Le 3 mai de chaque année, la communauté internationale commémore la journée mondiale de la liberté de la presse, l’occasion de rappeler les principes fondamentaux de la liberté de la presse et de rendre hommage à tous les professionnels des médias qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier.
Pour cette année, cette journée est célébrée autour du thème« Parler sans crainte : assurer la liberté d’expression dans les médias ».
Si par le passé en RDC, le débat était focalisé sur la liberté de la presse; à ces jours, cette liberté est garantie par la constitution et autres instruments juridiques régionaux et internationaux ratifiés par la RDC dont la déclaration de Munich, la Déclaration universelle des droits de l'homme. Et l'article 19 de la DUDH stipule que "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit".
Les modalités de l'exercice de la liberté de la presse en RDC sont définies par la loi n° 96/002 du 22 juin 1996 dont les articles 8 et 13 consacrent le droit du public à l'information. Par la liberté d'opinion et d'expression, il faut entendre le droit d'informer, d'être informé, d'avoir ses opinions, ses sentiments et de les communiquer sans aucune entrave, quel que soit le support utilisé, sous réserve du respect de la loi, de l'ordre public, des droits d'autrui et des bonnes mœurs.
Pour Association Congolaise pour l’Accès à la Justice(Acaj), la liberté de la presse est l'un des piliers de la démocratie et indispensable à tout développement socio-économique durable. Elle doit être défendue par tout le monde.
Cependant, en RDC la liberté d'expression est toujours fragile et n'est jamais définitivement acquise; elle est menacée par des intérêts politiques, économiques, financiers, militaires, religieux, voire criminels. Les journalistes dont le travail porte atteinte à ces intérêts ne sont pas à l'abri des intimidations, des actes de violence, de l'exil, de la prison, et risquent purement et simplement d’être assassinés. C’est le cas de Franck Ngyke, Louis Bapuwa Mwamba, Didas Namujimbo, Serge Maheshe…
L’ACAJ rend hommage aux journalistes congolais pour leur travail qui, malgré les lois qui les protègent continuent à travailler dans un environnement risqué suite aux menaces et intimidations de la part des forces de défense et de sécurité.
L’Ongdh dénonce les attaques qui se poursuivent contre certains journalistes congolais pour les contraindre au silence. C’est le cas de Jean Paul Kayembe, journaliste indépendant dont la présentation de son film documentaire « Sankuru, un enfer ou paradis oublié » a été interdite arbitrairement par le Ministre Lambert Mende. Que dire de médias dont les signaux ont été coupés jusqu’à ce jour sans possibilité, pour leurs promoteurs d’en contester en justice! Il s’agit entre autres de la Radio télévision Lisanga (RLTV), de Canal Congo Futur(CFTV).
L’ACAJ condamne l’instrumentalisation de la justice pour réduire au silence la presse. C’est ainsi qu’elle plaide pour le journaliste Patrick Palata, secrétaire de rédaction de CCtv/ Matadi, condamné à 20 ans de prison par la justice militaire et détenu actuellement à la prison de Ndolo, malade et sans soins médicaux appropriés.
« Le Gouvernement congolais doit faire tout ce qui est en son pouvoir afin que les journalistes accomplissent leur travail sans entrave ni crainte, et partout à travers la RDC que les populations puissent tirer profit de la libre circulation des idées », a déclaré Me Georges Kapiamba, Président National de l’ACAJ.
« La Justice congolaise ne doit plus servir d’instrument de musellement de la liberté de presse; mais doit en assurer la promotion et la protection », a-t-il ajouté.
L’ACAJ demande au Gouvernement de faire adopter une loi dépénalisant les délits de presse dans le meilleur délai.
Enfin, elle a lancé un vibrant appel aux journalistes pour qu’ils observent au plus haut degré les règles de leur profession, refusent de prêter leurs talents aux marchands de haine, et respectent en toutes circonstances le principe d'impartialité.
L’Onu pour la sécurité de journalistes
Des responsables des Nations Unies ont lancé jeudi un appel à l'action pour garantir la sûreté des journalistes dans tous les pays, faisant écho au Secrétaire général Ban Ki-moon, qui a déclaré le jeudi que « lorsque il est possible de s'exprimer en toute sécurité, c'est le monde entier qui en bénéficie ».
« Chaque jour, la liberté d'expression fait face à de nouvelles menaces. Parce qu'ils contribuent à garantir la transparence et la responsabilité dans les affaires publiques, les journalistes sont souvent la cible de violences », ont rappelé M. Ban et la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, dans un message conjoint adressé à la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
« Les professionnels des médias sont aussi trop nombreux à être victimes d'intimidations, de menaces et de violences. Trop nombreux à être soumis à la détention arbitraire et à la torture, souvent sans recours légal. Nous devons nous montrer fermes face à cette forme d'insécurité et d'injustice. »
Le 3 mai a été proclamée Journée mondiale de la liberté de la presse par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1993. Le thème choisi cette année, « Parler sans crainte: assurer la liberté d'expression dans tous les médias », a pour ambition de susciter une action internationale en vue de protéger la sécurité de chaque journaliste, dans chaque pays, et de briser le cercle vicieux de l'impunité.
Selon l'UNESCO, plus de 600 journalistes ont été tués au cours des dix dernières années et, parmi eux, beaucoup n'exerçaient pas dans des zones de conflit. Il persiste un climat d'impunité – neuf assassinats de journalistes sur dix restent impunis.
M Ban et Mme Bokova ont souligné que la liberté de la presse « ne va pas de soi » ; son exercice requiert un environnement sûr, propice au dialogue, dans lequel chacun peut s'exprimer librement et ouvertement sans crainte de représailles.
Ils ont également noté que l'action engagée doit concerner les médias traditionnels autant que le monde numérique, « où l'information est de plus en plus produite et consommée ».
« Les blogueurs, les reporters citoyens et les producteurs de médias sociaux ainsi que leurs sources voient leur sécurité chaque jour plus menacée », relèvent-ils. « Outre les agressions physiques, ils sont la cible de violences psychologiques et émotionnelles qui prennent la forme de cyberattaques, d'atteintes à la protection des données, d'intimidations, d'une surveillance injustifiée et de violations de la vie privée. »
« Ces agressions non seulement entravent le droit à la liberté d'expression et menacent la sécurité des journalistes en ligne et celle de leurs sources, mais elles nuisent à la possibilité pour tous de profiter d'un Internet libre et ouvert. »
Les chefs de l'ONU et de l'UNESCO ont réitéré la ferme détermination de l'Organisation à mener une action coordonnée, à effectuer un travail de sensibilisation et à aider les pays à défendre les principes internationaux et à se doter d'une législation en faveur de la liberté d'expression et d'information, comme le prévoit le Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité.
« En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous appelons les gouvernements, les sociétés et les individus à tout mettre en œuvre pour protéger la sécurité de l'ensemble des journalistes, en ligne et hors ligne. Chacun de nous a une voix à faire entendre. Nous devrions tous pouvoir parler librement et en toute sécurité », ont ajouté M. Ban et Mme Bokova.
Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ), l'Afghanistan est l'un des dix pays les plus mal classés s'agissant de l'impunité pour les crimes commis contre des journalistes. L'Iraq, la Somalie et les Philippines arrivent en tête de liste.
Pour marquer la Journée, l'UNESCO a organisé pendant trois jours une série de manifestations à San José, au Costa Rica, en mettant l'accent sur la sécurisation de la liberté d'expression dans tous les médias. Au cours d'une cérémonie, le Prix de la liberté UNESCO/Guillermo Cano a été remis à la journaliste éthiopienne Reeyot Alemu, auteur d'articles sur la pauvreté et l'égalité entre les sexes, qui purge actuellement une peine de cinq ans de prison.
L'UNESCO a organisé également un festival de trois jours à Rabat, au Maroc, pour marquer le 20ème anniversaire de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
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