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jeudi 28 novembre 2013

Traque contre le Kuluna à Kinshasa : L’Onu dénonce les dérapages

Dans un communiqué conjoint, l’Unicef et la Monusco désapprouvent la brutalité de Kinshasa et parlent des actes d’exécutions sommaires et extrajudiciaires
Dans un communiqué conjoint publié hier mercredi 27 novembre 2013, la Monusco et l’Unicef dénoncent les exécutions sommaires et extrajudiciaires contre les jeunes hommes et enfants délinquants à Kinshasa, communément appelés Kuluna par les forces de défense et de sécurité.


En effet, ces deux agences des Nations Unies ont recu, au cours de ces derniers jours, des rapports préoccupants faisant état de la disparation et de l’assassinat de jeunes hommes et d’enfants dans certaines communes de Kinshasa.
A travers l’opération dénommée « Likofi » (coup de poing) lancée le 15 novembre courant jusqu’au 15 février 2014, par les autorités congolaises, pour juguler la délinquance urbaine, plusieurs brigands ont été portés disparus.

Selon les informations reçues par Unicef et la Monusco et en cours de vérification, au moins une vingtaine de personnes, dont 12 enfants auraient été tuées dans la capitale.
Ces deux agences onusiennes souhaitent  que des mesures immédiates soient prises par Kinshasa afin de mettre fin à ces pratiques qui ternies l’image de la RDC.
Les deux organisations rappellent que l’Etat doit en toutes circonstances faire respecter les droits humains, et assurer que les enfants bénéficient d’une protection particulière, selon la loi congolaise et les traités ainsi que les conventions internationales dont le pays a ratifié.
« Des enquêtes doivent être diligentées par les autorités judiciaires afin que les responsables de ces actes soient traduits en justice conformément au Code pénal congolais », martèlent l’Unicef et la Monusco dans un communiqué.

Par ailleurs, les Nations Unies réitèrent leur volonté de soutenir Kinshasa dans la recherche de solutions durables aux problèmes de la réinsertion sociale des enfants et des jeunes.
Renadhoc monte au créneau
Dans une déclaration faite hier, le Réseau National des ONGs des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo(RENADHOC), dénonce et condamne avec la plus grande fermeté ce qu’il considère comme étant des dérapages dans l’opération Likofi lancée il y a peu par la Police Nationale Congolaise pour traquer certains rebuts de la Société Congolaise, communément appelés phénomène Kuluna, l’un de principaux auteurs de la criminalité urbaine dans la
ville-province de Kinshasa.


En effet, ces bandes globalement constituées des jeunes marginaux et drogués ont depuis quelques années pris en tenaille quelques grandes villes de la Rdc et plus particulièrement la ville de Kinshasa où ils font régner leur loi.

Ce faisant, pour mettre fin à cette escalade de la violence et à l’insécurité créée par ces hors la loi, en date du vendredi 15 novembre 2013, le ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Richard Muyej  a lancé l’opération «LIKOFI » en vue d’éradiquer le phénomène dit Kuluna.

Dès lors, des policiers et autres agents de sécurité non autrement identifiés ont été mobilisés en vue de traquer, arrêter, torturer et parfois exécuter en public les jeunes gens désœuvrés/ délinquants dits « Kuluna ».
Plusieurs cas d’exécutions sommaires ont ainsi été portés à la connaissance du RENADHOC.

Depuis le déclenchement de cette opération dépourvue de tout fondement légal dans la quasi-totalité des communes de la ville de Kinshasa, plusieurs dizaines des jeunes Kuluna ont fait l’objet des tortures de toutes natures ainsi que des exécutions sommaires, arbitraires et extrajudiciaires.
Leurs corps ont été emportés pour des destinations inconnues, et ce, au grand mépris de toutes les lois du Pays ainsi que des engagements internationaux de la République Démocratique du Congo en matière des droits de l’Homme., regrette le Renadhoc.

Le Gouvernement est appelé à éradiquer la criminalité urbaine tributaire du phénomène «Kuluna» en utilisant les moyens et méthodes qui respectent les droits de l’homme. La vie des jeunes Kuluna étant aussi sacrée, ils doivent être arrêtés, traduits en justice et condamnés à des peines proportionnelles à leurs actes de gangstérisme répréhensibles par les lois du Pays.

Par ailleurs, le RENADHOC rappelle au gouvernement que cette mesure visant à assassiner impunément les « Kuluna » viole gravement, d’une part, l’article 16 de la Constitution de la République, qui énonce ce qui suit : « La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit d’autrui et des bonnes mœurs. (…) Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant ».

Recommandations

Le  Renadhoc invite le gouvernement de la RDC à mettre immédiatement fin aux exécutions sommaires, arbitraires et extrajudiciaires des Jeunes délinquants dits « Kuluna »et respecter scrupuleusement les Principes relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d'enquêter efficacement sur ces exécutions, conformément à la Résolution 1989/65 du 24 mai 1989 du Conseil Economique et Social des Nations Unies.

Comme la Monusco et l’Unicef, le Renadhoc invite Kinshasa à traduire devant les instances judiciaires tout élément de la Police Nationale Congolaise ou tout Agent des services de sécurité qui s’est permis de supprimer arbitrairement la vie de n’importe quel citoyen durant l’opération « Likofi », quel que soit le type de délit commis.
Il exige la mise en place d’une Commission Indépendante d’enquête sur les cas avérés d’exécutions sommaires des Jeunes délinquants dits « KULUNA », pour que les auteurs de ces crimes puissent répondre de leurs actes devant la justice.
Oui à la  poursuite d’éradication du phénomène Kuluna, mais cela doit se faire à travers des programmes cohérents de leurs réinsérions sociales mais aussi à travers la construction des prisons modernes et de haute sécurité sur l’ensemble du territoire national, a préconisé le Renadhoc.

Ainsi, le réseau exhorte Kinshasa à inviter le
Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le
Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que le Président-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire pour qu’ils puissent enquêter sur les allégations d’exécutions sommaires des Kuluna à Kinshasa.
Par Godé Kalonji

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