Les sujets se bousculent un peu dans les journaux parus ce lundi à Kinshasa. La presse kinoise s’intéresse à deux sujets majeurs : la liste des bénéficiaires de l’amnistie et les deux ans d’entrée en fonction du Premier ministre Matata Ponyo, avec en toile de fond la lancinante question du « gouvernement de cohésion nationale ». L’on évoque aussi la volonté des USA de s’impliquer dans la recherche de voie pour la stabilité dans les Grands Lacs, la réélection d’Albert Yuma à la tête de la FEC, les ennuis de Kengo avec son « opposition républicaine »….
Loi d’amnistie
Le Phare annonce que « les 50 premiers bénéficiaires de l’amnistie sont là ». C’est au cours d’un point de presse animé conjointement avec son collègue des Médias Lambert Mende le samedi 19 avril dernier, que la ministre de la Justice Wivine Mumba a dévoilé la liste des premiers bénéficiaires de la loi d’Amnistie votée au parlement et promulguée par le chef de l’Etat. Ils sont au total cinquante, poursuivis pour avoir participé en leur temps aux mouvements insurrectionnels ci-après : l’ex-groupe armé M23, l’attaque du Palais de la Nation en date du 27 février 2011, ARP/Faustin Munene et GALCD d’Honoré Ngbanda.
Ce n’est qu’un début, car l’opération va se poursuivre. L’Avenir titre à la Une : « Loi d’amnistie du 11 février 2014 : Les 50 premiers bénéficiaires enfin connus ». Parmi ces 50 personnes ayant participé à divers mouvements insurrectionnels en RDC figurent 15 de l’ex-groupe armé M23, 15 du groupe des assaillants qui avaient attaqué la ville de Kinshasa le 27 février 2011, 10 de l’Armée de résistance populaire (ARP) du général en fuite Faustin Munene et 10 autres du GALCD de Honoré Ngbanda. Toutes ces personnes, de nationalité congolaise, ont signé des actes d’engagement dans lesquels elles annoncent leur volonté de ne pas récidiver, faute de quoi elles perdraient le bénéfice de la loi et répondraient de leurs faits devant les cours et tribunaux, ajoute l’Avenir.
Forum des As titre : « Voici la liste des 50 premières personnes amnistiées », et explique dans ses pages intérieures les conditions d’éligibilité à cette amnistie. « Est éligible à l’amnistie tout Congolais auteur, co-auteur ou complice des faits infractionnels visés à l’article premier de la présente loi, stipule l’article 2. Selon l’article 3, aux termes de la présente loi, on entend par : faits insurrectionnels, tous actes de violence collective, commis à l’aide de menaces ou avec des armes, dans le but de se révolter contre l’autorité établie en vue d’exprimer une revendication ou un mécontentement ; faits de guerre, les actes inhérents auxopérations militaires conformes aux lois et coutumes de la guerre qui, à l’occasion d’un conflit armé, ont causé un dommage à autrui », renseigne le quotidien ». Les non-élus à cette première grâce juridique ont encore la chance d’y croire, note le journal.
Pour sa part, La Prospérité indique que des listes supplémentaires pourront s’ajouter dans les jours à venir.« M23, ARP, GALCD… : Amnistie, la première liste est là ! », titre ce journal. Outre les critères d’éligibilité, les candidats à l’amnistie doivent signer un acte d’engagement à faire parvenir au ministère de la Justice. Dans ce document, ils engagent à ne plus récidiver, indique le quotidien.Il convient de préciser, souligne la Prospérité, que les personnes mêlées à l’Assassinat de Mzee L-D. Kabila ne sont pas concernées, pour la simple raison que la loi portant amnistie ne prend en compte que des cas qui remontent à 2006. Pas avant.
Ce journal explique que cette loi d’amnistie comporte une autre particularité : certains condamnés verront leur peine réduite, sans pour autant retrouver la liberté. Ce sont des personnes qui ont commis des viols, meurtres et autres infractions non amnistiables. Jamais d’amnistie pour les violeurs et meurtriers, commente ce quotidien.Il fait remarquer que sur la liste du M23, on note l’absence très remarquée des têtes d’affiche de ce mouvement rebelle. Notamment, Bertrand Bisimwa, ex-chef civil de cette rébellion et Roger Lumbala, député national élu en 2011 et qui avait rejoint le M23, dans son aventure insurrectionnelle. Par ailleurs, les organisations de défense des droits de journalistes, dont FFJ pourront se réjouir de la libération de Patrick Palata. Journaliste à Canal Congo télévision de Matadi dans la province du Bas-Congo, ce dernier a été condamné à 20 ans de servitude pénal, en avril 2011, « pour organisation d’un mouvement insurrectionnel, de connivence avec Faustin Munene, ancien chef d’état-major des Forces aériennes congolaises, exilé au Congo/Brazzaville, depuis janvier 2011 »
http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=198128&Actualiteit=selected pour prendre connaissance de cette liste.
Deux ans de Matata Ponyo
Pour rappel, l’article anniversaire du Potentiel « Matata, deux années qui ont convaincu », paru samedi dernier, était la pièce de résistance de notre revue du 19 courant. Matata s’est dit convaincu que si, en deux ans, tout n’a pas été fait, les étapes parcourues et les réformes courageusement engagées ont fini par porter, que des résultats ont été engrangés même si cela lui a valu des critiques acerbes au sein de sa propre famille politique.
Les indicateurs conjoncturels de l’économie penchent en faveur de Matata. La stabilité macro-économique ne fait l’ombre d’aucun doute. Depuis 2010, année à laquelle il a été porté à la tête du ministère des Finances, avant sa nomination en avril 2012 à la primature, la RDC a retrouvé une stabilité macroscopique qui se raffermit au jour le jour. La situation macroéconomique est demeurée stable. Ce qu’a nettement confirmé la Troïkastratégique dans sa dernière réunion du lundi 14 avril 2014.
Jusqu’au 11 avril 2014, tous les indicateurs conjoncturels ont été au vert. Le taux d’inflation hebdomadaire était à 0,023% (+0,001). En cumul annuel, il a atteint 0,450% au niveau national. Comparé à l’objectif annuel de 4%, le taux d’inflation à fin d’année serait de 1,569%. Le marché des changes est par conséquent resté stable, avec une appréciation de 0,1% sur le marché indicatif, et de 0,5% au parallèle. En effet, les cours se sont établis respectivement à 923,78 Fc/Usd et à 930,00 Fc/Usd. Les réserves internationales se sont établies à 1.861,42 millions Usd, couvrant 8,96 semaines d’importations, alors que le taux directeur de la Banquecentrale du Congo a été maintenu à son niveau de novembre 2013, soit 2,0%. Autant d’éléments qui confirment davantage la marche irréversible que la RDC a entamée dans la voie de son émergence. La RDC projette un taux de croissance économique de 9,5% en 2014.
L’annonce de la formation d’un gouvernement de cohésion nationale ne le démotive pas. Ce qui importe, a dit Matata, c’est le travail qui reste à faire. « Une nouvelle ère s’ouvre, celle de l’attente d’un gouvernement de cohésion nationale, qui relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat (…). Cependant, je dis non à une période de transition d’inefficacité au niveau du cabinet », note-t-il, invitant par conséquent les membres de son cabinet à n’avoir pour seule préoccupation que le travail à accomplir »
Serait-il sûr de conserver son poste ? Célébrer le deuxième anniversaire de l’équipe des « jeunes technocrates surdoués » serait-il le signe que l’on a vendu trop tôt la peau de l’Augustin ? Peut-être. Matata, interrogé à ce sujet par la presse, a éludé la question.
En tous cas, tout au long de cette semaine, les nouvelles que l’on a eues de celui qui passe pour son principal « challenger », Kengo wa Dondo, ont été mauvaises, son « Opposition républicaine » ressemblant de plus en plus au ring où se livrerait un match de lutte endiablé.
Dans le bilan de Matata, la stabilité macroéconomique est le point fort, tandis que le point faible est que les répercussions sur la vie quotidienne restent faibles. Encore faudrait-il savoir pourquoi ! Il a agi efficacement contre les détournements en les contournant par la bancarisation. Il n’a pas agi judiciairement en réprimant ceux qui détournaient, il a simplement fait en sorte que l’argent ne passe plus entre leurs mains. Dans le domaine des télécoms, Kin Key Mulumba a fait de gros efforts pour obtenir une mise en œuvre convenable de la fibre optique mais il se heurtait aux privilèges concédés aux compagnes par des contrats conclus sous des administrations antérieures et à la mauvaise volonté des tribunaux, qui lui ont dénié le droit d’imposer des tarifs à ne pas dépasser. Dans le domaine de la consommation – car le « social des Congolais » a d’abord le visage d’une assiette de mpiodi et de manioc – Matata s’est heurté au fait que même s’il enjoint à la BCC de prêter à 2% pour que le crédit relance la consommation, les banques commerciales, elles, ne font crédit qu’à 20% et empochent les 18% de bénéfice. Et, bien sûr, encore une fois, les contraindre serait illégal. Ces limitations sont toujours dues au fait que le gouvernement n’est pas sûr d’être suivi par les autres pouvoirs. Ce qui donne à penser que ces autres pouvoirs comptent sur la bénédiction ou la protection de quelqu’un qui se trouve au-dessus du Premier Ministre. Ne cherchez pas, il n’y en a qu’un !
Matata est surtout la principale victime de la gangrène qui envahit la RDC du fait que rien ne compte plus, sinon de continuer à dissimuler la nullité des élections de 2011et de préparer un nouveau coup d’Etat pour 2016[1]. L’affaire du « gouvernement de cohésion nationale » en fait partie. L’on sait que le gouvernement Matata Ponyo se trouve dans une situation bizarre, liée à la promesse d’un « gouvernement de consensus », faite lors des Concertations nationales avant tout pour éviter qu’y soient évoquées les élections nulles de 2011. Un gouvernement fut donc installé sous l’étiquette neutre de « technicien » pendant que l’on se livrait à la grande opération de débauchage des consciences baptisée « concertations nationales ». Le principal appât que l’on agita sous le nez d’une classe politique très vénale et habituée au « recyclage politique » fut la distribution des « bonnes places » dans un gouvernement fourre-tout baptisé « de consensus », appelé à succéder à celui de Matata Ponyo. Mais tout cela dura longtemps, et l’on eut le loisir de s’apercevoir que le gouvernement des « technocrates surdoués » travaillait efficacement et engrangeait des succès dans le domaine macroéconomique et la lutte contre la corruption. Même si l’on peut être sceptique quant à la crédibilité des sondages d’opinion réalisés en RDC, les résultats qui créditent Matata de plus de 50% d’avis favorables, alors qu’aucun des autres « primaturables » (Kengo, Minaku, etc…) n’atteint les 10%, reflète une certaine réalité. Comment, dès lors, se débarrasser de Matata Ponyo ?
Le gouvernement Matata est donc « en sursis », bien que ce gouvernement n’ait été ni destitué par JKK, ni désavoué par les Chambres. Matata jouit d’un certain soutien dans l’opinion populaire car on le perçoit comme un adversaire du gaspillage et de la corruption. Par contre, en haut de l’échelle, on le verrait volontiers aller planter ses choux ailleurs, d’une part parce que l’on n’apprécie pas son hostilité aux « petites affaires entre copains », d’autre part parce que l’on prendrait volontiers sa place. Le gouvernement se défend principalement en mettant en avant ses bons résultats macroéconomiques.
C’est précisément sur ce terrain qu’il s’est trouvé au début de cette année, attaqué par la FEC, fédération patronale, et en particulier par son président, Albert Yuma.
Retour d’un patron de choc…
Sous le titre : « Les patrons d’entreprises disent non au terrorisme fiscal », La Référence + rapporte que les patrons des entreprises du secteur privé ont renouvelé leur confiance à Albert Yuma pour un 3ème mandat à la présidence de la FEC au cours de l’assemblée générale ordinaire élective organisée le 17 avril 2014 au Grand Hôtel Kinshasa. Albert Yuma a promis de s’investir pour que le nouveau gouvernement de cohésion nationale amène la croissance réellement inclusive, annonce La Référence + ‘‘Nous voulons un gouvernement très engagé qui va travailler pour le partenariat public-privé et qui va amener le pays vers l’émergence comme le souhaite le chef de l’état’’, a indiqué Albert Yuma Mulimbi. Une façon pour le patron des patrons congolais de s’attaquer ouvertement au premier ministre, Augustin Matata Ponyo pour qui, dit-il souvent, les chiffres de croissance sont faux, et son embellie économique tant vantée contraste avec le vécu quotidien des congolais.La FEC a à cette occasion critiqué vivement l’article 10 de la loi de finances n° 14/002 du 31 janvier 2014. Cet article qui modifie le taux de l’impôt sur les bénéfices et profits IBP sans avoir été préalablement et de manière expresse habilitée par la loi fiscale en vigueur ne peut être opposé aux entreprises privées, a martelé Albert Yuma qui mesure les conséquences désastreuses qu’entrainerait son application.
Le numéro 1 de la Fédération des entreprises du Congo a rassuré les opérateurs économiques : il sera leur porte-parole et défendra leurs intérêts à tous les niveaux. Dans son discours postélectoral, il a demandé au gouvernement de collaborer avec le secteur privé pour l’émergence de l’économie nationale. Il a dénoncé un environnement fiscal sauvage ayant entraîné la triste fermeture des entreprises Orgaman, Transmac et Mtza qui sont présentement en liquidation. ‘‘La culture fiscale barbare, la culture de la cueillette pour la cueillette empoisonne le climat des affaires’’, a dit le patron des patrons. « Le gouvernement doit être interpelé sur sa responsabilité de ne pas laisser les entreprises s’engloutir « .
Outre Albert Yuma, William Damsso, le patron du groupe Orgaman en liquidation, a été élu vice-président du conseil d’administration. Albert Yuma est aussi le président du conseil d’administration de la Gécamines. Lecamp du premier ministre Matata Matata Ponyo l’accuse de brader les différentes mines de cette entreprise. Depuis une année, le pays se bat pour réintégrer le processus de l’Initiative pour la transparence des industries extractives-ITIE à cause de la non publication des contrats miniers sur le site du ministère des mines. Albert Yuma a été cité comme l’un des vendeurs qui empêche que soit divulgué le contenu des contrats signés par la Gécamines.
« La FEC est donc maintenant présidée par un patron cumulard soupçonné d’être complice de contrats léonins, assisté d’un patron qui a fait faillite. C’est ce qu’on appelle une belle brochette ! », conclut de son côté la revue Dialogue.
… sur fond de misère extrême.
Pendant ce temps, remarque La Tempête des Tropiques « Selon la Banque mondiale : 88% de Congolais vivent dans l’extrême pauvreté »
A en croire cette institution de Breton Woods, la seule croissance ne suffira pas pour mettre fin à cette situation. Selon un nouveau document de la Banque mondiale présenté jeudi 10 avril dernier à Washington, les cinq pays où la densité de pauvreté est la plus forte du monde sont la RDCongo où 88 % de la population se situent en deçà du seuil de pauvreté, le Libéria (84 %), le Burundi et le Madagascar (81 % dans les deux cas) et la Zambie (75 %). À eux cinq, ces pays réunissent 760 millions de pauvres sur 1,2 milliard à l’échelle planétaire. Avec l’Indonésie, le Pakistan, la Tanzanie, l’Éthiopie et le Kenya, ce sont pratiquement 80 % des individus les plus démunis du monde qui sont concernés. C’est donc sur ces dix pays qu’il faut agir en priorité pour pouvoir mettre fin à l’extrême pauvreté.
Ainsi, pour favoriser un développement économique durable, note ce document,” nous devons déployer des processus de croissance plus propres, plus résilients et plus efficaces dans leur utilisation des ressources, tout en préservant un rythme d’expansion suffisant “.
Pour la BM, la croissance reste une condition nécessaire mais non suffisante de la réduction de la pauvreté. Chaque pays doit accompagner ses efforts de développement par des politiques allouant davantage de ressources aux plus démunis, par le biais du processus même de croissance, à travers la promotion d’une croissance faisant moins d’exclus, ou via des programmes publics tels que les transferts monétaires directs et assortis de conditions. L’étude souligne par ailleurs qu’on ne peut pas se contenter d’aider les individus à sortir de l’extrême pauvreté il faut aussi s’assurer, qu’à terme, ces personnes ne restent pas bloquées juste au- dessus du seuil de la pauvreté faute d’opportunités leur permettant d’améliorer leurs revenus.
Même si tous les pays conservaient le rythme de progression de ces 20 dernières années et si la répartition des revenus restait identique, la pauvreté dans le monde ne reculerait que de 10 points de pourcentage d’ici 2030, sachant qu’elle s’établissait à 17,7 % en 2010. Un tel résultat est tout simplement insuffisant. « Si nous voulons mettre fin à l’extrême pauvreté, nous devons tout mettre en œuvre pour rendre la croissance plus inclusive et améliorer le ciblage des programmes d’aide sur les pauvres ».
« Nouveau » gouvernement ?
Forum des As annonce « Un conseil extraordinaire des ministres ce mardi ! ». Et aussitôt, lorsqu’on sait que ce genre de réunions se tient rarement, cela fait naître la question « S’agira-t-il d’ouvrir la voie à l’avènement du gouvernement de cohésion nationale ?»
« Ministres et vice-ministres du gouvernement Matata conviés à une réunion extraordinaire ce mardi 22 avril 2014 à la cité de l’Union africaine. Pour ce faire, ils doivent avoir retiré, depuis le vendredi 18 avril dernier, l’ordre du jour et la documentation de la rencontre convoquée par la hiérarchie de l’Exécutif national. Après un bon bout de temps, les réunions du Conseil des ministres n’étant plus du tout régulières, tous les membres du Gouvernement central vont enfin se retrouver ensemble », écrit Forum des As,sans répondre clairement à la question du « nouveau gouvernement. Forum des As estime cependant que la convocation de ladite réunion donne matière à supputation aux observateurs avertis six mois après l’annonce du gouvernement de cohésion nationale attendu au cours de l’actuelle session de mars au Parlement. A l’en croire, JKK avait clairement indiqué que le nouvel Exécutif national serait connu avant la fin des travaux parlementaires dont la clôture est prévue le 15 juin prochain.
Kengo wa Dondo
Ces derniers temps, l’un des « primaturables » les plus cités était Kengo wa Dondo, mais il a de graves ennuis dans son propre camp. Le Potentiel titre « Opposition républicaine : l’autorité morale Kengo incompris » et explique
« Pour peu que la politique fasse sens, les regroupements politiques qui peuplent le paysage politique à la veille des échéances politiques doivent porter l’avenir et incarner les valeurs. Même si une certaine tradition de conglomérat tendrait à se généraliser, l’essentiel était de se retrouver une blanchisseuse ou un cache-misère sans incidence ou influence sur le destin national. L’opposition républicaine autour de Léon Kengo Wa Dondo doit incarner les mérites et les qualités morales et intellectuelles de l’homme de la rigueur. Sa désormais longue présence sur la scène, il le doit à sa prestance et rien au monde ne l’entraînera à des compromissions. Ceux qui l’approchent le savent-ils ? Là est toute la question. Ce sont des qualités d’homme d’Etat et d’homme politique perspicace qui font redouter Kengo auprès de ses détracteurs. Les agitations de certains lieutenants de ce moment de « l’homme de la rigueur » tirent leur origine de l’initiative des Concertations nationales où l’implication de Kengo a modifié la donne. Du coup, Léon Kengo devient la cible facile de toutes les majorités du pouvoir et de l’opposition. En effet, le gouvernement de cohésion nationale ou de large union nationale, le projet central des Concertations nationales initiées par la MP, mais dont la concrétisation de l’initiative aura été l’œuvre alternativement du PPRD (E. Boshab) et du secrétaire général de la MP (Aubin Minaku), pour au finish relever de l’institution parlementaire, explique le bouc-émissariarisation (sic) de Léon Kengo Wa Dondo. Son plus grand péché est d’en avoir fait la proclamation publique sur les aires d’appropriation ou d’initiateur et d’avoir mobilisé publiquement. Le PPRD avec le sémillant secrétaire général Evariste Boshab avait pris langue avec une frange de l’Opposition. De son côté, Aubin Minaku avait aussi pris contact avec une autre frange de l’Opposition notamment celle conduite par Lisanga Bonganga. A ce niveau, on doit signaler que l’exercice s’est terminé sur un fond de querelles partisanes, mais l’espoir pour chacun de retrouver son opposition avait persisté. Mais lorsque la formule de convocation des Concertations devient celle des commissions parlementaires et finalement du pilotage institutionnel. Le présidium assisté d’un secrétariat technique, les alliés du pouvoir et de l’opposition consultés ultérieurement vont développer des reflexes d’autodéfense. Ils vont combattre le secrétariat technique et indexer le faible leadership des autorités parlementaires. Le tour de force de Kengo avec ses experts du secrétariat technique sera de recommencer les consultations et de créer astucieusement un comité de contact associé à la rédaction du règlement intérieur. La méthodologie de travail à ce niveau voulue paritaire va surprendre parce que du côté de l’opposition, la co-modération reviendra, non à Lisanga mais à et Thomas Luhaka. Du côté opposition de la Majorité, le PPRD Boshab réapparaitra épisodiquement. Ceux qui pensaient contrôler les Concertations de l’intérieur perdirent le nord. Intervient alors Joseph Olenghankoy à la fête pour mettre en échec ce qui apparaissait comme le schéma Kengo. L’adoption de la méthodologie du travail au niveau des états généraux des thématiques par l’institution de la co-modération brisa l’espoir des Concertations boutiquées mouvance présidentielle. Les experts de Kengo ayant obtenu pour crédibiliser l’initiative présidentielle d’affirmer le double leadership de co-présidents du présidium. Chacun étant reconnu chef de file incontesté de leurs camps. Les concertations furent perçues comme le lieu de sauvetage, non du régime mais du président Kabila, et Kengo fut perçu comme le fossoyeur de la MP. Celle-ci souffrit de ce qu’elle ressentait comme une perte de privilège et surtout comme un dessein machiavélique de son autorité morale. Que Kengo se soit prêté à ce jeu, c’est son plus grand péché. Et pour le contrer, le pouvoir et l’opposition coalisèrent. Lisanga ne cacha pas sa rébellion à la thématique gouvernance ne connait pas de plénières. Le deal Kabila-Kengo fut inventé par des partenaires à la coopération au développement qui soupçonnaient Kengo d’aider Kabila à faire le glissement de mandats. L’invention de l’opposition républicaine fit retrouver à Lisanga la fonction de partenaire de la majorité présidentielle. L’annonce de l’arrivée de François Muamba et Azarias Ruberwa ne devrait qu’être cauchemardesque pour celui qui se frottait les mains du désintéressement du MLC de Jean-Pierre Bemba. Léon Kengo n’aura fait que servir le triomphe d’un schéma des concertations bipolarisées autour de la MP et l’opposition républicaine, la société civile et la diaspora partageant ses sensibilités politiques. Sans aucun doute, personne ne l’a compris à commencer par les siens ». (Et, à lire cet article fumeux, on soupçonne que la presse ne l’a pas compris non plus… NdlR)
Grands Lacs
Le Potentiel titre à la Une « Stabilité dans les Grands Lacs : Washington s’offre », pour faire état de révélations du président tanzanien, Jakaya Kikwete.
Si les Etats-Unis sont prêts à participer à la stabilisation des Grands Lacs, tout dépend cependant des pays de la région qui doivent en exprimer préalablement le besoin. C’est la révélation faite la semaine dernière par le président tanzanien, Jakaya Kikwete, dans une interview exclusive accordée à Saleh Mwanamilongo, journaliste de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC). Le président Jakaya a fait savoir que lors de son entretien avec Barack Obama lors du passage de ce dernier à Dar-es-Salaam, le président américain a donné sa position sur la paix et la stabilité de la région. Et il a promis l’appui des USA là où les pays de la région des Grands Lacs exprimeront la demande.
Toute la question est ben sûr de savoir si « l’unité des pays de la région des Grands Lacs » signifie qu’il faudrait AUSSI l’accord de Kagame et Museveni, les alliés préférentiels des USA dans la région. Si c’était le cas, on retomberait dans la logique des « pyromanes pompiers ». Dans ce contexte, il faut aussi tenir compte de ce que, depuis Libreville au Gabon où ils viennent de se réunir du 15 au 18 avril dans le cadre des travaux de la Commission politique de l’Assemblée parlementaire francophone (APF), les parlementaires de cette institution ont fait une déclaration qui accuse sans détours les pays voisins de la RDC pour l’indéniable soutien qu’ils apportent aux groupes armés qui déstabilisent le Congo. Au sein de la commission politique de l’APF, on a constaté que « certains groupes armés continuent de bénéficier du soutien de certains pays voisins à l’Est dela RDC ».
A la suite du plaidoyer de la délégation de la RDC, conduite par le sénateur Modeste Mutinga (le « boss » duPotentiel, qui en parle comme il se doit, en bonne place NdlR), accompagné de son collègue Ngoy Saliboko et du député national Pius Muabilu (le patron du groupe L’Avenir, c’était preqe un congrès de la presse ! NdlR) les participants ont invité « les Etats voisins de l’Est de la RDC à respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord d’Addis-Abeba ». Les parlementaires francophones ont exhorté « ces derniers à s’impliquer résolument dans la consolidation de la paix à l’est de la RDC et d’éviter tout acte susceptible d’embraser à nouveau cette partie du territoire congolais ».
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.© CongoForum, le lundi 21 avril 2014
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[1] Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futuresélections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi. Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir !
Pauvres, mais honnêtes, nous paraissons quand nous pouvons, et notamment le samedi 19 avril 2014
Année 2014, numéro 11 SOMMAIRE Rwanda France-Rwanda : L’excuse et l’enquête... page 1 Kagamé "Je ne conseille à personne de se mêler des affaires intérieures du Rwanda"... p 3 ONU : La formulation « génocide contre les Tutsis » sévèrement critiquée... page 9 Kagame vient de révéler sa plus grande peur : la Réconciliation Hutu / Tutsi... page 10 RDC /Rwanda : Rudasingwa: "Kagame a tué Laurent-Désiré Kabila"... page 12
RDC/ Ouganda
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mardi 22 avril 2014
21/04/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)
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