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mercredi 22 mai 2013

Ban ki-Moon à Kinshasa



Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon entame depuis ce mercredi 22 mai à Kinshasa, une tournée dans la région des Grands lacs. Mais cette visite coïncide avec la reprise des combats entre les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) et l’armée congolaise, dans la partie est de la RDC, plus précisément à Mutaho, une localité située dans le territoire de Nyiragongo, dans le groupement de Kibati, au Nord-Kivu.
Ces bruits de bottes ont été de nouveau entendus hier matin.
En effet, depuis trois jours, les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) s’affrontent aux FARDC à Mutaho, à quelque 15 km de la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu au même moment que Ban Ki-moon arrive à Kinshasa.

A Kinshasa, le secrétaire général de l'ONU a été accueilli à l'aéroport de Kinshasa par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda. D’après le programme, il a rencontré dans la soirée, le chef de l'État Joseph Kabila, puis, le premier ministre Augustin Matata et plusieurs ministres, les deux présidents des deux chambres du Parlement et  les représentants de la société civile.
Accompagné par le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, par Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies dans les Grands Lacs, et par Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l’ONU, dans sa tournée Ban   devrait, en principe se rendre également en Ouganda au Rwanda, et en Éthiopie
.
Des informations ont circulé dans la capitale faisant état de l’annulation de cette visite à Goma, où Ban Ki-moon devrait rencontrer des responsables locaux et visiter un hôpital où sont soignées les femmes victimes de violences sexuelles.

La reprise des hostilités au Nord-Kivu entre les FARDC et les combattants du M23 serait  à la base de l’annulation de la visite de Ban à Goma.
La brigade d'intervention de l'ONU, ayant pour mission de combattre et désarmer les groupes armés de l'Est  de la RDC dont le M23 en tête, se déploie à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
« Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement pour qu'ils soient pleinement à pied d'œuvre le plus tôt possible », a déclaré, le 21 mai, Ban Ki-moon depuis le Mozambique.
Depuis le début de la reprise des combats, le bilan provisoire donné par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, fait état de « 15 éléments tués et 21 blessés lors des combats (...) parmi les pseudo-mutins du M23 tandis que les forces gouvernementales ont enregistré 4 morts et 6 blessés ». Un bilan qualifié de « mensonger » par Réné Abandi, le chargé des affaires extérieures du mouvement rebelle.
Kinshasa accuse par ailleurs Kigali, sans le nommer, de continuer à soutenir la rébellion du M23 en dépit de l’accord-cadre de l’ONU, signé fin février à Addis-Abeba, par lequel 11 pays africains, dont le Rwanda et l'Ouganda, s'engageaient à ne soutenir aucun groupe armé dans l'Est congolais. Selon Lambert Mende, au cours de ces nouveaux combats, le M23 est soutenu par des « supplétifs étrangers venus d'un pays voisin », et que « des armes lourdes et plusieurs caisses de munitions en provenance de l'extérieur ont été récupérées dans deux positions avancées de l'ennemi passées sous contrôle des forces régulières ». Des accusations démenties par le mouvement rebelle.


Les combats s’intensifient sur terrain


Les combats ont repris mercredi matin entre les rebelles du M23 et les FARDC près de Goma, ville stratégique de l'Est de la République démocratique du Congo, le jour même de l'arrivée dans le pays du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, ont annoncé les belligérants à l'AFP. « Les FARDC (Forces armées de la RDC) nous ont attaqué depuis 6h (4h GMT) du matin (...) dans la zone de Mutaho, avec des mortiers, des chars, des BM (lance-roquette) », a affirmé mercredi le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

Mais selon le lieutenant-colonel Hamuli, porte-parole de l'armée au Nord-Kivu, le M23 a commencé « car ils veulent à tout prix prendre Mutaho, mais ça ne peut pas se faire ! (...) On est en train de riposter pour défendre nos positions et jusqu'à présent on a rien perdu. (…) Au lieu de combattre, ils sont en train de lancer des bombes délibérément sur la population. Ils utilisent des armes de longue portée qui ont atteint Muguet et Ndosho », a-t-il ajouté.

Une source de l'ONU a confirmé à l'AFP que des tirs ciblent Muguet, localité à l'Ouest de Goma qui abrite des camps de déplacés. « Depuis hier (mardi), il y a eu des tirs à l'arme lourde, apparemment même des obus, qui ont été lancés dans le quartier de Muguet mais les tirs n'ont pas atteint les camps », a-t-elle précisée, ajoutant que des réfugiés commençaient à converger vers Goma « de façon préventive ».



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