La RDC est un pays atypique du continent africain où
les congolais n’ont jamais assistés à une cérémonie de remise et reprise entre
le président sortant et l’entrant. Par contre, depuis son indépendance jusqu’à
ce jour, le pays tourne à la volonté des hommes au pouvoir qui, en plein processus,
changent le règle du jeu en procédant au changement des textes fondamentaux qui
régissent le pays.
Hier c’était la révision constitutionnelle en plein
processus électoral en supprimant les scrutins à deux tours.
Aujourd’hui, la majorité au pouvoir est entrain de
préparer un coup comme en 2011, pour obtenir la modification de la Constitution
en vue de permettre à leur jocker d’être candidat aux présidentielles de 2016.
D’après notre consœur de Jeuneafrique, dans sa ferme
de Kingakati, à 80 Kilomètres de Kinshasa, Joseph Kabila a soutenu l’option d'une
modification constitutionnelle pour changer le mode de scrutin de la prochaine
présidentielle, qui serait prévue en 2015 au lieu de 2016 contrairement aux
mensonges distillés par Aubin Minaku. Ce dernier se confiant à la presse à
Kingakati a dit qu’ils ne sont pas venus ici, pour comploter contre la
République, mais plutôt évoluer le programme de la révolution de la modernité
initié par Joseph Kabila. D’après Jeuneafrique, à Kingakati, les téléphones ,
caméscopes et autres enregistreurs étaient interdits dans la salle de réunion,
une façon de garder secret la teneur des propos tenus.
Selon Jeuneafrique, Joseph Kabila a prononcé devant
ses partisans un" discours de combat". Il s'est exprimé en faveur
d'une révision constitutionnelle et d'un bouleversement du calendrier politique,
pour que la prochaine présidentielle se tienne au suffrage indirect… en 2015,
au lieu de 2016 comme prévu par la loi fondamentale.
Une prise
position saluée par des applaudissements de quelques zélés de la majorité au
pouvoir.
"Nous sommes prêts à mourir pour toi,
Joseph", auraient-ils lancé à leur chef. Mais dans la salle, d'autres
cadres, plus réservés, sont restés dubitatifs.
Et Joseph
Kabila de marteler, toujours selon Jeuneafrique, qu'il n'avait peur de personne
et qu'il ne pouvait plus continuer à cogérer le pays avec la Monusco, la
mission onusienne en RDC.
Le
président dont son mandat termine en 2016 devrait comprendre qu’il y a une vie
meilleure après le palais en s’inspirant des anciens chefs de l’Etat comme Olusegun Obasanjo, du Nigeria, Alpha Omar Konare du Mali, Ket Masire
de Botwana, John Koufor du Ghana ,Mathieu Keroukou le Caméléon du Benin, Pierre
Buyoya du Burundi, Mway Kibaki du Kenya … qui, à la fin de leur mandat, ils ont
quitté le pouvoir en respectant la constitution.
Aujourd’hui,
certains parmi ces chefs de l’Etat sont sollicités à travers le continent
africain, pour résoudre les crises ou
être des médiateurs ou facilitateurs.
Des
observateurs avertis de la scène politique congolaise conseillent Joseph Kabila
à ne pas mettre en pratique son plan au risque de faire replonger le pays dans
la violence.
Avec sa
maitrise de dossiers dans la région des Grands lacs, Joseph Kabila a la chance
d’occuper d’autres fonctions, comme médiateur, pourquoi occuper le poste
d’émissaire des Nations Unies comme Mary Robinson, Olusegun
Obasanjo, Major Pierre Buyoya , aujourd’hui Haut Représentant de l’Union
Africaine au Mali. C’est pour dire qu’après le palais, Joseph Kabila entre dans
l’histoire et a la chance d’occuper d’autres fonctions à travers le monde comme
un ancien chef de l’Etat même à l’OIF.
St/Blaise
Compaoré et Mamadou Tandja : faux exemples
En Afrique, les dirigeants
veuillent toujours s’éterniser au pouvoir en contournant le verrou constitutionnel. C’est le cas
du président du Faso, Blaise Compaoré qui tient coute que coute se maintenir au pouvoir en délimitant
son mandat par la modification de l’article 37 de la Constitution.
Que dire de Mamadou Tandja alors président du Niger
qui a voulu modifier la constitution, pour prolonger son mandat de cinq à sept
ans ?
Mais le président Mamadou Tandja a été surpris par
le Général Salibo qui a fin à son plan.
Joseph Kabila qui, à son arrivée au pouvoir après la
mort de son père Laurent Désiré Kabila a mis le pays sur le rail par
l’organisation des élections en 2006 après plusieurs périodes de transition
devrait savoir qu’il peut encore revenir au pouvoir comme ce fut le cas avec
Amadou Toumani Touré au Mali. Donc, après avoir pris le pouvoir suite à un coup
d’Etat contre Moussa Traoré, ATT est revenu aux affaires par la grande porte.
Par
Godé Kalonji

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