Au sud Lubero, les affrontements entre
les groupes armés, la coalition de l'Union des patriotes congolais pour la paix
(UPCP) / Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et Nduma Defense
of Congo (NDC) se poursuivent dans la zone de Kasugho.
Des affrontements ont été rapportés le
18 septembre, deux jours après ceux rapportés à Bunyatenge le 16 septembre,
selon des sources locales.
Plus d’une soixantaine de personnes
parmi la centaine qui avaient été enlevées par le NDC lors de son retrait de
Bunyatenge, le 16 septembre, ont réussi à s'échapper et sont arrivées à
Bunyatenge le 19 septembre.
Avant son retrait de Bunyatenge, des
éléments NDC ont violé des femmes et pillé la structure sanitaire de cette
localité ainsi que plusieurs maisons. Le déplacement de population se poursuit
vers Mbwavinwa, Kirumba, Kitsumbiro, Bingi et Alimbongo. L’effectif précis des
nouveaux déplacés n'est pas encore connu, signale le Bureau de
Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha) dans son
rapport hebdomadaire.
Ces affrontements à répétition ont
également réduit l’accès humanitaire dans la zone de Bunyatenge et autour de
Kasugho où plusieurs partenaires humanitaires ont retiré leurs équipes de
Kanyatsi-Tama et de Kasugho en attendant l’évolution de la situation
sécuritaire.
En outre, 1 438
ménages déplacés ont été enregistrés au 17 septembre, dans les localités de
Rusamambo (428 ménages), Buleusa et Kanune (415 ménages), Kateku (300 ménages),
Buhimba (89 ménages), Bukumbirwa et Kilambo (50 ménages) et Bushalingwa (156
ménages), dans le Territoire de Walikale.
Ces déplacés dont la
situation humanitaire est préoccupante sont accueillis dans les familles
autochtones et proviennent des localités de Bukonde, Kabingu, Buruko, Oninga et
autres sont arrivés entre le mois de juillet et septembre 2014 après avoir fui
des exactions des FDLR et des affrontements entre ce groupe armé et le NDC.
Par ailleurs, le
comité local de déplacés de la localité de Miriki a enregistré 207 ménages en
provenance de la zone le 18 septembre.
Shabunda : les déplacés rentrent
progressivement dans leurs milieux d’origine
Suite aux affrontements qui ont lieu depuis le 12 septembre entre les Forces
armées de la RDC (FARDC) et des miliciens Raïa Mutomboki dans le territoire de
Shabunda, les populations des localités de Byangama, Lugungu, Ndese et Tchombi
ont fui vers la forêt et les villages environnants.
Selon l'ONG IEDA Relief, environ 70% des personnes
déplacées de Lugungu seraient retournées chez elles entre le 12 et le 18
septembre suite à l'accalmie liée notamment au redéploiement rapide de l'armée.
En ce qui concerne Byangama, Ndese et Tchombi, les populations déplacées
seraient toujours dans la forêt et craignent d'éventuelles représailles par les
groupes armés dans la zone.
Les dernières estimations basées sur les
dénombrements sanitaires dans la zone renseignent qu’au moins 8 400 personnes
seraient toujours en déplacement. En raison de l'insécurité et des récents
déplacements, les écoles de Byangama, Ndese, Tchombi et Makese sont fermées,
retardant la rentrée scolaire pour les enfants. En marge des affrontements à
Tchombi, cinq maisons auraient été incendiées, trois civils tués et les
populations déplacées auraient été victimes de pillages, notamment de leurs
articles ménagers essentiels. La situation demeurant instable dans la zone et
ne permettant pas l'accès humanitaire à Byangama, Ndese et Tchombi, aucune
évaluation humanitaire n'a encore été possible afin de connaître l'ampleur des déplacements
forcés de la population et des besoins humanitaires.
La sécurisation effective et continue de la zone
pourrait faciliter un retour rapide des déplacés
Nord Katanga :forte
augmentation de nombre de déplacés
Les offensives des Forces armées congolaises (FARDC) lancées depuis le mois de
juillet contre le groupe armé Mayi - Mayi Katakatanga se poursuivent dans la
zone des territoires de Manono, Moba et Pweto. La présence des FARDC dans les
localités conquises est à la base des mouvements de retour timide des personnes
déplacées.
Dans
la boucle de Shamwana – Mpiana – Kishale, au sud-est de Manono (zone la plus
touchée par les incendies des maisons, tueries et autres exactions dans le
triangle de la mort), sur près de 11 000 déplacés au 31 aout, un grand nombre
des populations qui avaient fui les exactions commises par les Mayi-Mayi au
premier trimestre (de janvier à mars) 2014, ont regagné leur village d’origine.
A
Mutabi, localité située à 75 km au sud-est de Pweto, de plus de 46 000
personnes déplacées internes installées depuis janvier, le nombre est passé à
plus de 15 000 déplacés. Plus de la moitié des déplacés est retourné.
Les
humanitaires prévoient des missions d’évaluation dans ces zones afin
d’identifier le nombre exact de ces personnes et évaluer leur besoin.
Entre temps, certains acteurs de protection multiplient des campagnes de
sensibilisation à l’intention des combattants pour qu’ils adhèrent au processus
de reddition et demandent aux enfants de quitter les rangs des groupes armés.
Par Godé Kalonji

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