes des droits de l'homme.
D'après le classement mondial de la liberté de la presse de RSF de 2014, l'Asie orientale, le Moyen-Orient et le nord-ouest de l'Afrique seraient les pires régions du monde pour la liberté de la presse. D'après le rapport, le facteur aggravant est la présence d'un conflit, comme l'attestent la chute de l'Égypte, de la Syrie, du Mali et de la République centrafricaine.
L'enquête porte sur des attaques directes faites aux journalistes et aux mass-médias aussi bien que d'autres sources indirectes de pression contre la presse libre, comme la pression sur les journalistes par des lobbies.
RSF note que le classement se préoccupe seulement de la liberté de presse et ne mesure pas la qualité du journalisme ni de l'autocensure.
Le classement de RSF varie chaque année, en 2010 il établit les pays où la presse est la plus libre comme étant la Suède, la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège, et range l'Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord, et l'Érythrée aux dernières places. Les États-Unis et la France gravitent autour de la 40e place en 2014.
La recrudescence des violences a poussée l'Assemblée générale des Nations unies à adopter en novembre 2013 la première résolution sur la sécurité des journalistes et sur la création de la Journée internationale contre l'impunité des crimes contre les journalistes (célébrée le 2 novembre)[].
L'association établit également une liste des « prédateurs de liberté de la presse », qu'elle met au point chaque année[]. En 2006 ce sont cinq nouveaux noms qui augmentent la liste, cette année : le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi.
Godé Kalonji
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