Le secrétaire d'État américain, John Kerry, devrait aborder les
préoccupations causées par le caractère endémique des violations des droits
humains lorsqu'il se rendra en visite en Éthiopie, en République démocratique
du Congo et en Angola, a déclaré Human Rights Watch dans un communiqué.
Selon le département d'État, John Kerry est en tournée dans trois pays
africains, pour « encourager un modèle de développement démocratique,
promouvoir le respect des droits humains, faire progresser la cause de la paix
et de la sécurité, aller à la rencontre de la société civile … et renforcer des
partenariats en matière de commerce, d'investissement et de développement en
Afrique ».
« Ces trois pays africains sont d’une grande importance pour les
États-Unis, et le secrétaire d'État Kerry ne devrait donc pas passer sous
silence leurs mauvais bilans en matière de droits humains », a déclaré Sarah
Margon, directrice par intérim du bureau de Washington de Human Rights Watch.
« Lors de sa visite, John Kerry devrait souligner combien les droits
humains, le développement et la sécurité sont inextricablement liés. », ajoute-t-elle.
St/Lutte contre l’impunité des
auteurs des crimes
Selon le Département d’Etat, en Rdc, Kerry
encouragera le gouvernement et le parlement
congolais à faire avancer le projet de création de Chambres spécialisées mixtes indépendantes, crédibles et efficaces afin de juger les
responsables d'atteintes graves aux droits humains devant le système
judiciaire national, et à consulter les bailleurs de fonds, les représentants de
la société civile et d'autres parties intéressées, afin d'apporter des
améliorations à l'actuel projet de loi.
Il devrait aussi insister auprès des dirigeants
de la RD Congo pour qu'ils prennent des mesures concrètes en vue d'arrêter et
de poursuivre en justice, dans le cadre de procès crédibles et impartiaux, les
principaux chefs de groupes armés, y compris du groupe rebelle M23 ainsi que les responsables de l'armée
nationale, qui ont été impliqués dans des crimes de guerre et des crimes contre
l'humanité.
En Éthiopie, Kerry a appelé les autorités à remettre en liberté sans
conditions tous les militants et les journalistes qui ont été arrêtés
arbitrairement ou condamnés lors de procès inéquitables, y compris les six
blogueurs et les trois journalistes arrêtés les 25 et 26 avril.
John Kerry a également insisté auprès du gouvernement éthiopien pour
qu'il amende ou abroge deux lois répressives sur les associations et le
terrorisme, qui ont été utilisées pour opprimer
des militants, des organisations indépendantes et les médias, et pour engager des
poursuites judiciaires pour des motifs politiques.
En Angola enfin, John Kerry devrait exhorter le gouvernement à respecter le
droit aux libertés de rassemblement et d'expression et à faire cesser les actes de harcèlement, les arrestations
arbitraires et les mises en détention de manifestants et de journalistes.
Le gouvernement angolais
devrait ouvrir des enquêtes crédibles sur les graves exactions commises par les
forces de sécurité, y compris l'enlèvement, la torture et le meurtre de deux
organisateurs de manifestation, qui ont été révélées dans un rapport interne
du gouvernement ayant fait l'objet d'une fuite.
« John Kerry ne devrait pas rater cette belle occasion de faire état des
préoccupations causées par la situation en matière de droits humains », a
affirmé Sarah Margon.
« Un discours ferme sur les questions relatives aux droits humains
aurait un grand retentissement sur tout le continent africain.»,dit-elle.
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