Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon entame
depuis ce mercredi 22 mai à Kinshasa, une tournée dans la région des Grands
lacs. Mais cette visite coïncide avec la reprise des combats entre les rebelles
du Mouvement du 23-Mars (M23) et l’armée congolaise, dans la partie est de la
RDC, plus précisément à Mutaho, une localité située dans le territoire de
Nyiragongo, dans le groupement de Kibati, au Nord-Kivu.
Ces
bruits de bottes ont été de nouveau entendus hier matin.
En
effet, depuis trois jours, les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23)
s’affrontent aux FARDC à Mutaho, à quelque 15 km de la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu
au même moment que Ban Ki-moon arrive à Kinshasa.
Accompagné par le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, par Mary
Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies dans les Grands Lacs, et par Hervé
Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l’ONU, dans sa tournée
Ban devrait, en principe se rendre
également en Ouganda au Rwanda, et en Éthiopie
.
.
Des informations ont circulé dans la capitale faisant état de l’annulation
de cette visite à Goma, où Ban Ki-moon devrait rencontrer des responsables
locaux et visiter un hôpital où sont soignées les femmes victimes de violences
sexuelles.
La reprise des hostilités au Nord-Kivu entre les FARDC et les combattants
du M23 serait à la base de l’annulation de la visite de Ban à Goma.
La brigade d'intervention de l'ONU, ayant pour mission de combattre et désarmer
les groupes armés de l'Est de la RDC
dont le M23 en tête, se déploie à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
« Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement
pour qu'ils soient pleinement à pied d'œuvre le plus tôt possible », a déclaré,
le 21 mai, Ban Ki-moon depuis le Mozambique.
Depuis le début de la reprise des combats, le bilan provisoire donné par
Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, fait état de « 15
éléments tués et 21 blessés lors des combats (...) parmi les pseudo-mutins du
M23 tandis que les forces gouvernementales ont enregistré 4 morts et 6 blessés
». Un bilan qualifié de « mensonger » par Réné Abandi, le chargé des affaires
extérieures du mouvement rebelle.
Kinshasa accuse par ailleurs Kigali, sans le nommer, de continuer à soutenir
la rébellion du M23 en dépit de l’accord-cadre de l’ONU, signé fin
février à Addis-Abeba, par lequel 11 pays africains, dont le Rwanda et
l'Ouganda, s'engageaient à ne soutenir aucun groupe armé dans l'Est congolais. Selon
Lambert Mende, au cours de ces nouveaux combats, le M23 est soutenu par des «
supplétifs étrangers venus d'un pays voisin », et que « des armes lourdes et
plusieurs caisses de munitions en provenance de l'extérieur ont été récupérées
dans deux positions avancées de l'ennemi passées sous contrôle des forces
régulières ». Des accusations démenties par le mouvement rebelle.
Les combats s’intensifient sur terrain
Les combats ont repris mercredi matin entre les rebelles du M23 et les
FARDC près de Goma, ville stratégique de l'Est de la République démocratique du
Congo, le jour même de l'arrivée dans le pays du secrétaire général des Nations
unies Ban Ki-moon, ont annoncé les belligérants à l'AFP. « Les FARDC (Forces
armées de la RDC) nous ont attaqué depuis 6h (4h GMT) du matin (...) dans la
zone de Mutaho, avec des mortiers, des chars, des BM (lance-roquette) », a
affirmé mercredi le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire
du M23.
Mais selon le lieutenant-colonel Hamuli, porte-parole de l'armée au
Nord-Kivu, le M23 a commencé « car ils veulent à tout prix prendre Mutaho, mais
ça ne peut pas se faire ! (...) On est en train de riposter pour défendre nos
positions et jusqu'à présent on a rien perdu. (…) Au lieu de combattre, ils
sont en train de lancer des bombes délibérément sur la population. Ils
utilisent des armes de longue portée qui ont atteint Muguet et Ndosho », a-t-il
ajouté.
Une source de l'ONU a
confirmé à l'AFP que des tirs ciblent Muguet, localité à l'Ouest de Goma qui
abrite des camps de déplacés. « Depuis hier (mardi), il y a eu des tirs à
l'arme lourde, apparemment même des obus, qui ont été lancés dans le quartier
de Muguet mais les tirs n'ont pas atteint les camps », a-t-elle précisée,
ajoutant que des réfugiés commençaient à converger vers Goma « de façon
préventive ».

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