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mardi 15 juillet 2014

Chebeya : les deux policiers fugitifs réapparaissent : L’épouse du Major Mwilambwe a échappé à un enlèvement à

Dans un communiqué rendu public hier  mercredi 9 juillet dans la soirée, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) déplore le danger permanent que coure l’épouse du Major Paul Mwilambwe,à Lubumbashi. Mme Dadi Bumba Mayalale, c’est son nom, a failli être enlevée le 8 juillet au retour d’une course au marché par un homme descendu d’une voiture taxi à bord de laquelle se trouvait M. Thierry Mande. La victime a eu la vie sauve  grâce à sa résistance et à l’intervention des gens du quartier alertés par les cris de détresse.  M. Thierry Mande qui serait le Secrétaire particulier du Général John Numbi Tambo, considéré comme suspect N°1 dans la mort des deux activistes des Droits de l’homme précités. Le 18 juin Thierry Mande avait contacté par téléphone  Mme Mwilambwe en lui  demandant de convaincre son mari à rentrer en RDC sans crainte pour sa sécurité.


Mais avant cette tentative d’enlèvement, l’épouse de l’  ancien Directeur du protocole et de sécurité à l’ex Inspection Générale de la Police Nationale Congolaise (IG/PNC), condamné par contumace dans le procès sur l’assassinat de deux défenseurs des droits humains Floribert CHEBEYA BAHIZIRE (ancien Directeur Exécutif de la VSV ) et Fidèle BAZANA EDADI ( Chauffeur et chargé de dispatching de la VSV ) avait reçu une visite insolite de l’épouse du major Christian NGOY KENGA KENGA . L’échange a tourné autour des souhaits du retour du major Paul MWILAMBWE en RDCongo tout en rassurant qu’il n’y aura rien de mal contre lui car Christian NGOY KENGA KENGA et son ami Jacques MUGABO étaient déjà sur place à Lubumbashi, précise la VSV dans son communiqué. Il convient de signaler que Christian Kenga Kenga et Jacques Mugabo sont des policiers fugitifs  cités, impliqués et condamnés dans l’assassinat de deux défenseurs des droits humains.

Présence suspecte
  
Pour la VSV,  la présence de Christian NGOY KENGA KENGA et Jacques MUGABO à Lubumbashi où séjourne souvent le Général John NUMBI fait une fois de plus tomber le masque et corrobore la thèse selon laquelle l’assassinat de Floribert CHEBEYA et Fidèle BAZANA est bel et bien un crime d’Etat dont les auteurs dits intouchables ne peuvent être inquiétés par personne moins encore par la justice congolaise assujettie,  privée de son indépendance et par conséquent incapable de mettre en prison les deux condamnés.
De même, la VSV invite l’opinion publique à ne pas banaliser la tentative d’enlèvement de madame Dadi BUMBA MAYALALE dès lors qu’elle relève des stratégies savamment  mises en place par des personnes impliquées dans l’assassinat de deux défenseurs des droits humains en vue d’exercer de fortes pressions visant à dissuader son mari Paul MWILAMBWE déterminé à dire la vérité sur les circonstances réelles du crime.   
En rappel, major Paul MWILAMBWE, témoin oculaire actuellement en exil à l’extérieur du pays pour raisons de sécurité se révèle gênant et dangereux en raison de ses révélations accablantes sur la torture, l’exécution sommaire et extrajudiciaire de Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et Fidèle BAZANA EDADI à l’ex IG/PNC.  Face à ce danger permanent dont coure l’épouse de Paul Mwilambwe, la VSV exige aux autorités gouvernementales et judiciaires  de garantir effectivement la sécurité de madame Dadi BUMBA MAYALALE et toute sa famille.
L’Ongdh exhorte Kinshasa à diligenter une enquête et interpeller le fameux Thierry MANDE pour faire la lumière sur la tentative d’enlèvement de Dadi BUMBA MAYALALE, en établir les responsabilités et sanctionner les coupables et commanditaires.
Ensuite, elle invite la justice militaire Congolaise à procéder à l’arrestation immédiate de Christian NGOY KENGA KENGA et Jacques MUGABO actuellement à Lubumbashi, chef-lieu de la  province du Katanga.

Genèse du feuilleton judiciaire  Chebeya - Bazana

Pour rappel, Floribert Chebeya, directeur exécutif de l’ONG » La Voix des sans voix » (VSV), avait été convoqué le 1er juin 2010 à l’Inspection générale de la police à Kinshasa pour rencontrer son chef, le général John Numbi ,pour l’heure révoqué. Son corps avait été retrouvé le lendemain dans sa voiture, les poignets portant des traces de menottes. Celui de son chauffeur n’a jamais été retrouvé.
Lors d’un procès en première instance, la Cour militaire de Kinshasa avait condamné à mort le principal suspect, le colonel Daniel Mukalay, numéro 2 des services spéciaux de la PNC, ainsi que trois policiers jugés par contumace car en fuite, dont le major Mwilambwe. Un autre avait été condamné à la prison à perpétuité et trois avaient été acquittés.
Le procès en appel, ouvert le 23 juin 2012, a été suspendu en novembre de la même année à la suite d’un incident provoqué par les parties civiles qui demandaient la comparution des accusés en fuite. Le major Mwilambwe est considéré comme un témoin clé dans cette affaire.
En 2012, il avait fait des révélations au journaliste et cinéaste belge Thierry Michel, auteur d’un documentaire sur l’affaire Chebeya.
Dans ce témoignage, l’officier de la PNC mettait en cause le général John Numbi, alors inspecteur général de la Police  dans l’assassinat de deux défenseurs des droits de l’homme. Il avait également donné des indications sur l’endroit où M. Bazana aurait été enterré. Pourtant jusqu’à ce jour, le corps de ce dernier n’a toutefois jamais été retrouvé.


Par Godé Kalonji 

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