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mardi 30 septembre 2014

A huit semaines du sommet de l'OIF à Dakar :Sassou sollicite le soutien de Kinshasa

Comme si le chef d’Etat du Congo/Brazzaville a une mémoire courte oubliant les sangs des ressortissants de la RDC  qui ont coulé lors de leurs expulsions barbares par les autorités de Brazzaville, pour demander l’appui de la RDC à son candidat au poste du secrétaire général de l’OIF, Henri Lopez

Il y a une semaine, le chef d’Etat du Congo/Brazzaville, Denis Sasou Nguesso avait effectué une visite éclaire à Kinshasa, visite qui a suscitée beaucoup de réaction à Kinshasa cinq mois  après que les ressortissants de la RDC résident au Congo d’en face soient malmenés par les autorités de ce pays à travers l’opération Mbata ya Mukolo.
D’après certaines indiscrétions, Denis Sassou Nguesso était venu à Kinshasa afin de solliciter le soutien de Joseph Kabila, pour son candidat secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Henri Lopez, en remplacement du sénégalais, Abdou Diouf.
Le chef d’Etat Brazzavillois qui avait gardé silence lors des expulsions sauvages et barbares des ressortissants de la RDC de Brazzaville a compris que la RDC  joue un rôle dans la Francophonie et peut influencer d’autres états membres.

En traversant le fleuve, pour solliciter seulement le soutien de la RDC, pour l’élection de l’Ambassadeur Henri Lopez, Sassou Nguesso  crache sur les sangs des ressortissants de la RDC qui ont coulé lors de l’opération Mbata ya Mukolo. Les autorités de la RDC devraient profiter de cette demande, pour montrer à Sassou que le mal que son pays a fait aux ressortissants de la RDC de Brazzaville reste graver sur la mémoire de tout congolais qui réclame justice et réparation.
12 ans sous la férule de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se trouve face au casse-tête de sa succession fin novembre à Dakar, pour laquelle les candidats se comptent sur les doigts d'une main.
La Canadienne Michaelle Jean semble avoir une longueur d'avance sur ses quatre concurrents. Gouverneure générale de son pays de 2005 à 2010, et envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti, cette ancienne journaliste de 57 ans connaît à la fois la maison, puisqu'elle a été grand témoin de la Francophonie aux jeux Olympiques de Londres 2012, et les rouages des grandes organisations mondiales.
Elle a aussi l'avantage d'être du Sud avec ses origines haïtiennes, tout en étant soutenue par un des plus grands bailleurs de l'OIF, le Canada (mais aussi ses provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick, membres à part entière).

L’Afrique va en ordre dispersé

Une règle non écrite veut en effet que le secrétaire général soit une personne du Sud, mais certains estiment même qu'il doit rester une chasse gardée africaine, alors que de nombreux postes de haut niveau sont occupés par des gens du Nord.
Sur la liste des candidats africains à ce poste prestigieux du secrétaire général de l’OIF, on peut lire les noms de Jean Ping, Pierre Buyoya, Henry Lopez, Jean-Claude De Lestrac, l'Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu et Diocounda Traoré. Cette pile de candidats prouve que l’Afrique n’a pas réussi de s’attendre sur un candidat unique devant remplacer Diouf au sommet de Dakar.
S’agissant du  Gabonais Jean Ping, ancien président de la commission de l'Union africaine et diplomate reconnu, l’homme  présente un profil idéal mais il a les ambitions présidentielles dans son pays.
Médiateur estimé en Afrique, l'ancien président burundais Pierre Buyoya (1987-1993, 1996-2003) devrait être barré, sauf surprise, par son passé d'ancien putschiste dans son pays semble vouer sa candidature à l'échec.
Du coup, l'ex-Premier ministre mauricien, Jean-Claude De Lestrac, secrétaire général de la Commission de l'Océan indien, pourrait tirer son épingle du jeu. Des pays africains ont accepté de tirer un trait sur Buyoya mais pas sur une candidature africaine.
L'écrivain congolais Henri Lopes, déjà candidat au poste par le passé, joue sur le même registre mais son âge, 77 ans, et ses postes de ministres sous Denis Sassou Nguesso sont un handicap.
Le cinquième et dernier candidat, l'Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu.
Notons que lors du sommet de Dakar fin novembre, les chefs d'Etat décideront à huis clos. Derrière les portes closes, les règles non écrites pourront alors être adaptées. Ou pas.



Par Godé Kalonji


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