Plusieurs organisations de la société civile de la RDC se sont mobilisées à travers une déclaration faite hier mardi 17 mars 2015 pour condamner les arrestations des leaders pro démocratie Y en a marre du Sénégal, ballet citoyen du Burkina Faso ainsi que les activistes congolais de Filimbi, Lucha, Eloko Makasi.
En effet, dans cette déclaration, plus de 73 organisations de la société civile congolaises toutes tendances confondues exigent la libération sans condition des leaders pro démocratie détenus au secret à l'Anr.
Ces 73 organisations dont la Nouvelle Société civile du Congo(NSCC), Ligue des Electeurs(LE), Réseau des organisations des droits de l'homme d'inspiration Chrétienne(Rodhecic),Acaj… promettent de mener les activités de plaidoyer et de lobbying afin d'obtenir la libération de ces braves leaders des mouvements Y en a marre, Ballet Citoyen, Filimbi, Lucha, Eloko Makasi.
Elles ont lancé un appel à l'ensemble de la société civile congolaise et africaine à la mobilisation générale jusqu'à l'obtention de la libération de congolais, sénégalais et burkinabé arrêtés le dimanche dernier à Masina.
D'après certaines sources, il semble que le Consul du Sénégal à Kinshasa a pu entrain en contact avec ses ressortissants membres du mouvement Y en a marre dans leur lieu de détention. A en croire ses sources, Fadel Barro, Aliou Sane et Malal Talla sont détenus dans les meilleures conditions.
Les organisations signataires De cette déclaration sont extrêmement inquiètes des menaces sérieuses qui pèsent sur la liberté d'expression et d'opinion en République démocratique du Congo (RDC) à la veille des échéances électorales voulues par tous apaisées.
Pour elles, l'arrestation et la détention arbitraire dans un lieu secret des militants de la démocratie, des journalistes, des invités et artistes rappeurs congolais, sénégalais et burkinabé opérées le dimanche 15 mars 2015 dans la Commune de Masina sont une illustration récente. Jonas Tshombela Kabiena, coordonateur national de la NSCC se dit indigné de cette arrestation qui a eu lieu à l'issue d'un point de presse organisé par la plateforme congolaise « Filimbi, en swahili, autrement dit Coup de sifflet », le mouvement sénégalais dit « Y'en a marre» et par le « Ballet citoyen burkinabé», trois associations africaines travaillant dans le domaine de la démocratie et participation citoyenne à Kinshasa pour échange de leurs expériences.
Les congolais interpellés avec les sénégalais et Burkinabe n'ont à ce jour bénéficié d'aucune visite de leurs proches et avocats conseils, étant donné que le lieu de leur détention demeure tenu au secret, regrette Jonas Thombela.
Craignant pour leur sécurité les organisations signataires condamnent ce qu'ils qualifient des actes d'intolérance et d'intimidation qui menacent gravement la liberté d'expression et la liberté d'opinion, et ternissent l'image de la RDC en matière de respect des libertés publiques.
Tension à Goma hier
Une dizaine de militants congolais de l'organisation Lutte pour le changement (Lucha) ont été arrêtés hier mardi 17 mars courant à Goma, au Nord Kivu, pour avoir protesté devant les locaux de l'Agence nationale de renseignement (ANR) qui détient un des leurs à Kinshasa.
Deux ressortissants belges ont également été pris à partie par les forces de l'ordre.
Selon un militant de Lucha qui a requis l'anonymat, « Il y a douze militants de Lucha qui viennent d'être arrêtés à l'ANR de manière très brutale. Ils sont allés là-bas (...) demander la libération immédiate et sans condition de Fred Bauma et des autres militants pro-démocraties » arrêtés dimanche à Kinshasa, a déclaré à l'AFP le militant.
D'après une source à Goma, Lucha avait « informé la mairie » qu'elle tiendrait mardi matin une « manifestation tout à fait pacifique ».
Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord Kivu a confirmé à l'AFP l'« interpellation d'une dizaine » de militants.
Samedi dernier
Samedi, des militants du mouvement sénégalais Y'en a marre, burkinabé Balai citoyen et de Lucha avaient organisé à Kinshasa une rencontre destinée à sensibiliser la jeunesse sur les questions de gouvernance et de démocratie. Dimanche, les organisateurs ont tenu une conférence de presse mais les forces de l'ordre sont intervenues pour arrêter une trentaine de personnes.
Parmi les militants toujours détenus lundi figuraient des Congolais, dont Fred Bauma de Lucha, le Burkinabé Sidro Ouedraogo de Balai citoyen, ainsi que les Sénégalais Fadel Barro, meneur charismatique de Y'en a marre, Aliou Sané et le rappeur Fou malade.
Les arrestations ont été dénoncées par plusieurs associations congolaises, sénégalaises, burkinabés et non africaines, qui ont demandé la libération des personnes détenues.
Y'en a marre, un mouvement formé par des jeunes, dont des rappeurs, a été à la pointe du combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).
Y'en a marre, un mouvement formé par des jeunes, dont des rappeurs, a été à la pointe du combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).
Balai citoyen voulait pour sa part a empêché le président Blaise Compaoré, en poste depuis 27 ans, de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat. Fin octobre 2014, Blaise Compaoré a abandonné le pouvoir sous la pression de la rue.
En RDC, le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne peut pas briguer un nouveau mandat en 2016, mais l'opposition soupçonne son camp de chercher les moyens de le maintenir au-delà du terme de son quinquennat. Godé Kalonji
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