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lundi 31 mars 2014

Pressions des organisations de la société civile locales: Omar El-Béchir quitte Kinshasa dans la précipitation

La visite  du Président du Soudan, Omar El Béchir  à Kinshasa, pour participer au sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Marché Commun de l’Afrique de l’Est et Australe (COMESA) contre qui un mandat d’arrêt de la CPI a été émis pour sa responsabilité présumée dans le génocide au Darfur,  a suscité des conversations  et des réactions  de partout.

 En tant qu’Etat partie au Statut de la Cour pénale internationale, la RDC avait une obligation de mettre en œuvre ce mandat d’arrêt, et de transférer El-Béchir à la CPI immédiatement.

Se sentant en insécurité avec les réactions des organisations de la société civile de la RDC appelant Kinshasa à procéder à l’arrestation pure et simple d’Omar El-Béchir et son transfèrement à la CPI, le chef de l’Etat soudanais a quitté Kinshasa hier dans la précipitation avant la clôture officielle du sommet de la Comesa.

« Je vous informe que le Président Omar El Bechir a quitté ce matin Kinshasa avant la clôture du sommet du Comesa. », a indiqué à notre rédaction un acteur de la société civile déclencheur de la campagne, pour l’arrestation de Béchir.

Des sources gouvernementales, nous avons appris que c'est à cause des pressions qui exigent son arrestation que ce fugitif de la justice a quitté précipitamment Kinshasa, a –t-il indiqué.  

Après avoir été notifié par le Bureau du Procureur de la CPI de la visite d’El-Béchir à Kinshasa, les juges de la Chambre préliminaire de la CPI avait   rendu  une décision appelant la RDC à arrêter le Président soudanais.

« La RDC doit démontrer qu’elle se positionne du côté des victimes de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de génocide, et arrêter El Béchir » a déclaré Dismas Kitenge, Président du Groupe Lotus et Vice-président de la FIDH.

« La RDC, qui a travaillé si étroitement avec la CPI par le passé, ne peut pas ignorer ses obligations découlant du Statut de Rome. Le Parquet de Kinshasa doit répondre positivement à la requête présentée aujourd’hui », a dit Paul Nsapu, Président de la Ligue des Electeurs et Secrétaire Général de la FIDH.

« Nos autorités ne peuvent priver les victimes de crimes graves du Darfour de cette possibilité de justice en ignorant ce mandat d’arrêt » a dit Jean Claude Katende, Président de l’ASADHO.

« Dix ans après le début du conflit au Darfur, cette arrestation et ce transfèrement de El-Béchir à la Haye permettraient de répondre au besoin de justice des victimes des violations systématiques des droits humains et des crimes internationaux commis dans cette partie du pays », a déclaré Osman Hummaida, Directeur de l’ACJPS.


En vertu du Statut de Rome de la CPI, tous les pays membres, notamment la RD Congo, ont une obligation de coopérer, pour l’arrestation de Béchir. Les appels à la non-coopération avec son arrestation lancés par le passé par l’Union africaine n’annulent pas cette obligation légale.

D’autres pays membres africains de la CPI ont évité les visites d’el-Béchir en annulant des voyages proposés, invitant d’autres autorités soudanaises à se rendre dans leurs pays ou bien déplaçant les sites de conférences.

Parmi ces pays figurent l’Afrique du Sud, le Malawi, la Zambie et le Kenya.

« Après avoir travaillé étroitement et depuis longtemps avec la CPI, la RD Congo devrait démontrer qu’elle se tient aux côtés des victimes du Darfour et arrêter el-Béchir », a déclaré Descartes Mpongo, secrétaire exécutif de l’ONG Action des chrétiens activistes des droits de l'homme de Shabunda, en République démocratique du Congo.

Les visites annoncées d’el-Béchir ont provoqué un tollé de la part des organisations de défense des droits humains dans toute l’Afrique. Récemment, en juillet 2013, el-Béchir a quitté précipitamment le Nigeria moins de 24 heures après être arrivé pour participer à une conférence de l’Union africaine qui se tenait dans ce pays, et sans même faire la présentation qui était programmée, face aux protestations publiques des groupes nigérians de défense des droits humains et d’une action en justice pour exiger l’arrestation d’el-Béchir.




Par Godé Kalonji





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