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mardi 29 avril 2014

Expulsion massive des Rdcongolais du Congo-Brazza : Kinshasa doit bien identifier les expulsés

Depuis l’expulsion des ressortissants de la RDC de Brazzaville, des organisations de la société civile et les acteurs politiques du Congo-Kinshasa ont exprimé leur  indignation et demeurent préoccupées par la poursuite des expulsions massives, opérées dans les conditions infrahumaines, des centaines des ressortissants de la République Démocratique du Congo (RDCongo) du Congo/Brazzaville dont la nouvelle vague en date est celle du dimanche 27 avril 2014 avec plus de 3000 refoulés  .Ce, malgré les négociations entre Kinshasa et Brazzaville, en vue de mettre un terme à ces actes de barbarie.

En effet, la mise en exécution de l’opération « Mbata ya Mokolo » déclenchée par Congo/Brazzaville est à l’origine des vagues d’expulsion de plusieurs rdcongolais de l’autre côté du fleuve Congo. Des informations parvenues à l’Ongdh VSV font état des traitements cruels, dégradants et inhumains qui auraient même occasionné la mort d’hommes et des blessés.

Cette Ongdh relève que les expulsions du mardi 22 avril 2014 ont été accompagnées de viols, extorsions des biens et brimades infligés aux victimes de l’opération susévoquée ayant causé des traumatismes et préjudices graves à ces derniers et suscité l’indignation et la déception au sein de l’opinion publique en RdCongo.

Selon les témoignages des victimes, certains ressortissants rdcongolais bien qu’en possession des titres de séjour régulier à Brazzaville n’ont pas été épargnés de mauvais traitements au cours des expulsions barbares alors que les autorités brazzavilloises ont déclaré que cette action qui s’inscrivait dans le cadre de l’opération dénommée « Mbata ya Mokolo » visait essentiellement des étrangers en séjour irrégulier qui semaient l’insécurité dans la ville de Brazzaville et dans certains quartiers.

L’expulsion massive de ressortissants de la RDC à Brazzaville doit interpeller les autorités qui sont appelées à la  prudence. Des dispositions doivent être bien prises pour ne pas donner lieu à une quelconque aventurière à Kinshasa à travers cette série des refoulements. Brazzaville n’a pas hébergé que  des  Kuluna. Des opposants armés ont toujours l’habitude d’aller trouver refuge dans ce pays. Bien que parmi les expulsés, la majorité soit des populations civiles, mais les Kinois regrettent de constater que les brigands de tout bord communément appelés Kuluna qui avaient fui Kinshasa pendant l’opération Likofi, pour se réfugier à Brazzaville sont de retour et commencent à semer déjà la terreur et désolation dans certains quartiers de la capitale. Pour éviter une surprise comme ce fut avec les hommes de Mukungubila, le gouvernement de la RDC devrait être ferme en identifiant tout expulsé, connaitre son profil, sa famille à Kinshasa. Dans ce genre de chose, il faut craindre ce débordement car, certains analystes politiques pensent que l’opération Mbata ya Mukolo déclenchée par Brazzaville risque de créer de surprise à cause de ce débordement qui fait que Kinshasa ait du mal à identifier ses ressortissants. D’où l’appel à la prudence aux autorités congolaises.

St/Craintes de la VSV
 
Dans son communiqué publié la semaine dernière, la VSV a fustigé avec véhémence les atrocités dont les ressortissants rdcongolais sont victimes de la part des autorités de la   République du Congo et exige  aux autorités de Kinshasa à mettre en place des mécanismes efficients pour mettre fin aux atrocités et expulsions barbares dont les ressortissants rdcongolais sont victimes.

Tout en reconnaissant à la République du Congo le droit d’expulser de son territoire tout étranger en séjour irrégulier ou pour des raisons sécuritaires, la VSV estime  cependant que ces multiples expulsions sont menées au mépris du respect des droits humains en général et de la dignité humaine en particulier, compromettant les relations de bon voisinage et de fraternité ainsi que les liens de consanguinité existant entre les peuples de deux pays dont les capitales sont les plus rapprochées du monde.
un bourbier. Le mois d’avril étant pluvieux, il y a lieu de s’inquiéter, pour ces familles.

Respectons la Convention signée à Luanda en décembre 1999  
 
Brazzaville devrait mettre fin à toutes les atrocités et expulsions sauvages infligées aux ressortissants de la RDC. Car, le pays de Sassou Nguesso doit appliquer et respecter la Convention signée à Luanda, en République d’Angola, en décembre 1999, relative à la libre circulation des personnes et des biens.
Il doit aussi respecter des mesures sécuritaires prises à l’issue des échanges entre la délégation rd congolaise et les autorités brazzavilloises pour mettre fin aux expulsions barbares des rdcongolais du Congo/Brazza.
 
La libre circulation des personnes est garantie par les instruments juridiques  portant création de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale dont font parties Brazzaville et Kinshasa.

Ce Protocole relatif à la libre circulation et au droit d'établissement des ressortissants des États membres adopté en 1983, (annexe 7 du traité d'origine) comprend des dispositions relatives à la liberté de circulation, de résidence et d'établissement. Selon ce protocole, les dispositions sur la libre circulation et le droit d'établissement devaient être appliquées  dans un délai de quatre à douze années (respectivement) à compter de l'entrée en vigueur du Traité.

Les articles 4 et 40 du traité disposent du droit des ressortissants de la CEEAC de circuler et de séjourner librement dans n'importe quel État membre de la CEEAC.

L'article 2 précise la définition et les conditions d'adhésion à la CEEAC en ce qui concerne le mouvement, l’entrée / sortie et le séjour des ressortissants ainsi que d'autres catégories de personnes.
Au regard de ces dispositions, il est regrettable de constater que Brazzaville crache sur la RDC alors que le pays de Lumumba a hébergé des milliers de Brazzavillois qui fuyaient la guerre entre les Cobras et les Ninja.  


 Par Godé Kalonj

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