Depuis
l’expulsion des ressortissants de la RDC de Brazzaville, des organisations de
la société civile et les acteurs politiques du Congo-Kinshasa ont exprimé leur indignation et demeurent préoccupées par la
poursuite des expulsions massives, opérées dans les conditions infrahumaines,
des centaines des ressortissants de la République Démocratique du Congo
(RDCongo) du Congo/Brazzaville dont la nouvelle vague en date est celle du dimanche
27 avril 2014 avec plus de 3000 refoulés
.Ce, malgré les négociations entre Kinshasa et Brazzaville, en vue de
mettre un terme à ces actes de barbarie.
En
effet, la mise en exécution de l’opération « Mbata ya Mokolo »
déclenchée par Congo/Brazzaville est à l’origine des vagues d’expulsion de
plusieurs rdcongolais de l’autre côté du fleuve Congo. Des informations
parvenues à l’Ongdh VSV font état des traitements cruels, dégradants et
inhumains qui auraient même occasionné la mort d’hommes et des blessés.
Cette
Ongdh relève que les expulsions du mardi 22 avril 2014 ont été accompagnées de
viols, extorsions des biens et brimades infligés aux victimes de l’opération susévoquée
ayant causé des traumatismes et préjudices graves à ces derniers et suscité
l’indignation et la déception au sein de l’opinion publique en RdCongo.
Selon
les témoignages des victimes, certains ressortissants rdcongolais bien qu’en
possession des titres de séjour régulier à Brazzaville n’ont pas été épargnés
de mauvais traitements au cours des expulsions barbares alors que les autorités
brazzavilloises ont déclaré que cette action qui s’inscrivait dans le cadre de
l’opération dénommée « Mbata ya Mokolo » visait essentiellement des
étrangers en séjour irrégulier qui semaient l’insécurité dans la ville de Brazzaville
et dans certains quartiers.
L’expulsion
massive de ressortissants de la RDC à Brazzaville doit interpeller les
autorités qui sont appelées à la prudence. Des dispositions doivent être bien
prises pour ne pas donner lieu à une quelconque aventurière à Kinshasa à
travers cette série des refoulements. Brazzaville n’a pas hébergé que des
Kuluna. Des opposants armés ont toujours l’habitude d’aller trouver
refuge dans ce pays. Bien que parmi les expulsés, la majorité soit des
populations civiles, mais les Kinois regrettent de constater que les brigands
de tout bord communément appelés Kuluna qui avaient fui Kinshasa pendant
l’opération Likofi, pour se réfugier à Brazzaville sont de retour et commencent
à semer déjà la terreur et désolation dans certains quartiers de la capitale.
Pour éviter une surprise comme ce fut avec les hommes de Mukungubila, le
gouvernement de la RDC devrait être ferme en identifiant tout expulsé,
connaitre son profil, sa famille à Kinshasa. Dans ce genre de chose, il faut craindre
ce débordement car, certains analystes politiques pensent que l’opération Mbata
ya Mukolo déclenchée par Brazzaville risque de créer de surprise à cause de ce
débordement qui fait que Kinshasa ait du mal à identifier ses ressortissants. D’où
l’appel à la prudence aux autorités congolaises.
St/Craintes de la VSV
Dans
son communiqué publié la semaine dernière, la VSV a fustigé avec véhémence les
atrocités dont les ressortissants rdcongolais sont victimes de la part des
autorités de la République du Congo et
exige aux autorités de
Kinshasa à mettre en place des mécanismes efficients pour mettre fin
aux atrocités et expulsions barbares dont les ressortissants rdcongolais sont
victimes.
Tout
en reconnaissant à la République du Congo le droit d’expulser de son territoire
tout étranger en séjour irrégulier ou pour des raisons sécuritaires, la VSV estime
cependant que ces multiples expulsions
sont menées au mépris du respect des droits humains en général et de la dignité
humaine en particulier, compromettant les relations de bon voisinage et de
fraternité ainsi que les liens de consanguinité existant entre les peuples de
deux pays dont les capitales sont les plus rapprochées du monde.
un
bourbier. Le mois d’avril étant pluvieux, il y a lieu de s’inquiéter, pour ces
familles.
Respectons la Convention
signée à Luanda en décembre 1999
Brazzaville
devrait mettre fin à toutes les atrocités et expulsions sauvages infligées aux
ressortissants de la RDC. Car, le pays de Sassou Nguesso doit appliquer et
respecter la Convention signée à Luanda, en République d’Angola, en décembre
1999, relative à la libre circulation des personnes et des biens.
Il
doit aussi respecter des mesures sécuritaires prises à l’issue des
échanges entre la délégation rd congolaise et les autorités brazzavilloises
pour mettre fin aux expulsions barbares des rdcongolais du Congo/Brazza.
La libre circulation
des personnes est garantie par les instruments juridiques portant création de la Communauté des Etats
de l’Afrique Centrale dont font parties Brazzaville et Kinshasa.
Ce Protocole relatif
à la libre circulation et au droit d'établissement des ressortissants des États
membres adopté en 1983, (annexe 7 du traité d'origine) comprend des
dispositions relatives à la liberté de circulation, de résidence et
d'établissement. Selon ce protocole, les dispositions sur la libre circulation
et le droit d'établissement devaient être appliquées dans un délai de quatre à douze années (respectivement)
à compter de l'entrée en vigueur du Traité.
Les articles 4 et 40
du traité disposent du droit des ressortissants de la CEEAC de circuler et de
séjourner librement dans n'importe quel État membre de la CEEAC.
L'article 2 précise
la définition et les conditions d'adhésion à la CEEAC en ce qui concerne le
mouvement, l’entrée / sortie et le séjour des ressortissants ainsi que d'autres
catégories de personnes.
Au regard de ces
dispositions, il est regrettable de constater que Brazzaville crache sur la RDC
alors que le pays de Lumumba a hébergé des milliers de Brazzavillois qui
fuyaient la guerre entre les Cobras et les Ninja.
Par Godé Kalonj
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