«Le déploiement de la brigade
d’intervention de la Monusco est imminent », a déclaré mardi 16 avril à
Kinshasa le général Babacar Gaye, conseiller militaire du secrétaire général
des Nations unies à l’issue d’une mission dans la sous-région des Grands Lacs,
sans préciser de date. Cette force chargée de neutraliser les groupes armés
sera dotée des « moyens d’action et une capacité de mobilité conséquents»,
a-t-il souligné.
Le général
Gaye a confirmé que trois pays africains, la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le
Malawi, ont accepté de contribuer à cette force en lui fournissant des troupes.
« Cette
brigade aura son état-major déployé à Goma. Elle aura également ses bataillons
centrés autour de Goma dans la mesure où elle doit mener des actions de nature
coercitive. Les bataillons sont en général dans la proximité de Goma et à
partir de là ils seront mis en œuvre pour leurs différentes opérations », a
indiqué Babacar Gaye qui a dirigé pendant plusieurs années la force de la
Monusco.
« Ces
bataillons vont disposer des moyens d’appui dont l’artillerie et des
hélicoptères d’attaque qui sont déjà présents à Goma et qui seront renforcés
ultérieurement. Ils disposeront aussi des moyens de soutien : le soutien
médical et la mobilité aérienne dont dispose déjà la Monusco et qui sera
renforcée dans un très court terme », a-t-il ajouté.
La brigade
d’intervention de la Monusco dispose, elle, d’un mandat offensif. Elle pourra
engager seule ou avec les Forces armées de la RDC des opérations militaires
contres les groupes armés dans l’est de la RDC dont le M23.
St/Camouflet de Kigali
Le Rwanda,
qui exerce la présidence tournante du conseil de sécurité de l’ONU, ne pense
pas que l’action militaire soit la solution aux problèmes de l’Est de la RDC.
Lundi
dernier au cours d’un débat organisé à
New York sur les causes profondes des conflits en Afrique, la ministre
rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo a estimé qu’il fallait privilégier le volet politique pour résoudre les problèmes de
l’Est de la RDC.
Le Rwanda a été accusé dans un rapport d’experts de
l’ONU de soutenir les rebelles du M23 qui sévissent dans le Nord-Kivu depuis
mai 2012. Ce qu’il a toujours démenti.
St/Soutien sur
terrain
Le M23 qui
désapprouve la création de la brigade d’intervention a promis de « riposter »
en cas d’attaque.
Bertrand Bisimwa, le coordonateur politique de la faction
victorieuse du M23 dirigée par le général Sultani Makenga s’est adressé au
Parlement de Tanzanie, lui demandant d’annuler le projet d’envoi de troupes en
RDC dans le cadre de la brigade d’intervention.
Le leader du M23 a mené la
même démarche auprès du Parlement sud africain, tablant sur l’émotion provoquée
par la mort de 13 soldats sud africains en Centrafrique.
Le bon nombre de rebelles espèrent qu’au terme de la négociation
qui, à Kampala, devrait reprendre avec le gouvernement, ils seront réintégrés
au sein des forces gouvernementales mais les pressions internationales
bloqueront sans doute cette option.
Godé Kalonji
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