Le
Conseil de sécurité a décidé vendredi 28 mars 2014 de proroger jusqu'au 31 mars
2015 le mandat de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la
stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et, à titre exceptionnel, le mandat de sa
Brigade d'intervention.
Adoptée à l'unanimité,
cette résolution 2147 prévoit que
l'effectif maximum autorisé de la Mission sera de 19.815 militaires, 760
observateurs militaires et officiers d'état-major, 391 policiers et 1.050
membres d'unités de police constituées.
Le Conseil de sécurité a
également décidé que les reconfigurations futures de la MONUSCO et de son
mandat seront fonction de l'évolution de la situation sur le terrain.
Le renouvellement du
mandat de la Monusco a donné lieu à une passe d’armes entre le Rwanda et les
États-Unis. Plutôt que de parler du « génocide au Rwanda », Kigali a
voulu ajouter « génocide contre les Tutsis ». Les échanges entre
diplomates rwandais et américains ont été virulents, mais le Rwanda a
finalement eu gain de cause.
La résolution 2147
exhorte les Etats signataires de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la
coopération pour assurer la stabilité à long terme de l'est de la RDC et de la
région, à continuer à s'acquitter de bonne foi, intégralement et rapidement de
leurs engagements.
Le Conseil exige, en
outre, que les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda
(FDLR), de l'Alliance des forces démocratiques (ADF), et de l'Armée de
résistance du Seigneur (LRA), les Bakata-Katanga et les divers groupes Maï-Maï
mettent immédiatement fin à toutes les formes de violence et d'activités
déstabilisatrices et que leurs membres soient démobilisés immédiatement et de
façon permanente, déposent les armes et démobilisent les enfants qui se
trouvent dans leurs rangs.
La 2147 autorise à la Monusco à prendre toutes les
mesures nécessaires pour assurer notamment la protection des civils, la
neutralisation des groupes armés grâce à la Brigade d’intervention ainsi que la
surveillance de la mise en œuvre de l’embargo sur les armes.
Enfin, toujours en vertu
de la résolution 2147, le Conseil de sécurité demande à tous les acteurs de
redoubler d'efforts pour lutter contre l'impunité qui entoure les violences
sexuelles liées au conflit, de fournir tous les services nécessaires aux
rescapés et de faire en sorte que les femmes participent pleinement et sur un
pied d'égalité à l'application de l'Accord-cadre et à tous les stades du
règlement des conflits, de la reconstruction et de la promotion de la paix.
Au sujet des élections, le Conseil de sécurité de l’Onu a demandé au
gouvernement de la RDC d’adopter une feuille de route et le budget des ces
élections. Il autorise également la Monusco à fournir un soutien logistique
afin de faciliter un processus électoral transparent et crédible.
Après l’adoption de la résolution 2147, l’ambassadeur de la France à
l’Onu, Gérard Araud, cité par l’AFP, a déclaré que la création de la brigade
d’intervention de la Monusco a été « une avancée déterminante ». « Nous avons testé la Brigade
d’intervention et elle fonctionne, nous espérons qu’elle pourra servir de
modèle pour l’avenir si nécessaire », a-t-il ajouté.
La brigade a notamment appuyé l’armée congolaise pendant l’offensive
contre les rebelles du M23. Après avoir occupé plusieurs localités de la
province du Nord-Kivu pendant plus d’une année, ces rebelles ont été défaits en
novembre 2013.
Pour Gérard Araud, « la fin de la rébellion du M23 ne doit pas
faire oublier la nécessité de continuer la neutralisation des groupes
armés » actifs dans l’Est de la RDC comme les FDLR et les rebelles
ougandais de l’ADF-Nalu. « C’est une priorité importante du
Conseil », a-t-il indiqué.
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