Les autorités provinciales du Nord-Kivu espèrent bientôt fermer la soixantaine de camps hébergeant quelque 210 000 personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP). Selon les responsables, la paix est revenue sur terrain après la mise en déroute du M23.
Les observateurs pensent que le moment ne pas propice avec les dizaines de groupes armés, locaux et étrangers actifs dans le Nord-Kivu, et dans le territoire de Beni qui commettent une série de violents assassinats depuis le mois d'octobre.
Les observateurs pensent que le moment ne pas propice avec les dizaines de groupes armés, locaux et étrangers actifs dans le Nord-Kivu, et dans le territoire de Beni qui commettent une série de violents assassinats depuis le mois d'octobre.
Après la débâcle du mouvement rebelle M23, composé de Tutsis congolais), battu par l'armée et les forces de maintien de la paix des Nations Unies en novembre 2013, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a dit que les camps de PDIP devraient être fermés. Jusqu'ici, un seul camp a fermé ses portes – dans des circonstances quelque peu chaotiques. Il s'agit de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru.
Lors de sa visite à Kiwanja, le 2 décembre, Julien Paluku a annoncé la fermeture du camp local qui hébergeait environ 2 300 personnes.
« Nous avons trouvé plusieurs armes … C'est un endroit où le crime s'était développé… Nous avons trouvé 10 armes en trois mois », a dit M. Paluku, en ajoutant que les travailleurs humanitaires n'avaient pas été consultés sur la fermeture.
Le camp de déplacés de Kiwanja, situé à environ 60 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a été établi en novembre 2008, après l'éclatement des combats entre le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP – un précurseur du M23) et l'armée, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le camp hébergeait 10 000 PDIP qui avaient fui les combats entre le CNDP et l'armée (FARDC).
« Vers la fin de l'année 2009, alors que la situation sécuritaire s'améliorait après les opérations militaires … des PDIP ont choisi de rentrer [chez elles] », a dit Celine Schmitt, la porte-parole du HCR en RDC.
Ce camp hébergeait quelque 1 000 personnes, la plupart appartenant au groupe Binza et venant des villages proches du parc national des Virunga occupé par les FDLR.
Les attaques perpétrées en 2011 et 2012 contre le M23 ont entraîné de nouveaux déplacements vers Kiwanja. « Nous comptions alors 4 000 personnes [dans le camp]. Après le conflit contre le M23, les PDIP de Jomba, Kinyandoni et d'autres groupes sont rentrées [chez elles] », a dit Mme Schmitt.
Des faux résidents
Plusieurs heures après l'annonce de la fermeture du camp de Kiwanja, le site a été partiellement vidé. « La moitié du camp était inhabité, parce qu'il était peuplé de personnes originaires de Kiwanja qui avaient construit des abris dans le camp pour faire croire au Programme alimentaire mondial qu'elles étaient des PDIP », a dit le gouverneur Julien Paluku.
La version des évènements du HCR diffère. « Beaucoup de personnes ont quasiment tout perdu lors de la fermeture du camp. Leurs biens, y compris leurs toiles en plastique, leurs couvertures et leurs ustensiles de cuisine, ont souvent été volés », a dit Mme Schmitt.
« Certains des déplacés … étaient dans les champs ou étaient allés chercher du bois de chauffage quand le site a fermé ses portes. Ils comptaient sur l'hospitalité des populations locales et avaient sollicité l'aide des travailleurs humanitaires, en leur demandant notamment des bâches pour se protéger de la pluie, des couvertures et ustensiles de cuisine».
Mettre fin à la culture de la dépendance
Pour le gouverneur Julien Paluku, la fermeture du camp de Kiwanja qui nécessite notamment la fermeture des latrines – était un test. Malgré les critiques, il espère fermer les autres camps de la province bientôt.
« D'après moi, il est urgent de fermer les camps, sinon nous risquons de promouvoir une culture de mendiants satisfaits de recevoir des haricots alors même que la situation a complètement changé », a-t-il dit, en faisant référence à la défaite du M23.
Après cette décision, Julien Paluku avait rencontré le Coordinateur humanitaire des Nations Unies en RDC, Moustapha Soumare, ce qui montre que les autorités sont prêtes à travailler avec les organisations d'aide humanitaire internationales sur la fermeture prochaine des camps.
« Nous avons trouvé plusieurs armes … C'est un endroit où le crime s'était développé… Nous avons trouvé 10 armes en trois mois », a dit M. Paluku, en ajoutant que les travailleurs humanitaires n'avaient pas été consultés sur la fermeture.
Le camp de déplacés de Kiwanja, situé à environ 60 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a été établi en novembre 2008, après l'éclatement des combats entre le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP – un précurseur du M23) et l'armée, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le camp hébergeait 10 000 PDIP qui avaient fui les combats entre le CNDP et l'armée (FARDC).
« Vers la fin de l'année 2009, alors que la situation sécuritaire s'améliorait après les opérations militaires … des PDIP ont choisi de rentrer [chez elles] », a dit Celine Schmitt, la porte-parole du HCR en RDC.
Ce camp hébergeait quelque 1 000 personnes, la plupart appartenant au groupe Binza et venant des villages proches du parc national des Virunga occupé par les FDLR.
Les attaques perpétrées en 2011 et 2012 contre le M23 ont entraîné de nouveaux déplacements vers Kiwanja. « Nous comptions alors 4 000 personnes [dans le camp]. Après le conflit contre le M23, les PDIP de Jomba, Kinyandoni et d'autres groupes sont rentrées [chez elles] », a dit Mme Schmitt.
Des faux résidents
Plusieurs heures après l'annonce de la fermeture du camp de Kiwanja, le site a été partiellement vidé. « La moitié du camp était inhabité, parce qu'il était peuplé de personnes originaires de Kiwanja qui avaient construit des abris dans le camp pour faire croire au Programme alimentaire mondial qu'elles étaient des PDIP », a dit le gouverneur Julien Paluku.
La version des évènements du HCR diffère. « Beaucoup de personnes ont quasiment tout perdu lors de la fermeture du camp. Leurs biens, y compris leurs toiles en plastique, leurs couvertures et leurs ustensiles de cuisine, ont souvent été volés », a dit Mme Schmitt.
« Certains des déplacés … étaient dans les champs ou étaient allés chercher du bois de chauffage quand le site a fermé ses portes. Ils comptaient sur l'hospitalité des populations locales et avaient sollicité l'aide des travailleurs humanitaires, en leur demandant notamment des bâches pour se protéger de la pluie, des couvertures et ustensiles de cuisine».
Mettre fin à la culture de la dépendance
Pour le gouverneur Julien Paluku, la fermeture du camp de Kiwanja qui nécessite notamment la fermeture des latrines – était un test. Malgré les critiques, il espère fermer les autres camps de la province bientôt.
« D'après moi, il est urgent de fermer les camps, sinon nous risquons de promouvoir une culture de mendiants satisfaits de recevoir des haricots alors même que la situation a complètement changé », a-t-il dit, en faisant référence à la défaite du M23.
Après cette décision, Julien Paluku avait rencontré le Coordinateur humanitaire des Nations Unies en RDC, Moustapha Soumare, ce qui montre que les autorités sont prêtes à travailler avec les organisations d'aide humanitaire internationales sur la fermeture prochaine des camps.
Ils ont établi « un calendrier consensuel » avec les travailleurs humanitaires.
Julien Paluku pense que la fermeture des camps favorisera également le retour des investisseurs étrangers.
Julien Paluku pense que la fermeture des camps favorisera également le retour des investisseurs étrangers.
« Il n'y aura pas un taux de crime à zéro pour cent. Il y aura toujours de l'insécurité … Je ne veux pas que les gens aient l'image d'une province opposée à l'existence des camps. Ceux qui souhaitent réaliser des investissements peuvent le faire », a-t-il insisté.
De son côté, le HCR insiste sur le fait que les retours doivent être volontaires.
De son côté, le HCR insiste sur le fait que les retours doivent être volontaires.
Godé Kalonji
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