1 er Juin 2010- 1er Juin 2013, trois ans jour pour
jour que les deux militants des droits de l’homme, membres de la Voix des sans
Voix pour les droits de l’homme (VSV),Floribert Chebeya et Fidèle Bazana Edadi
ont été assassinés dans les installations de l’Inspection Générale de la Police
Nationale Congolaise (IG/PNC) dans la commune de Lingwala alors qu’ils étaient
partis répondre à une invitation de l’Inspecteur général de la Police de
l’époque, le Général John Numbi Banza Ntambo.
A l’occasion de troisième anniversaire de l’assassinat de
Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, la VSV, le RENADHOC et le collectif des
ONGDH ont organisé une manifestation à Kinshasa, pour commémorer cette date
dans la douleur.
Ainsi, la manifestation commémorative de troisième anniversaire
de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana a commencée par la
descente samedi dernier au cimentière de Mbenseke Nouvelle Cité, dans la
commune de Mont –Ngafula où repose pour l’éternité le corps de l’ancien
directeur exécutif de VSV, pour le dépôt des gerbes de fleurs. A Mbenseke
Nouvelle Cité, il y a eu la présence remarquée des quelques ambassadeurs
occidentaux, les délégués des organisations des droits de l’homme, le collectif
des avocats des parties civiles représenté par le Bâtonnier Jean Joseph
Mukendi, ainsi que les délégués des partis politiques comme UDPS,MRPC.
Dans son mot, Mme Adelaïde Chebeya Tshibalonza, sœur ainée du
feu Floribert Chebeya, a larmes aux yeux déplorée la manœuvre de la Justice
Congolaise dans cette affaire. Elle a présenté son regret par le fait de
constater que John Numbi est tenu à l’écart du procès y compris le général Jean
de Dieu Oleko qui, le meme jour de la découverte du corps sans vie de Floribert
Chebeya, cet officier de la Police avait voulu effacer les traces en déclarant
que le corps de Floribert ne présentait aucun trace de violence.
Dans son souhait, la sœur ainée de Floribert Chebeya a plaidé pour que toutes les personnes
impliquées de près ou de loin dans ce double crime soient jugées et condamnées.
Elle a exigée que toutes les personnes mises à l’écart soient jugées. Elle a
enfin exigée le dédommagement des familles Chebeya et Bazana car, il s’agit
selon elle d’un crime d’Etat.
De son coté, la famille Bazana a dans sa plaidoyer, réclamer le
corps du chauffeur de Floribert Chebeya afin qu’il soit enterré selon les
coutumes et us africains.
Les différentes personnalités de la société civile ont chacun
dans son intervention réclamé justice
pour l’éclatement de la vérité sur cette affaire à contour politique et
financier.
« On sait bien que la justice Congolaise ne fera rien, mais
nous allons jusqu’au bout pour épuiser toutes les voies internes en vue de
saisir les instances judicaires internationales », a lâché un avocat des
parties civiles.
Dans son speech, Fernandez Morulha, de Renadhoc a indiqué que
bientôt d’autres mécanismes comme le Comité Droits de l’homme des Nations Unies
sera saisi pour avoir la lumière sur ce dossier.
Après le cimetière de Mbenseke Nouvelle Cité, une conférence
–débat a été organisée à la paroisse Notre Dame de Fatima où d’éminents avocats
comme Me Richard Bondo Tshibombo et Kabengela Ilunga ont expliqué à
l’assistance ce qui a été fait et ce qui reste à faire dans le procès Chebeya.
Mais les deux avocats ont déploré le climat d’insécurité dont ils sont victime.
Pour Me Kabengela, le double assassinat de Chebeya et Bazana constitue un crime
d’Etat.
De son coté, Abdoul Aziz Thay, le directeur adjoint du Bureau
Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) a abordé un thème
interpellateur « Défenseur des droits de l’homme, un métier à haut risque,
mais noble ».
Dans son intervention magistrale, Abdoul Aziz Thay a indiqué que
dans des nombreux pays du monde, ceux qui militent pour les droits de l’homme
sont exposés et parfois sont victimes des intimidations, menaces. La
commémoration de troisième anniversaire du double assassinat de Chebeya et
Bazana dans une ambiance douloureuse comme celle-ci était une occasion où les
personnalités de la société civile de plaider pour l’éclatement de la vérité.
Ainsi, la balle se trouve dans le camps de la justice Congolaise.
par Gkm
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