A
l'occasion d'un débat vendredi dernier au Conseil de sécurité des Nations Unies
sur la violence sexuelle dans les conflits, le Secrétaire général des Nations
Unies, Ban Ki-moon, a estimé que des progrès avaient été réalisés pour
combattre ce fléau même si de graves violations continuaient de se produire
encore trop souvent.
Dans un
discours devant le Conseil, Ban Ki-moon
a rappelé que la violence sexuelle dans les conflits détruisait les familles et
les communautés, contribuait à une pauvreté et une insécurité durables et entravait
les efforts de réconciliation, de paix et de reconstruction.
« C'est
pourquoi ce Conseil a toujours clairement affirmé que la violence sexuelle dans
les conflits est une question de sécurité et de paix internationales. Des
résolutions successives ont créé un solide cadre global de prévention », a
ajouté le Secrétaire général.
« Des
violations graves se produisent encore trop souvent, mais nous commençons à
faire des progrès tangibles », a-t-il estimé.
Le
Secrétaire général a notamment cité les exemples de la République démocratique
du Congo (RDC) et de la Somalie.
« Il y a
quelques années, les viols dans ces conflits semblaient inévitables. La RDC et
la Somalie montrent désormais que des progrès sont possibles », a-t-il dit.
« La RDC
développe de nouvelles structures juridiques pour mettre fin à l'impunité. La
Somalie a montré son engagement au plus haut niveau pour mettre fin à la
violence sexuelle, notamment en signant un communiqué conjoint avec les Nations
Unies. Un plan d'action est en cours de développement. »
Ban
Ki-moon a également cité le travail des experts de l'ONU avec la Colombie, la
Côte d'Ivoire, la Guinée et le Soudan du Sud pour renforcer les systèmes
judiciaires de ces pays.
La
Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence sexuelle dans les
conflits, Zainab Hawa Bangura, a de son côté rappelé devant les membres du
Conseil de sécurité que les progrès réalisés étaient un encouragement et
montraient que lutter contre la violence sexuelle dans les conflits n'était pas
une mission impossible.
« La
violence sexuelle est utilisée depuis des siècles, précisément parce que c'est
une arme peu coûteuse et dévastatrice. C'est pourquoi la communauté
internationale a tellement mis l'accent sur la lutte contre l'impunité », a dit
Mme Bangura.
« En se
concentrant sur l'impunité, nous braquons de manière franche pour la première
fois les projecteurs sur les responsables, et en faisant cela nous commençons à
réorienter la stigmatisation et les conséquences de la violence sexuelle des
survivants vers les auteurs de cette violence », a-t-elle ajouté.
Des femmes assises à l’extérieur d’un dortoir dans
un centre pour victimes de violences sexuelles (photo Irin)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire