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vendredi 3 mai 2013

REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDi


L a tournée de Mme Rodinson et le M23, dont les agissements ne favorisent pas le retour de la paix à l’Est de la RDC, sont à la Une de bon nombre de journaux parus ce vendredi à Kinshasa. Il est question aussi des travaux du Parlement sur la « nouvelle CENI », des Assises sur le « coulage » et des atteintes à la liberté de la presse.
Est de la RDC
Plusieurs journaux évoquent la tournée de Mary Robinson dans la région des Grands Lacs.

L’Avenir titre «Opium de Kigali. Mushikiwabo ment, Kagame se cache», et explique : «Après Kinshasa, Mary Robinson s’est rendue à Kigali. Ce, avant Kampala, Bujumbura, Pretoria et Addis-Abeba. Dans la capitale rwandaise, c’est la toute-puissante Mme Mushikiwabo qui, jetant la poudre aux yeux de l’Envoyée spéciale de Ban ki-Moon, promet à Mary Robinson sa coopération pour appliquer l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Un mensonge cousu de fil blanc, certes. Paul Kagame a saboté cette visite. Sournois, il s’est contenté de s’entretenir avec son hôte par téléphone».

L’Observateur titre «Nord Kivu : Face à Mary Robinson, Julien Paluku propose quatre paliers pour éradiquer la crise».
«Elle est à sa première tournée dans la région, depuis sa nomination le 18 mars dernier, en qualité d’envoyée spéciale des Nations Unies dans la région des Grands lacs. Après Kinshasa, l’ancienne présidente irlandaise, est arrivée à Goma dans le cadre de l’accord cadre signé dans la capitale éthiopienne le 24 février dernier. Comparativement aux accords précédents, ce dernier, est qualifié « d’espoir » par Mary Robinson. ‘’ Il y avait des accords dans le passé qui n’avaient pas marché et réussi mais désormais les choses doivent changer’’, soutient – elle promettant de rester directe et franche vis-à-vis de tous ses interlocuteurs, son unique agenda étant la réussite de l’Accord cadre d’Addis-Abeba.  ’ Je serai diplomate quand il faudra mais aussi très franche envers les uns et les autres ‘’, a – t- elle martelé. Et de poursuivre, ‘’ tous les partenaires doivent travailler ensemble pour trouver une solution à la crise qui sévit en province du Nord-Kivu ‘’.
Le M23, tout comme le Rwanda, son principal parrain dans la région, n’ont jamais été sincères dans leurs engagements en faveur d’un retour rapide de la paix dans les Grands Lacs, affirme Le Potentiel dans son principal titre: « Le M23 crache sur les efforts de pacification de l’Est  …ils viennent une fois de plus de le prouver en voguant à contre-courant de la dynamique internationale qui a conduit à la signature le 24 février 2013 à Addis-Abeba de l’accord-cadre ».  
«Le mouvement rebelle (M23), qui trône depuis avril 2012 dans certains territoires de la province du Nord-Kivu, ne s’est pas gêné de la présence dans la région de l’envoyée spéciale des Nations unies dans les Grands Lacs, Mary Robinson, en posant des actes qui fâchent. Des sources concordantes, du reste confirmées par celles de la MONUSCO, rapportent que le M23 a procédé le 1er mai, jour de la fête du travail, à la nomination de nouveaux administrateurs dans les territoires de Nyirangongo et de Rutshuru» Crachant sur les efforts de pacification des Nations unies, le M23 affirme ainsi sa volonté de régner dans les territoires du Nord-Kivu passés sous son contrôle depuis plus d’une année. Tout compte fait, les faits et gestes du M23, comme la toute dernière nomination des administrateurs dans le Nyirangongo et le Rutshuru, portent bel et bien la marque du Rwanda, constate Le Potentiel. Et d’ajouter, « une fois de plus, Kigali vient d’étaler au grand jour sa mauvaise foi. A l’évidence, Kigali n’a jamais été favorable à l’aboutissement d’un processus de paix dans la région des Grands Lacs ». Car, souligne ce journal, « la stabilité du régime en place à Kigali tient, en grande partie, à l’instabilité permanente, entretenue dans l’Est de la RDC. Le retour de la paix dans l’Est de la RDC est pour le Rwanda un facteur d’insécurité ».     

Le Phare note que face à l’imminence du déploiement des troupes de la Brigade spéciale d’intervention en provenance de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et du Malawi, le M23 se débat comme un diable dans un bénitier. « Le M23 refuse de mourir » et il ne se passe plus un jour sans que les responsables tant militaires que politiques de ce mouvement ne se répandent dans les médias périphériques par des déclarations tapageuses. Lesquelles ne sont en définitive que des vaines menaces ou des fuites en avant pour dissimuler la peur panique qui les a envahis depuis l’arrivée à Goma du général de Brigade, le Tanzanien James Mwakilobwa.   
Le Phare fait remarquer que des défections régulières des éléments de ce mouvement traduit le ras-le-bol dans ses rangs et ce mouvement trimballe depuis le sommet d’Addis-Abeba, la réputation négative au même titre que les autres groupes armées irrégulières telles les FDLR.    

CENI
Forum des As annonce que  « La grande bataille commence à l’Assemblée nationale » pour la désignation des membres de la Commission électorale nationale indépendante.
Le président de la chambre basse du Parlement a déclaré le jeudi qu’il recevra les présidents de groupes parlementaires pour présenter leurs propositions sur la procédure de désignation des membres devant composer la nouvelle Ceni. Il y six jours, le chef de l’Etat avait promulgué la loi modifiant cette commission qui doit compter treize membres dont six de la majorité, quatre de l’opposition et trois de la société civile.  Pour ce journal, les idées des présidents de groupes parlementaires vont baliser la voie à la mise en place du bureau et de la plénière, deux organes reconnus par la loi portant organisation et fonctionnement de la nouvelle Ceni.   
Avec le début des concertations au niveau des propositions sur la procédure à suivre pour la désignation des membres de la Ceni, commente ce quotidien, il y a lieu de comprendre que la bataille ne fait que commencer au sein de la classe politique.
Si au niveau de la Majorité les choses peuvent aller vite, il ne sera pas facile à l’Opposition comme à la Société civile. Cela pour la simple raison que l’Opposition est plurielle et la Société civile est une véritable nébuleuse, explique Forum des As.
En ce qui concerne particulièrement l’opposition, avance le journal, il y a fort à craindre une bataille rangée. Si déjà on ne peut pas prophétiser le malheur à ce stade, poursuit le confrère, l’histoire encore récente donne raison aux pessimistes. Le premier fait est l’incapacité, pour l’Opposition, de se désigner un candidat porte-parole.
(Dans « l’histoire encore récente », il y a notamment la fameuse promesse d’un « dialogue national ». A supposer q’il se tienne un jour, de quoi parlera-t-il ? Il a été promis un an après des élections truquées, mais il est clair qu’il ne parlera pas de ces élections. Il était visible que la principale source de fraude était la politisation de la CENI, mais on n’a pas voulu y mettre fin. Quel sujet restera-t-il ?    
Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. C’est alors que les commentaires négatifs tombaient de partout au sujet de ces résultats électoraux très discutés, que JKK a brusquement décidé un retournement des alliances. De fin 2008 à fin 2011, la thèse officielle était que le Rwanda était un allié, que tous les ennuis venaient du FDLR et que Ntaganda était indispensable à la paix. Subitement, le Rwanda devenait un ennemi et il fallait arrêter Bosco Ntaganda. Cela prenait dans le sens du poil l’opinion congolaise et la communauté internationale. Mais il ne pouvait échapper à personne que cela allait rallumer la guerre, d’autant plus qu’au lieu d’arrêter Ntaganda par surprise, on annonça à grand bruit l’intention de le faire. Le bandit n’a bien sûr pas attendu les gendarmes ! Comment ne pas en retirer l’impression que le pétard qui a éclaté à Goma a été allumé volontairement et en connaissance de cause par le pouvoir, en vue, précisément, de créer la psychose d’urgence nationale dont il s’est efforcé, ensuite de profiter. Il lui devenait facile de prétendre que « l’opposition tient le même langage que le M23 ». Goma et Kampala ont été deux aspects d’une opération visant à gagner du temps. La « crise de l’Est » s’est prolongée plus que prévu, du fait d’une très large internationalisation  - CIRGL, SADC, ONU – qui n’avait sans doute pas été intégralement prévue au départ. Gagner du temps peut être chose salutaire, d’autant plus que la « rébellion », étroitement dépendante du Rwanda et de l’Ouganda, s’est montrée incapable, malgré une résistance tout au plus « symbolique » des FARDC, de décoller de la frontière Est. Mais ce temps a été mis uniquement à profit pour attendre que des troupes étrangères viennent rendre la défense du Congo, pas pour mobiliser et dynamiser des forces congolaises. Pour les besoins intérieurs, les négociations de Kampala, jamais réellement commencées et conçues pour ne mener nulle part, suffisaient.
Elles ont permis d’éroder et de diviser l’opposition au hold-up électoral auour d’une promesse de « dialogue » et expliquent sans doute la longévté du gouvernement Matata. Du point de vue du pouvoir, une chute ou un remaniement profond du gouvernement ne doivent pas avoir lieu avant que l’on en ait fini avec la « concertation nationale ». L’idéal serait bien sûr qu’elle connaisse le même sort que Kampala : l’évanouissement progressif dans le néant des projets inaccomplis. A tout le moins, il faut qu’elle se tienne de manière suffisamment contrôlée, pour ne mener à aucun changement autre que cosmétique, ce qui pourrait consister, par exemple, en un remaniement ministériel. Le véritable partage de l’entrecôte aura donc lieu plus tard que prévu, au cours de l’opération « silence dans les rangs » fallacieusement présentée comme « concertation nationale ».         
Il  n’est pas inintéressant d’observer l’évolution du vocabulaire en la matière. Au Nouvel An, JKK avait évoqueé dans son message un « dialogue national ». Celui-ci est ensuite devenu une « concertation » au singulier. L’on parle aujourd’hui de « concertations » au pluriel. Cela fait penser à une évolution d’une idée de « mise à plat de tous les problèmes » à une forme de « dialogue » où il y aurait un interlocuteur nettement « dominant », ayant devant lui des interlocuteurs dispersés.    
Les attaques de « séparatistes katangais », les« conspirations à la gomme » style Mukandi ou Yangambi, comme les « alertes aux milices » pourraient très bien être liés au « dialogue national », en ce sens que le pouvoir ne dispose plus de la menace de l’Est pour créer un réflexe d’union nationale. Il lui faut une autre menace pour justifier sa fermeture à un vrai dialogue.     
Ce qui serait sans aucun doute le problème crucial du « dialogue », c’est le manque de légitimité d’un pouvoir issu d’élections sans nulle crédibilité. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.         
Le pouvoir en place a déjà donné des signes évidents de sa volonté d’abuser de sa prépondérance. Il est manifeste que des expressions sonores comme « cohésion nationale » ou « respect de l’ordre constitutionnel » signifient en réalité « reconnaissance du pouvoir établi » et « acceptation des ‘résultats électoraux’ de 2011 ».          
Il y a en RDC une crise liée, non aux institutions, mais à ceux qui en occupent les postes à responsabilité. Et cela, tout simplement, parce que la Constitution repose sur l’idée que lesdits postes auront des titulaires désignés par des élections honnêtes, et qu’elles ne l’ont pas été. Mais précisément, dans le vocabulaire de la Majorité, « pas de crise institutionnelle » veut dire « pas de remise en question de la mascarade électorale ».         
Un « dialogue » qui ne se baserait pas sur l’acceptation de la réalité, à savoir que les élections de 2011 ont été NULLES, qu’il n’y aura JAMAIS de résultats électoraux acceptable sans recensement national et sans une CENI dépolitisée ne sera jamais qu’un achat à grand spectacle, par la distribution de postes lucratifs, de complices supplémentaires pour ce coup d’état dont le principal ressort consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli          
Les distorsions du langage ne sont cependant pas le privilège du camp gouvernemental. Si celui-ci parle de « l’ordre institutionnel » ou « constitutionnel » pour défendre ses postes usurpés, pour une partie de l’Opposition « vérité des urnes » se prononce « Tshisekedi président » alors que RIEN ne peut sortir d’une  élection NULLE. Proclamer la victoire d’un candidat, quel qu’il soit, c’est tenter le même coup de force que l’on reproche à JKK, à ceci près que, ne disposant pas comme lui de la force, on ne tombe pas dans le crime, mais dans le ridicule.         
Une autre partie de l’opposition acceptera sans doute un « replâtrage » par application de la « Loi de l’Entrecôte ».  L’obstination des uns et la vénalité des autres empêcheront une remise en question fondamentale des « élections à corps électoral inconnu » et permettront une soi-disant « concertation » qui n’aboutira qu’à un statu quo, c'est-à-dire au maintien de la même situation  pour les élections de 2016. NdlR)
Coulage
Le Potentiel s’intéresse aux finances publiques et révèle que le décalage entre les recettes attendues et celles réellement encaissées est criant. Il titre « Des trous dans le compte du Trésor : la République perd plus de la moitié de ses recettes »
« Aucune cohérence entre les assignations en recouvrement et les encaissements effectifs en faveur du Trésor public. Les canaux qui acheminent les recettes dues à l’Etat sont poreux à tous les niveaux. Le potentiel fiscal que le Premier ministre estime à 20 000 milliards de francs congolais fait l’objet de fraude, de corruption, d’exonérations fantaisistes… Le gouvernement veut y mettre un terme, en impliquant tous les intervenants. Les assises nationales sur le coulage des recettes vont tenter de faire récupérer à l’Etat plus de la moitié de ses recettes accaparées par des individus. »Le décalage entre les recettes attendues et celles réellement encaissées est criant. Ce constat pousse à un recadrage  à tous les niveaux. Déclenché hier jeudi 2 mai  par le Premier ministre, ce processus est appelé à aider le gouvernement à atteindre l’objectif de 48 milliards USD pour réussir son programme d’action. Dans cet effort, l’implication de tout un chacun s’avère indispensable. En introduction, le vice-Premier ministre Mukoko Samba en charge du Budget considère qu’il s’agit d’une opportunité de « réfléchir ensemble sur les voies et les moyens de booster les recettes publiques afin d’élargir les possibilités de financement du développement national, est une question qui intéresse tous les acteurs qui œuvrent, chacun dans leurs domaines respectifs, pour le progrès de notre pays ».   
Relayant son plus proche collaborateur en charge du Budget, le Premier ministre considère que « le coulage est un mal qui ronge la société congolaise et qui appelle la vigilance de tous les citoyens, à quelque niveau que ce soit ». 
Le gouvernement s’est fixé des objectifs ambitieux, lors de ces assises nationales réunissant les institutions de la République, les régies financières tant nationales que des onze provinces. Les travaux devront donc déboucher sur « un diagnostic précis, sans complaisance, sans tabou sur nos handicaps en matière de recettes publiques ». Les propositions qui en sortiront en termes de solutions concrètes seront mises en application. « Il ne s’agira pas de faire un rapport de plus », a dit Daniel Mukoko Samba. Des ambitions pour un Etat ne riment pas avec des faiblesses dans la mobilisation et l’encadrement des recettes. Le vice-Premier ministre Mukoko martèle avec à propos : «Dans l’histoire des peuples, et de tout temps, faibles recettes publiques et fuite de revenus de l’Etat  ont été l’équivalent de la « limitation des perspectives de réalisation des programmes et projets publics ». 
Comment boucher les trous ?        
Loin d’être une initiative isolée, les assises nationales sur le coulage des recettes s’inscrivent dans un cadre bien défini, souligne Augustin Matata Ponyo, Premier ministre. D’autres rencontres du genre l’ont précédé : « l’Atelier sur la mobilisation des recettes non fiscales en juin dernier ; la conférence sur la bonne gouvernance et la transparence dans le secteur minier, à Lubumbashi au début de l’année en cours. Cette démarche ne vise pas simplement à poser des diagnostics pour aboutir à des vœux pieux. L’objectif est plutôt de mettre en place des stratégies sanctionnées par des propositions concrètes et un chronogramme précis de mise en œuvre ». Le caractère poreux des canaux par où passent les recettes de l’Etat ne fait l’ombre d’aucun doute. La réalité est perceptible, même pour des néophytes en matière de recettes de l’Etat. Dans le circuit, il existe des trous que le gouvernement Matata serait déterminé à boucher. Les défis qui attendent la République sont immenses. Il faut les relever. Au-delà de la sécurisation du territoire national qui nécessite des moyens colossaux, d’autres impératifs demeurent. Le vice-Premier ministre Mukoko les aligne : « Après avoir gagné certains paris, notamment sur le plan macroéconomique et du secteur financier, nous sommes maintenant en face de véritables défis que nous sommes appelés à relever. Le chômage demeure à un niveau élevé. La pauvreté et la précarité continuent d’alourdir le taux de mortalité. Les besoins en infrastructures de base et en biens publics sont considérables face à une offre très limitée. Le chemin vers les Objectifs du millénaire pour le développement est encore long».
Daniel Mukoko enchaîne : « Aujourd’hui, le constat est facile à dresser, n’ayons pas honte de le dire, le niveau des recettes que nous avons dans notre pays est très faible par rapport à notre potentiel. Et les maux qui plombent la collecte de ces recettes sont bien connus : corruption, fraude, concussion, interventionnisme, mauvaise organisation… Ces maux sont tellement décriés tous les jours qu’ils en sont arrivés à perdre leur caractère choquant dans notre société, ils deviennent normaux.  On est en RDC, dit-on ! La corruption et la fraude détruisent le civisme et la confiance du citoyen dans l’Etat et dans ceux qui le servent. Il nous faut mettre un terme à ces pratiques. L’argent public qui est détourné par la fraude, c’est l’argent qui est pris à ceux qui en ont le plus besoin, c’est l’argent qui n’ira pas à l’éducation, à la santé, à la lutte contre la pauvreté,… ».
Et pourtant, ainsi que le note le Premier ministre Matata : « Au regard du niveau actuel de nos performances, une réflexion s’impose sur les voies et moyens d’accroître considérablement nos recettes publiques, à travers des mécanismes de mobilisation beaucoup plus efficients ». Le gouvernement compte donc arriver à « moins de corruption, moins de fraude ». La conséquence pour le VPM Mukoko est la valorisation  « ce sera plus d’esprit civique, davantage de confiance dans le chef de nos citoyens et davantage de respect pour tous les fonctionnaires ». L’analyse de la structure des recettes de l’Etat révèle plusieurs autres distorsions, note le Daniel Mukoko Samba.
Ces distorsions vont jusqu’à l’existence de fractions entières de l’économie qui échappent à toute fiscalisation. Le vice-Premier ministre l’avoue : « Nous ne saurons pas non plus mettre sous silence la sous fiscalisation, voire l’absence d’une fiscalisation de certaines fractions de l’économie nationale, notamment le secteur minier, pétrolier et informel, qui sont à l’origine d’un coulage non négligeable des recettes ».         
Matata Ponyo va dans le même sens lorsqu’il affirme : « La nécessité d’élargissement de l’assiette fiscale, à travers la fiscalisation des activités du secteur informel et la rationalisation des exonérations, entre autres dans le secteur minier ».    
Le gouvernement appelle à « la maîtrise du répertoire des contribuables et assujettis ainsi que des données qui servent de base au calcul des droits dus au Trésor public ». Le Premier ministre invite à « veiller à la cohérence entre les sommes mises en recouvrement et les encaissements effectifs au compte du Trésor public.A cet égard, il y a lieu de repenser le système de contrôle et d’audit tant interne qu’externe en vue de le hisser au niveau des standards internationaux ».    
« Le but de ces assises n’est pas de trop fiscaliser l’économie nationale, mais de proposer des stratégies de récupération de recettes qui auraient dû entrer dans les caisses du Trésor et qui ne le sont pas encore », rassure l’une des chevilles ouvrières du gouvernement Matata. « Je suis venu vous inviter à l’audace. Car c’est de l’audace que nous avons besoin pour faire les réformes dont plusieurs rapports montrent depuis longtemps la nécessité. J’invite nos administrations à l’audace et elles auront les moyens que cette audace appelle. Ayez de l’audace chers fonctionnaires, et vous deviendrez l’aiguillon d’une révolution administrative sans précédent ».       
En conclusion, Matata Ponyo tape du poing sur la table en annonçant « l’application sans faille des sanctions légales et réglementaires à l’égard tant des opérateurs économiques véreux que des agents et cadres fautifs de l’Administration ».
Liberté de la presse
Les journaux parus ce matin titrent également sur la journée de la liberté de la presse organisée comme chaque année ce 3 mai.
La Prospérité s’intéresse au message de Journalistes en danger, une ONG de défense de la liberté de la presse qui appelle les médias et les journalistes congolais à briser les chaines de la censure et de l’autocensure.Ce journal note que les relevés effectués chaque année par le monitoring de JED indiquent la dégradation constante du climat de travail des journalistes, et la mise sous coupe réglée de la presse et des médias congolais par des pouvoirs politiques et financiers.        
Depuis le début de l’année 2013, JED a enregistré au total 52 violations diverses des droits d’informer et d’être informé en RDC, soit une moyenne de 3 cas d’atteinte à la liberté de la presse chaque semaine.

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