Rechercher dans ce blog

mardi 30 septembre 2014

Province du Nord Kivu : des femmes violées et maisons pillées à Bunyatenge

Au sud Lubero, les affrontements entre les groupes armés, la coalition de l'Union des patriotes congolais pour la paix (UPCP) / Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et Nduma Defense of Congo (NDC) se  poursuivent dans la zone de Kasugho.
Des affrontements ont été rapportés le 18 septembre, deux jours après ceux rapportés à Bunyatenge le 16 septembre, selon des sources locales.
Plus d’une soixantaine de personnes parmi la centaine qui avaient été enlevées par le NDC lors de son retrait de Bunyatenge, le 16 septembre, ont réussi à s'échapper et sont arrivées à Bunyatenge le 19 septembre.

Avant son retrait de Bunyatenge, des éléments NDC ont violé des femmes et pillé la structure sanitaire de cette localité ainsi que plusieurs maisons. Le déplacement de population se poursuit vers Mbwavinwa, Kirumba, Kitsumbiro, Bingi et Alimbongo. L’effectif précis des nouveaux déplacés  n'est pas encore connu, signale le Bureau de Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha) dans son rapport hebdomadaire.
Ces affrontements à répétition ont également réduit l’accès humanitaire dans la zone de Bunyatenge et autour de Kasugho où plusieurs partenaires humanitaires ont retiré leurs équipes de Kanyatsi-Tama et de Kasugho en attendant l’évolution de la situation sécuritaire.
En outre, 1 438 ménages déplacés ont été enregistrés au 17 septembre, dans les localités de Rusamambo (428 ménages), Buleusa et Kanune (415 ménages), Kateku (300 ménages), Buhimba (89 ménages), Bukumbirwa et Kilambo (50 ménages) et Bushalingwa (156 ménages), dans le Territoire de Walikale.
Ces déplacés dont la situation humanitaire est préoccupante sont accueillis dans les familles autochtones et proviennent des localités de Bukonde, Kabingu, Buruko, Oninga et autres sont arrivés entre le mois de juillet et septembre 2014 après avoir fui des exactions des FDLR et des affrontements entre ce groupe armé et le NDC.
Par ailleurs, le comité local de déplacés de la localité de Miriki a enregistré 207 ménages en provenance de la zone le 18 septembre.
Shabunda : les déplacés rentrent progressivement dans leurs milieux d’origine

Suite aux affrontements qui ont lieu depuis le 12 septembre entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et des miliciens Raïa Mutomboki dans le territoire de Shabunda, les populations des localités de Byangama, Lugungu, Ndese et Tchombi ont fui vers la forêt et les villages environnants.

Selon l'ONG IEDA Relief, environ 70% des personnes déplacées de Lugungu seraient retournées chez elles entre le 12 et le 18 septembre suite à l'accalmie liée notamment au redéploiement rapide de l'armée. En ce qui concerne Byangama, Ndese et Tchombi, les populations déplacées seraient toujours dans la forêt et craignent d'éventuelles représailles par les groupes armés dans la zone.
Les dernières estimations basées sur les dénombrements sanitaires dans la zone renseignent qu’au moins 8 400 personnes seraient toujours en déplacement. En raison de l'insécurité et des récents déplacements, les écoles de Byangama, Ndese, Tchombi et Makese sont fermées, retardant la rentrée scolaire pour les enfants. En marge des affrontements à Tchombi, cinq maisons auraient été incendiées, trois civils tués et les populations déplacées auraient été victimes de pillages, notamment de leurs articles ménagers essentiels. La situation demeurant instable dans la zone et ne permettant pas l'accès humanitaire à Byangama, Ndese et Tchombi, aucune évaluation humanitaire n'a encore été possible afin de connaître l'ampleur des déplacements forcés de la population et des besoins humanitaires.
La sécurisation effective et continue de la zone pourrait faciliter un retour rapide des déplacés

Nord Katanga :forte augmentation de nombre de déplacés

Les offensives des Forces armées congolaises (FARDC) lancées depuis le mois de juillet contre le groupe armé Mayi - Mayi Katakatanga se poursuivent dans la zone des territoires de Manono, Moba et Pweto. La présence des FARDC dans les localités conquises est à la base des mouvements de retour timide des personnes déplacées.

Dans la boucle de Shamwana – Mpiana – Kishale, au sud-est de Manono (zone la plus touchée par les incendies des maisons, tueries et autres exactions dans le triangle de la mort), sur près de 11 000 déplacés au 31 aout, un grand nombre des populations qui avaient fui les exactions commises par les Mayi-Mayi au premier trimestre (de janvier à mars) 2014, ont regagné leur village d’origine.
A Mutabi, localité située à 75 km au sud-est de Pweto, de plus de 46 000 personnes déplacées internes installées depuis janvier, le nombre est passé à plus de 15 000 déplacés. Plus de la moitié des déplacés est retourné.

Les humanitaires prévoient des missions d’évaluation dans ces zones afin d’identifier le nombre exact de ces personnes et évaluer leur besoin.
Entre temps, certains acteurs de protection multiplient des campagnes de sensibilisation à l’intention des combattants pour qu’ils adhèrent au processus de reddition et demandent aux enfants de quitter les rangs des groupes armés.

Par Godé Kalonji 

Aucun commentaire: