Comme si le chef d’Etat du
Congo/Brazzaville a une mémoire courte oubliant les sangs des ressortissants de
la RDC qui ont coulé lors de leurs
expulsions barbares par les autorités de Brazzaville, pour demander l’appui de
la RDC à son candidat au poste du secrétaire général de l’OIF, Henri Lopez
Il y a une semaine,
le chef d’Etat du Congo/Brazzaville, Denis Sasou Nguesso avait effectué une
visite éclaire à Kinshasa, visite qui a suscitée beaucoup de réaction à
Kinshasa cinq mois après que les
ressortissants de la RDC résident au Congo d’en face soient malmenés par les
autorités de ce pays à travers l’opération Mbata ya Mukolo.
D’après certaines
indiscrétions, Denis Sassou Nguesso était venu à Kinshasa afin de solliciter le
soutien de Joseph Kabila, pour son candidat secrétaire général de
l’Organisation Internationale de la Francophonie, Henri Lopez, en remplacement
du sénégalais, Abdou Diouf.
Le chef d’Etat
Brazzavillois qui avait gardé silence lors des expulsions sauvages et barbares
des ressortissants de la RDC de Brazzaville a compris que la RDC joue un rôle dans la Francophonie et peut
influencer d’autres états membres.
En traversant le
fleuve, pour solliciter seulement le soutien de la RDC, pour l’élection de l’Ambassadeur
Henri Lopez, Sassou Nguesso crache sur
les sangs des ressortissants de la RDC qui ont coulé lors de l’opération Mbata
ya Mukolo. Les autorités de la RDC devraient profiter de cette demande, pour
montrer à Sassou que le mal que son pays a fait aux ressortissants de la RDC de
Brazzaville reste graver sur la mémoire de tout congolais qui réclame justice
et réparation.
12 ans sous la férule
de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, l'Organisation internationale de
la Francophonie (OIF) se trouve face au casse-tête de sa succession fin
novembre à Dakar, pour laquelle les candidats se comptent sur les doigts d'une
main.
La Canadienne Michaelle
Jean semble avoir une longueur d'avance sur ses quatre concurrents. Gouverneure
générale de son pays de 2005 à 2010, et envoyée spéciale de l'Unesco pour
Haïti, cette ancienne journaliste de 57 ans connaît à la fois la maison,
puisqu'elle a été grand témoin de la Francophonie aux jeux Olympiques de
Londres 2012, et les rouages des grandes organisations mondiales.
Elle a aussi
l'avantage d'être du Sud avec ses origines haïtiennes, tout en étant soutenue
par un des plus grands bailleurs de l'OIF, le Canada (mais aussi ses provinces
de Québec et du Nouveau-Brunswick, membres à part entière).
L’Afrique va en ordre dispersé
Une règle non écrite
veut en effet que le secrétaire général soit une personne du Sud, mais certains
estiment même qu'il doit rester une chasse gardée africaine, alors que de
nombreux postes de haut niveau sont occupés par des gens du Nord.
Sur la liste des
candidats africains à ce poste prestigieux du secrétaire général de l’OIF, on
peut lire les noms de Jean Ping, Pierre Buyoya, Henry Lopez, Jean-Claude De
Lestrac, l'Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu et Diocounda Traoré. Cette pile de
candidats prouve que l’Afrique n’a pas réussi de s’attendre sur un candidat
unique devant remplacer Diouf au sommet de Dakar.
S’agissant du Gabonais Jean Ping, ancien président de la
commission de l'Union africaine et diplomate reconnu, l’homme présente un profil idéal mais il a les
ambitions présidentielles dans son pays.
Médiateur estimé en
Afrique, l'ancien président burundais Pierre Buyoya (1987-1993, 1996-2003)
devrait être barré, sauf surprise, par son passé d'ancien putschiste dans son
pays semble vouer sa candidature à l'échec.
Du coup,
l'ex-Premier ministre mauricien, Jean-Claude De Lestrac, secrétaire général de
la Commission de l'Océan indien, pourrait tirer son épingle du jeu. Des pays
africains ont accepté de tirer un trait sur Buyoya mais pas sur une candidature
africaine.
L'écrivain congolais
Henri Lopes, déjà candidat au poste par le passé, joue sur le même registre
mais son âge, 77 ans, et ses postes de ministres sous Denis Sassou Nguesso sont
un handicap.
Le cinquième et
dernier candidat, l'Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu.
Notons que lors du
sommet de Dakar fin novembre, les chefs d'Etat décideront à huis clos. Derrière
les portes closes, les règles non écrites pourront alors être adaptées. Ou pas.
Par Godé Kalonji
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