Plus de 43 000 personnes se sont déplacées au deuxième
trimestre (avril-mai-juin) dans la Province du Katanga, portant à plus de 543
000 déplacés actuellement à l’intérieur de la province, selon les dernières
estimations de la Commission mouvement des populations de la province.
Ce nouveau chiffre représente une hausse minime au chiffre de
mars dernier (janvier-février-mars) où l’on dénombrait plus de 500 000 déplacés
internes.
D’après la CMP, de ce nouveau chiffre, plus de 32 000
personnes se sont déplacées suite aux conflits communautaires entre les pygmées
et les Lubas dans les territoires de Kalemie, Manono et Nyunzu.
Les attaques armées représentent la cause majeure de ces
déplacements, soit plus de 67% ; 27% autres sont dûs au déplacement préventif
et à l’insécurité ; les 6% restants sont attribués aux conflits communautaires
dans le District du Tanganyika.
Pour ces trois derniers mois, le territoire de Manono a enregistré la plus forte augmentation avec plus de 25 200 personnes nouvellement déplacées en raison de l’activisme persistent des combattants Mayi Mayi, dans la partie sud-est du territoire (Kahongo, Kishale, Mpiana et Shamwana) ; le conflit communautaire entre les pygmées et les Luba dans le nord-est de Manono et les incidents de protection perpétrés par les forces de sécurité étatiques à l’endroit des populations civiles. Mitwaba vient en second lieu pour ce deuxième trimestre avec plus de 11 500 nouveaux déplacés. Dans l’ensemble, Pweto reste toujours le territoire qui regorge plus de personnes déplacées internes, soit 35 % du nombre global de la province. Par rapport au retour, Katanga a enregistré un cumul de plus de 282 000 personnes retournées au 30 juin dont plus de 45% vivent à Mitwaba. Il n’existe pas de camp de déplacés au Katanga : 85% des déplacés se trouvent dans des familles d’accueil ; 15% autres se trouvent dans les sites spontanés de Kalemie, Manono, Mitwaba, Moba et Pweto.
Mouvement
de populations : statu quo à Walikale
Contrairement
au chiffre de 20 000 personnes déplacées avancé la semaine dernière par les
autorités locales, finalement selon des Commissions mixtes des mouvements de
population, plus de 14 100 personnes se sont déplacées entre le 20 juin et 4
juillet suite aux affrontements entre l’armée nationale (FARDC) et le groupe
armé Nduma Defence of Congo (NDC) dans la zone de Kibua (environ 85 km à l’est
de Walikale Centre).
11
790 personnes l’ont été lors des opérations militaires de l’armée nationale
(FARDC) appuyées par la Brigade d’intervention de la MONUSCO (FIB) le 1er
juillet et 2 375 autres personnes déplacées entre le 20 juin et le 1er juillet.
Ces ménages ont trouvé refuge à Walikale centre (9 520) ; sur les axes Walikale
Centre – Goma (1 165) et Walikale Centre – Kisangani (1 105) et dans les
localités et villages de Kailenge, Kumbwa, Mpofi et Musimya (2 375 personnes).
Des évaluations des besoins en faveur de personnes nouvellement déplacées sont
planifiées sur l’axe Walikale Centre – Kisangani (ouest de Walikale Centre) et
sur le tronçon Mpofi – Kashebere, à l’est de ce territoire.
Depuis
le début de l'année, aucune évaluation n'a eu lieu dans ce territoire excepté
la mission d’évaluation des besoins menée par l’ONG ACTED entre fin juin et
début juillet en faveur de 3 500 déplacés et 16 500 retournés dans les
localités et villages de Hombo-nord, Chambucha, Katatwa 1 et 2, Otobora,
Kilongote, Musenge, Karete et Kabamba, au sud de Walikale.
Au sud Lubero, la présence de
près de 2 244 nouveaux déplacés rapportée sur de nouvelles zones a fait l’objet
de nouvelles évaluations des besoins humanitaires. Ces déplacés ont été
accueillis dans les localités de Bingi (715 ménages), Kasingiri (181 ménages),
Luofu (172 ménages), Makoko (596 ménages), Alimbongo (375 ménages) et
Kamandi Gîte (205 ménages). Ces évaluations interviennent après celles menées
entre mars et mai et qui avaient identifié 5 243 ménages déplacés répartis sur
plusieurs localités. Ces déplacements comme d’autres rapportés dans cette zone
résultent de la progression du groupe armé NDC vers la zone de Bunyatenge
(sud-ouest de Butembo) et des affrontements qui ont opposé ce groupe à d’autres
groupes armés. Il sied de noter que 3 664 ménages déplacés sur 7 487 ménages
évalués par le programme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP)
entre mai et juillet 2014 dans le territoire de Lubero ont bénéficié de
l’assistance en articles ménagers essentiels (1 118 ménages), en vivres du PAM
(2 029 ménages) et en biscuits protéinés du PAM (2 586 personnes). Des
partenaires se positionnent pour la planification de l’assistance en faveur de
3 823 ménages non encore assistés. Au Nord-Kivu, le Fonds commun humanitaire
(Pooled Fund) a alloué en juin 3,2 millions de dollars à des activités de
réponse aux besoins inhérents à la nouvelle crise humanitaire dans la partie
sud de Lubero et à Masisi.
Ces zones ont été identifiées
comme ayant des besoins non couverts considérables.
Par Godé Kalonji
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