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dimanche 2 juin 2013

Affaire Chebeya et Bazana : la justice congolaise mise à l’épreuve

1 er Juin 2010- 1er Juin 2013, trois ans jour pour jour que les deux militants des droits de l’homme, membres de la Voix des sans Voix pour les droits de l’homme (VSV),Floribert Chebeya et Fidèle Bazana Edadi ont été assassinés dans les installations de l’Inspection Générale de la Police Nationale Congolaise (IG/PNC) dans la commune de Lingwala alors qu’ils étaient partis répondre à une invitation de l’Inspecteur général de la Police de l’époque, le Général John Numbi Banza Ntambo.


A l’occasion de troisième anniversaire de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, la VSV, le RENADHOC et le collectif des ONGDH ont organisé une manifestation à Kinshasa, pour commémorer cette date dans la douleur.

Ainsi, la manifestation commémorative de troisième anniversaire de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana a commencée par la descente samedi dernier au cimentière de Mbenseke Nouvelle Cité, dans la commune de Mont –Ngafula où repose pour l’éternité le corps de l’ancien directeur exécutif de VSV, pour le dépôt des gerbes de fleurs. A Mbenseke Nouvelle Cité, il y a eu la présence remarquée des quelques ambassadeurs occidentaux, les délégués des organisations des droits de l’homme, le collectif des avocats des parties civiles représenté par le Bâtonnier Jean Joseph Mukendi, ainsi que les délégués des partis politiques comme UDPS,MRPC.
Dans son mot, Mme Adelaïde Chebeya Tshibalonza, sœur ainée du feu Floribert Chebeya, a larmes aux yeux déplorée la manœuvre de la Justice Congolaise dans cette affaire. Elle a présenté son regret par le fait de constater que John Numbi est tenu à l’écart du procès y compris le général Jean de Dieu Oleko qui, le meme jour de la découverte du corps sans vie de Floribert Chebeya, cet officier de la Police avait voulu effacer les traces en déclarant que le corps de Floribert ne présentait aucun trace de violence.

Dans son souhait, la sœur ainée de Floribert Chebeya  a plaidé pour que toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans ce double crime soient jugées et condamnées. Elle a exigée que toutes les personnes mises à l’écart soient jugées. Elle a enfin exigée le dédommagement des familles Chebeya et Bazana car, il s’agit selon elle d’un crime d’Etat.
De son coté, la famille Bazana a dans sa plaidoyer, réclamer le corps du chauffeur de Floribert Chebeya afin qu’il soit enterré selon les coutumes et us africains.
Les différentes personnalités de la société civile ont chacun dans son  intervention réclamé justice pour l’éclatement de la vérité sur cette affaire à contour politique et financier.
« On sait bien que la justice Congolaise ne fera rien, mais nous allons jusqu’au bout pour épuiser toutes les voies internes en vue de saisir les instances judicaires internationales », a lâché un avocat des parties civiles.

Dans son speech, Fernandez Morulha, de Renadhoc a indiqué que bientôt d’autres mécanismes comme le Comité Droits de l’homme des Nations Unies sera saisi pour avoir la lumière sur ce dossier.
Après le cimetière de Mbenseke Nouvelle Cité, une conférence –débat a été organisée à la paroisse Notre Dame de Fatima où d’éminents avocats comme Me Richard Bondo Tshibombo et Kabengela Ilunga ont expliqué à l’assistance ce qui a été fait et ce qui reste à faire dans le procès Chebeya. Mais les deux avocats ont déploré le climat d’insécurité dont ils sont victime. Pour Me Kabengela, le double assassinat de Chebeya et Bazana constitue un crime d’Etat.

De son coté, Abdoul Aziz Thay, le directeur adjoint du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) a abordé un thème interpellateur « Défenseur des droits de l’homme, un métier à haut risque, mais noble ».
Dans son intervention magistrale, Abdoul Aziz Thay a indiqué que dans des nombreux pays du monde, ceux qui militent pour les droits de l’homme sont exposés et parfois sont victimes des intimidations, menaces.  La commémoration de troisième anniversaire du double assassinat de Chebeya et Bazana dans une ambiance douloureuse comme celle-ci était une occasion où les personnalités de la société civile de plaider pour l’éclatement de la vérité.
Ainsi, la balle se trouve dans le camps de la justice Congolaise.

 par  Gkm

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