Dans un communiqué ,l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) condamne la répression violente de la manifestation des partis de l'opposition UDPS, UNC, ECIDE, RCD-KML, UDECF et PCF par la police, et de l'utilisation des jeunes délinquants de la rue par l'autorité urbaine, à Goma. Cette situation nous rappelle ce qui s'était passé à Kinshasa avant, pendant et après les élections de triste mémoire du 28 novembre 2011 où les enfants de la rue et autres délinquants communément appelés Kulunas étaient utilisés par des politiciens bien connu, pour s'attaquer à l'opposition. Où est parti le fameux « chaleur » qui détenait même une arme ?
Pour rappel, le 22 octobre courant, ces partis politiques avaient informés par écrit le Maire de la ville de Goma l'organisation le 25 octobre d'une manifestation pacifique pour fustiger le massacre de 80 personnes à l'arme blanche à Beni opéré au cours de la semaine allant du 13 au 19 octobre 2014 et l' incapacité du Gouvernement à y faire régner la sécurité des personnes et leurs biens.
D'après Acaj, les organisateurs s'étaient conformés à la législation en la matière pour avoir adressé la lettre au Maire de la Ville, contre un accusé de réception, 48 heures avant la manifestation, et indiqué l'itinéraire que la manifestation allait emprunter.
L'Ongdh regrette de constater que le 25 octobre, la manifestation a été violement réprimée à la place dite signers sur ordre du Maire, Nason Kubuya qu'accompagné l'Inspecteur adjoint de la police, Mme Françoise Munyarugerero.
En fait, les observateurs de l'ACAJ présents sur les lieux ont noté la présence de plusieurs jeunes délinquants de la rue, communément appelés « Maybobo » à coté de la police et portant des bâtons. Ils ont conjointement tabassé les manifestants parmi lesquels figuraient beaucoup de femmes et ont déchiré les calicots et drapeaux.
Des blessés parmi les élèves
Plusieurs blessés ont été enregistrés dont 11 élèves qui se rendaient à l'école. Christian Mbokani, chargé de sécurité au sein de l'UDPS a montré aux observateurs de l'ACAJ des traces de coups lui administrés par les maybobo.
Le président fédéral de l'UDPS, Rubbens Mikindo ainsi que Issa Munganga furent arrêtés par des agents de l'ANR et conduits au cachot de la Mairie. Ils furent libérés plus de deux heures après le sit-in organisé par leurs partisans devant la Mairie.
Plusieurs manifestants ont rapporté à l'ACAJ avoir été victimes de l'extorsion de téléphones et des sommes d'argent par des éléments de la police ainsi que des jeunes maybobo.
L'ACAJ condamne la répression violente de cette manifestation pacifique ainsi que l'utilisation des jeunes délinquants de la rue par l'autorité urbaine de Goma.
Elle recommande vivement au Gouvernent central de mener une enquête indépendante, impartiale et urgente sur ces événements.
« La liberté de manifestation pacifique est un droit fondamental et vital pour l'épanouissement de la personne et de sa conscience politique, ainsi que pour sa participation à la direction des affaires politiques de son pays. Le gouvernement congolais devra mettre fin aux atteintes de cette liberté constatée de plus en plus à travers tout le territoire national et faire sanctionner leurs auteurs pour rassurer l'opinion qu'il n'entend pas imposer un système dictatorial, a déclaré Me Georges Kapiamba, Président de l'ACAJ.
« L'utilisation récurrente des jeunes délinquants « maybobo » par l'autorité urbaine est un acte criminel qui doit faire l'objet d'enquête judiciaire. Ces jeunes sont souvent employés pour démolir des maisons des particuliers dites constructions anarchiques ou pour de déguerpissement sans décision de justice préalable. Leur organisation fonctionne actuellement comme une milice privée avec un chef bien connu dans la ville! Le Ministre de l'Intérieur du gouvernement central devra y mettre fin dans le meilleur délai car ils constituent à ce jour un danger pour la sécurité des personnes et leurs biens, a déclaré Me Thierry Lere, Représentant de l'ACAJ au Nord/Kivu.
La Résolution 34/169 violée
L'ACAJ encourage les partis politiques, surtout de l'opposition, à exercer sans crainte toutes les libertés publiques garanties tant par la Constitution de la RDC que les instruments juridiques internationaux ratifiés, et en défendre avec fermeté dans l'intérêt de tout le monde par toutes les voies de droit.
Dans ce cas, la police devrait se conformer à la Résolution 34/169 des Nations Unies adoptée en 1990 à la Havane sur les principes basiques sur l'utilisation de la force et des armes de feu. Dans cet arsenal juridique, il est recommandé à la police d'éviter ou de limiter strictement l'usage de la force.
Godé Kalonji
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