Au
terme d’une conférence de presse tenue le mercredi dernier à Kinshasa, la Voix
des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) se dit préoccuper par les
conditions inhumaines dans lesquelles sont expulsés massivement, par les
autorités de la République du Congo (Brazzaville), les ressortissants de la
République Démocratique du Congo (RDCongo) depuis début avril 2014.
Ainsi
donc, l’Ongdh exige la mise en place, toutes affaires cessantes, d’une
commission d’enquête mixte et
indépendante composée des officiels de deux pays, des défenseurs des droits
humains nationaux et internationaux en vue de faire la lumière sur les conditions
des expulsions et d’en établir les responsabilités.
En effet, des informations parvenues à la VSV
font état de traitements cruels, inhumains ou dégradants, la pratique de la
torture (en violation de l’article 7 du Pacte International relatif aux droits
civils et politiques), des viols des femmes et des jeunes filles, des
extorsions des biens, des brimades, des séparations forcées des enfants de
leurs parents, des épouses de leurs maris, l’interruption brusque de la
scolarité de bon nombre d’enfants… qui ont caractérisé lesdites expulsions.
Des
allégations de mort et des accouchements précoces dus aux traumatismes sont
également avancés par les victimes, regrette l’Ongdh.
Toutefois,
la VSV tient à ce que les auteurs des violations massives des droits humains
notamment des traitements cruels, inhumains ou dégradants, des viols, des
extorsions des biens, des brimades… infligés aux ressortissants rdcongolais,
répondent de leurs actes devant les instances compétentes.
Mais
l’Ongdh exhorte le gouvernement de la RDC
à prendre en charge les victimes de ces expulsions massives et barbares.
Tout
en appréciant la mise à la disposition des victimes de quelques bus de la
société TRANSCO en vue de faciliter leur évacuation du port vers le centre ville via le centre de transit situé
dans l’enceinte de la maison communale de Kinshasa ainsi que le Stade Cardinal
Malula, la VSV relève cependant que les facilités de transport ne doivent pas
constituer un motif d’autosatisfaction pour certaines autorités de la RDC.
A
en croire Mme Lisette Misenga, secrétaire à la VSV, il est important pour la
République Démocratique du Congo de s’assumer jusqu’au bout en privilégiant des
voies apaisées et diplomatiques pour mettre fin aux expulsions massives et
infrahumaines des rdcongolais par les autorités de la République du Congo et
pour éviter la commission d’autres violations des droits humains similaires en
République Démocratique du Congo.
La
VSV se dit également préoccupé par le manque des structures d’accueil
appropriées et l’absence quasi totale d’une prise en charge effective,
appropriée et complète des victimes des expulsions massives et inhumaines par
Kinshasa.
Sur place au Stade Cardinal Malulu, il est
regrettable de constater des familles entières qui passent des nuits à la belle étoile et ainsi
exposées à toutes sortes d’intempéries, des maladies et ne sont de surcroit
approvisionnées ni en nourriture ni en eau potable.
Genèse
Les
autorités du Congo/Brazzaville ont justifié cette opération dénommée
« Mbata ya Mokolo » par leur volonté de mettre fin à la criminalité,
au banditisme en assainissant les différents quartiers de Brazzaville. Cette
opération aurait eu également pour objectif de mettre fin au séjour irrégulier
des étrangers en République du Congo.
Tout
en jugeant fondés les arguments avancés par les autorités de la République du
Congo notamment la lutte contre la criminalité, le banditisme et le séjour
irrégulier de certains étrangers, cependant, la VSV estime qu’au nom du respect
des droits humains, des libertés fondamentales et surtout de la dignité
humaine, aucune raison ne pouvait justifier les violations massives des droits
humains commises par les autorités de la République du Congo.
Face
à cette situation combien dramatique, préoccupante et inquiétante et vu la
poursuite des expulsions suscitant de vives réactions et des frustrations au
sein de la classe politique, de la Société Civile et même au sein de l’opinion
publique, la VSV a attiré l’attention des autorités de la République du Congo
et celles de la Rdc ainsi que les populations de deux pays sur le rôle à jouer
par les uns et les autres en vue de garantir le respect de tous les droits
humains et des libertés fondamentales dont entre autres le droit de quiconque
se trouve légalement sur le territoire d’un Etat de circuler librement et d’y
choisir sa résidence (article 12 du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire