Dans un communiqué rendu public
hier mercredi 9 juillet dans la soirée,
la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) déplore le danger permanent
que coure l’épouse du Major Paul Mwilambwe,à Lubumbashi. Mme Dadi Bumba Mayalale,
c’est son nom, a failli être enlevée le 8 juillet au retour d’une course au
marché par un homme descendu d’une voiture taxi à bord de laquelle se trouvait
M. Thierry Mande. La victime a eu la vie sauve grâce à sa résistance et à l’intervention des
gens du quartier alertés par les cris de détresse. M. Thierry Mande qui serait le Secrétaire
particulier du Général John Numbi Tambo, considéré comme suspect N°1 dans la
mort des deux activistes des Droits de l’homme précités. Le 18 juin Thierry
Mande avait contacté par téléphone Mme
Mwilambwe en lui demandant de convaincre
son mari à rentrer en RDC sans crainte pour sa sécurité.
Mais avant cette tentative
d’enlèvement, l’épouse de l’ ancien Directeur du protocole et de sécurité à l’ex Inspection
Générale de la Police Nationale Congolaise (IG/PNC), condamné
par contumace dans le procès sur l’assassinat de deux défenseurs des droits
humains Floribert CHEBEYA BAHIZIRE (ancien Directeur Exécutif de la VSV ) et
Fidèle BAZANA EDADI ( Chauffeur et chargé de dispatching de la VSV ) avait reçu
une visite insolite de l’épouse du major Christian NGOY KENGA KENGA . L’échange
a tourné autour des souhaits du retour du major Paul MWILAMBWE en RDCongo tout
en rassurant qu’il n’y aura rien de mal contre lui car Christian NGOY KENGA KENGA
et son ami Jacques MUGABO étaient déjà sur place à Lubumbashi, précise la VSV
dans son communiqué. Il convient de signaler que Christian Kenga Kenga et
Jacques Mugabo sont des policiers fugitifs cités, impliqués et condamnés dans
l’assassinat de deux défenseurs des droits humains.
Présence
suspecte
Pour la VSV, la présence de Christian NGOY KENGA KENGA et
Jacques MUGABO à Lubumbashi où séjourne souvent le Général John NUMBI fait une
fois de plus tomber le masque et corrobore la thèse selon laquelle l’assassinat
de Floribert CHEBEYA et Fidèle BAZANA est bel et bien un crime d’Etat dont les
auteurs dits intouchables ne peuvent être inquiétés par personne moins encore
par la justice congolaise assujettie, privée
de son indépendance et par conséquent incapable de mettre en prison les deux
condamnés.
De même, la VSV invite l’opinion
publique à ne pas banaliser la tentative d’enlèvement de madame Dadi BUMBA
MAYALALE dès lors qu’elle relève des stratégies savamment mises en place par des personnes impliquées
dans l’assassinat de deux défenseurs des droits humains en vue d’exercer de
fortes pressions visant à dissuader son mari Paul MWILAMBWE déterminé à dire la
vérité sur les circonstances réelles du crime.
En rappel, major Paul MWILAMBWE,
témoin oculaire actuellement en exil à l’extérieur du pays pour raisons de
sécurité se révèle gênant et dangereux en raison de ses révélations accablantes
sur la torture, l’exécution sommaire et extrajudiciaire de Floribert CHEBEYA
BAHIZIRE et Fidèle BAZANA EDADI à l’ex IG/PNC.
Face à ce danger permanent dont coure l’épouse de Paul Mwilambwe, la VSV
exige aux autorités gouvernementales et judiciaires de garantir effectivement la sécurité de madame Dadi BUMBA
MAYALALE et toute sa famille.
L’Ongdh exhorte Kinshasa à diligenter
une enquête et interpeller le fameux Thierry MANDE pour faire la lumière sur la
tentative d’enlèvement de Dadi BUMBA MAYALALE, en établir les responsabilités
et sanctionner les coupables et commanditaires.
Ensuite, elle invite la justice
militaire Congolaise à procéder à l’arrestation immédiate de Christian NGOY
KENGA KENGA et Jacques MUGABO actuellement à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga.
Genèse
du feuilleton judiciaire Chebeya -
Bazana
Pour rappel,
Floribert Chebeya, directeur exécutif de l’ONG » La Voix
des sans voix » (VSV), avait été convoqué le 1er juin 2010 à l’Inspection
générale de la police à Kinshasa pour rencontrer son chef, le général John
Numbi ,pour l’heure révoqué. Son corps avait été retrouvé le lendemain dans sa
voiture, les poignets portant des traces de menottes. Celui de son chauffeur
n’a jamais été retrouvé.
Lors d’un procès en
première instance, la Cour militaire de Kinshasa avait condamné à mort le
principal suspect, le colonel Daniel Mukalay, numéro 2 des services spéciaux de
la PNC, ainsi que trois policiers jugés par contumace car en fuite, dont le
major Mwilambwe. Un autre avait été condamné à la prison à perpétuité et trois
avaient été acquittés.
Le procès en appel,
ouvert le 23 juin 2012, a été suspendu en novembre de la même année à la suite
d’un incident provoqué par les parties civiles qui demandaient la comparution
des accusés en fuite. Le major Mwilambwe est considéré comme un témoin clé dans
cette affaire.
En 2012, il avait fait
des révélations au journaliste et cinéaste belge Thierry Michel, auteur d’un
documentaire sur l’affaire Chebeya.
Dans ce témoignage,
l’officier de la PNC mettait en cause le général John Numbi, alors inspecteur
général de la Police dans l’assassinat
de deux défenseurs des droits de l’homme. Il avait également donné des
indications sur l’endroit où M. Bazana aurait été enterré. Pourtant jusqu’à ce
jour, le corps de ce dernier n’a toutefois jamais été retrouvé.
Par Godé Kalonji

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