Dans
une lettre adressée au premier ministre, Augustin Matata Ponyo dont La Tempête
des Tropiques s’est procuré une copie, l’Association congolaise pour l’accès à
la justice (ACAJ) se dit profondément préoccupée par la situation de
pourrissement qui s’installe quasiment à la Société Nationale des Chemins de
fer du Congo (SNcc).
L’Ongdh
déplore le silence coupable du gouvernement de la RDC face au déclin de cette
société paraétatique du fait qu’elle constate
que plusieurs fonds publics investis pour la redresser sont constamment
dilapidés.
Ce
qui fait que les droits des travailleurs y sont totalement bafoués au point que
plusieurs d’entre eux meurent ou partent en retraite dans un dénuement poignant.
Cela est du à l’absence de bon management
du comité de gestion, note l’Acaj.
S’agissant
des fonds engloutis à la SNCC, l’ ACAJ relève que, dès 2008, le comité de
gestion en place depuis près de 5 ans a
eu à bénéficier des aides de 30 millions de dollars de la part de l’IDA, de 14
millions provenant de la Banque Africaine de Développement dont 9.500.000 pour
l’achat des pièces de rechange et 4.500.000 pour le paiement du personnel, ceci
dans la perspective de la stabilisation de la société. Plusieurs autres
millions de dollars ont été décaissés par le gouvernement de la République du
temps du 1er ministre Adolphe Muzito. C’est notamment 15 millions de
dollars déboursés entre 2009 et 2012 et répartis de cette manière :
5.200.000 USD destinés à résorber la grève des travailleurs impayés pendant des
longs mois et 4.000.000 USD pour couvrir 12 mois d’arriérés des salaires des
pensionnés non logés de 2008, montant dont le solde reste injustifié jusqu’à ce
jour.
Dans
la même optique de stabilisation de SNCC, 3.500.000 USD ont été remis à son
staff dirigeant pour couvrir la paie du personnel au mois d’avril 2011 et
2.000.000 USD pour l’achat de deux locomotives de ligne et deux moteurs pour
bateaux et la réhabilitation de deux barges. Et pour couronner ses efforts, le
gouvernement a apporté 4.500.000 USD à la trésorerie de cette société en vue de
l’aider à assurer la paie des mois de septembre et octobre 2010.
En
interne, dans les entrefaites, la SNCC a
dû générer pendant cette même période, ses propres ressources évaluées à
1.800.000 USD provenant de l’hypothèque de son immeuble se trouvant sur
l’avenue Kamanyola, dans la commune et ville de Lubumbashi.
Comme point
d’orgue des aides accordées à la SNCC, la Banque mondiale s’est signalée avec
218 millions de dollars pouvant couvrir 18 mois de prise en charge en
carburant, eau et électricité, acquisition des traverses ainsi que plusieurs
autres retro-financements.
Acaj
regrette de constater que cette somme d’argent n’a servi à rien étant donné que
la Sncc continue à être considéré comme un canard boiteux.
La
situation que connaît la SNCC n’augure nullement une moindre lueur d’espoir
tant que la gestion du comité de gestion en place continue à être brouillonne,
en dépit des sommes faramineuses qui auraient pu ne fût-ce que commencer à
normaliser le trafic. L’ACAJ déploré le fait que le gouvernement Matata ait irrégulièrement
suspendu toutes les activités syndicales à la SNCC sans initier une enquête
indépendante sur les allégations de la mégestion criante de la SNCC afin
d’établir des responsabilités individuelles administratives et pénales.
L’ACAJ
insiste pour qu’une enquête indépendante soit mise sur pied rapidement afin
d’établir les responsabilités dans la megestion qui caractérise la SNCC et l’acquisition
des locomotives prises en leasing tombant régulièrement en panne et exposent
les passagers à la mort.
Sacrifice des travailleurs de la SNCC
Par
souci de redynamiser leur entreprise nécessitant un second souffle, les
travailleurs ont dû consentir des sacrifices énormes en renonçant au besoin à
plusieurs de leurs avantages vitaux.
En
effet, les cheminots ont accepté l’archivage de leurs arriérés des salaires de
2010 et se sont décidés de toucher le salaire calculé au taux de 550 FC le
dollar au lieu de 900 FC, tandis que l’employeur décidait unilatéralement la
suppression de plusieurs autres avantages, parmi lesquels le paiement de
l’indemnité d’attente pourtant consignée dans la convention collective,
l’amputation des montants payés aux pensionnés.
Acaj
signale que la SNCC connaît un comité de gestion doté des mandataires venus
d’ailleurs avec une groupe de collaborateurs tous surpayés, et ce au moment où
les pauvres agents alignent des mois et des mois d’arriérés des salaires.
Devenu
un canard boiteux, les accidents de circulation du train se multiplient
exagérément à la SNCC (caténaires et rails cassés, déraillements.
Société de la mort
L'accident qui était survenu
dernièrement à Katongola était du à la mauvaise situation de la voie et de
l'état de la locomotive très vielle de 60 ans et qu’il s’était emballée.
Pourtant parmi les deux machines achetées par le gouvernement Matata, toutes les
deux sont déclassées en l'espace de trois mois seulement. La première s'était
abîmée du coté Dilolo avec dégâts matériels importants. La seconde c'est
celle-ci qui s’est emballée à Katongola avec beaucoup des dégâts matériels et
mort d'hommes, soit plus de 400 morts dont les membres d'équipage, révèle Acaj.
En réalité, sur les 11 locomotives
prises en location, 4 seulement roulent et 2 qui avaient tractées n'ont jamais
étaient allumées jusqu'à ce jour. Et pourtant, la SNCC paie 1700 dollars par
jour et par locomotive, et même pour celles qui ne roulent pas; et que l’argent
du contribuable congolais soit la somme de 18.000.000 dollars avait été donnée
à titre de garantie.
Dans sa correspondance à Matata,
acaj déplore le nombre de déraillements à la SNCC qui ne fait qu’augmenter ;en 2008 : 324
déraillements, en 2009 : 252 déraillements, en 2010 : 317 déraillements, en
2011 : 309 déraillements, en 2012 : 359
déraillements, en 2013 : 441 déraillements, un record jamais réalisé depuis que
la SNCC existe.
De janvier 2014 à ce jour, SNCC totalise 137
déraillements plus accidents mortels, selon Acaj.
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