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mardi 21 octobre 2014

« Le peuple est son propre libérateur »

Cette phrase a été  utilisée plusieurs fois par l'ancien président Sud Africain  Nelson MANDELA dans ses discours publics et dans ses écrits relatifs à sa lutte pour l'abolition du système honteux d'apartheid.  La lutte  contre les injustices, les inégalités  ou la lutte pour la démocratie ne peut  atteindre la victoire que quand le peuple lui-même prend la décision de se libérer de ses oppresseurs,  de ceux qui lui refusent de  jouir de la liberté sous toutes ses formes ou de ceux qui s'opposent  à la démocratie ou qui veulent en restreindre la portée comme cela est le cas aujourd'hui en République Démocratique du Congo.

Dans ce contexte,  la révolte prévue par l'article 64 de la Constitution contre tout système ou tout  individu qui veut instituer une démocratie taillée sur mesure ou qui veut garantir une présidence à vie  à  un individu, ou qui  réduit  la possibilité pour le reste du peuple d'accéder au pouvoir politique à la tète de la RD.Congo est pour le peuple un véritable droit fondamental qui lui permet de se libérer de tout individu qui viole la Constitution.  
En République Démocratique du Congo,  les tentatives de la Majorité Présidentielle de réviser l'article 220 de la Constitution ou de doter le pays d'une nouvelle constitution qui permettrait au Président Joseph KABILA de briguer un troisième mandat à la tête du pays, est non seulement une violation flagrante de la volonté de la majorité  du peuple congolais manifestée lors du referendum de décembre 2005,  pire encore c'est une « oppression politique  » contre le même peuple.  Le peuple congolais a rejeté la possibilité pour tout congolais de se garantir une présidence à vie à la tête de la R.D.Congo. Lui imposer une autre présidence à vie est une oppression inacceptable.                                
    Le peuple doit protéger sa démocratie.§
La révision de la Constitution en 2011 qui  a renforcé  le pouvoir du Président Joseph KABILA  et les actuelles tentatives de la Majorité Présidentielle de réviser l'article 220 de la constitution constituent des véritables atteintes à la démocratie et sonnent petit à petit  le retour d'un régime proche de celui institué par le Mouvement Populaire de la Révolution, sous le Président MOBUTU. C'est par refus de ce genre de régime où la vie de la nation tournait autour d'un seul et même  homme que le peuple congolais avait adhéré massivement au projet de Mze Laurent Désiré KABILA de chasser le Président MOBUTU au pouvoir. Le peuple avait non seulement besoin de mettre fin à un système de présidence à vie, mais il avait surtout soif de la démocratie intégrale.
C'est pour avoir cette démocratie intégrale que beaucoup de congolais ont consenti des sacrifices énormes (l'histoire de 13 parlementaires), sont morts(le massacre des chrétiens du 16 février 1992) et d'autres ont été arrêtés, détenus illégalement ou sont portés disparus jusqu'à ce jour. Il ne peut être question que la Majorité Présidentielle confisque cette démocratie pour laquelle beaucoup de nos frères et sœurs ont souffert ou qu'elle institue  une démocratie taillée sur mesure.
Le peuple congolais doit se lever en usant de tous les moyens constitutionnels pour dire NON au projet de la Majorité Présidentielle de maintenir le Président Joseph KABILA au pouvoir, après  2016, sur base de la révision de  l'article 220 de notre Constitution ou au moyen d'une nouvelle Constitution.
C'est en menant ce combat ensemble que nous protégerons notre démocratie et que l'adage « le peuple est son propre libérateur » aura tout son sens.
    La peur d'être arrêté ou de mourir empêche le peuple d'agir.§
L'oppresseur fera toujours recours à des moyens non justes moralement et légalement pour faire peur à l'opprimé, pour le maintenir dans un état où il peut rester en vie,  mais privé de tout (nourriture, travail, école, vacances, libertés…).
La révision projetée de l'article 220 de la Constitution est une atteinte à la démocratie, donc une torture contre le peuple congolais qui veut et qui tient à la démocratie et à l'alternance politique. L'oppresseur n'arrêtera pas son oppression, si à cause de la peur, nous ne nous levons pas pour dire NON. 
Tant que nous nous battrons, sans insulter qui que ce soit et en respectant les lois  de notre pays et les règles du débat démocratique, nous ne devons pas avoir peur ni de mourir ni d'aller en prison. Notre opposition à la révision des dispositions verrouillées de notre Constitution  étant légalement et moralement défendable,  nous devons la poursuivre quelles que soient les menaces et les intimidations.
Le président Nelson MANDELA disait lors d'une interview accordée au Magazine Time, en février 1990, que « Aller en prison à  cause de ses convictions, être prêt à souffrir à cause de ce que l'on croit, cela vaut la peine. C'est un honneur pour l'homme de faire son devoir sur terre, quelles que soient les conséquences ».


Encore une fois, levons et disons NON à la révision de la Constitution.

Me Jean Claude KATENDE, Président National de l'ASADHO.






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