T/Chambres spécialisées mixtes :
la société civile du Nord-Kivu interpelle le gouvernement de la RDC
Dans
une déclaration conjointe faite le mardi 1er Juillet courant à Goma,
chef- lieu de la Province du Nord-Kivu, Congo Peace Network(CPN), Conseil
Régional des organisations non Gouvernementales de
Développement-CRONG/Nord-Kivu (45 organisations membres), Ligue pour la Paix, les Droits de l’Homme et la Justice(LIPADHOJ),
Forum National des Organisations Humanitaires et de Développement en RDC et
258 organisations des droits de l’homme et de
développement appellent le gouvernement de la RDC à s’engager dans la
lutte contre l’impunité des crimes internationaux commis sur le sol congolais
il y a plus de deux décennies.
Dans
cette déclaration conjointe , ces organisations de la société civile du
Nord-Kivu se dits préoccupés par la suite réservée par le Gouvernement Matata
sur le projet de loi sur les Chambres spécialisées déclaré irrecevable par
l’Assemblée Nationale au cours de sa plénière
du jeudi 8 Mai 2014 relative à la réponse de Madame le Ministre de la Justice et Droits Humains pour
rencontrer les préoccupations des Députés soulevées lors de la plénière du
mardi 6 mai 2014 portant sur le
projet de loi modifiant et complétant la loi organique N0
13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences
des juridictions de l’ordre judiciaire en matière de répression des crimes de
génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre et le projet de
loi modifiant et complétant la loi N0 23/2002 du 18 novembre 2002
portant code de justice militaire.
Au
regard de la récidive dans la commission des actes cruels de violation des
droits humains par les membres des groupes et des forces armés, dont le cas le
plus récent concernant les massacres de Mutarule et
des violations graves des droits humains commises par les belligérants dans le
cadre des opérations militaires contre les groupes armés dans les territoires
de Masisi, de Walikale, de Lubero, de Rusthuru et de Nyiragongo, ces Ongdh
invitent Kinshasa à s’engager dans une logique de lutter contre l’impunité des
différents crimes de violation des
droits humains en créant les chambres mixtes spécialisées au sein des Cours
d’Appel de la RDC qui ont déjà la compétence pour des crimes internationaux en
vertu de la loi précitée.
« La
création des chambres spécialisées est
dans l’intérêt de la paix et de la cohésion sociale car les victimes et leurs
famille d’une part, la nation congolaise et toute l’humanité de l’autre part
ont droit de connaître la vérité sur les raisons et les causes des crimes pour
lesquels ce mécanisme est crée pour appuyer une réconciliation sincère.
Celles-ci ne peuvent se réaliser que par la voie de la justice. »,déclare
Patrick Mulemeri
Coordonnateur de Congo Peace Network.
Coordonnateur de Congo Peace Network.
« Nous appelons le Bureau de l’Assemblée
Nationale à donner la priorité au vote de cette loi une fois la session
extraordinaire serait convoquée après que le vote ait été reporté sine die par
le Bureau sans donner un motif valable et officiel quant à ce. La loi de mise
en œuvre du Statut de Rome est conforme aux engagements du Gouvernement à lutter
contre l’impunité des crimes graves de violation des droits de l’homme
conformément au Statut de Rome. »,déclare-t- il.
St/Vivement la loi de mise en œuvre
du Statut de Rome
Ces
Ongdh invitent Madame le Ministre de la
Justice et des Droits Humains à convoquer un colloque national qui devra réunir
les experts du Ministère de la Justice et les Organisations des Droits de
l’Homme pour travailler sur un draft du projet de loi sur les Chambres mixtes
spécialisées qui devra garantir le procès équitable et refléter une justice qui
est mise à l’abri de toute ingérence politique.
Elles exhortent Madame Mumba à
présenter de nouveau le projet de loi modifiant et complétant la loi N0
23/2002 du 18 novembre 2002 portant code de justice militaire à l’Assemblée
Nationale car les innovations introduites par le Ministère de la Justice
relatives surtout au double degré de Juridiction devant les Juridictions
militaires qui garantissent le respect des standards internationaux relatifs au
procès équitable notamment celui au droit de faire recours contre un jugement
prononcé par la Cour Militaire Opérationnelle.
Les
signataires de cette déclaration conjointe appellent le Bureau de l’Assemblée Nationale à
programmer la proposition de loi
de mise en œuvre du Statut de Rome à la session extraordinaire si elle est
convoquée. Si non en tenir compte à la session de septembre 2014.
Elles invitent la Cour Pénale
Internationale à se saisir de l’affaire des viols de Minova dans la quelle la
Cour Militaire Opérationnelle a rendu un
jugement en date du 5 Mai 2014 en vertu de la complémentarité de la Cour avec
les Juridictions nationales et de l’article 17 du Statut de Rome.
En effet, ces Onfgdh pensent que le
procès Minova a été biaisé par plusieurs facteurs de moyens, de volonté et
d’interférences. En plus, ce jugement a violé la Constitution en ce qui
concerne le droit de recours contre tout jugement (Art. 21 de la Constitution).
Il apparaît donc selon elles que les procès
n’ont pas été menés de manière
indépendante ou impartiale mais d’une manière qui, dans les circonstances, est
incompatible avec l’intention de traduire en justice les responsables de ces
crimes des viols et violences sexuelles à Minova commis par les éléments des
FARDC en Novembre 2012.
Par Godé Kalonji
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