Le
directeur général du bureau de l’aide humanitaire de la Commission européenne a
assuré que l’Union européenne, a assuré qu’il continuera à venir en aide aux
déplacés internes de la RDC.
«Malgré
les crises en Syrie, au Sud-Soudan et en République centrafricaine,
Afghanistan… nous n’allons pas les oublier LA RDC », a-t-il souligné au
cours d’une conférence de presse conjointe qu’il a animé le vendredi 4 avril courant
avec le coordonateur humanitaire, Moustapha Soumaré.
Le
diplomate européen a en outre affirmé qu’il espérait voir le gouvernement
congolais venir davantage en aide à cette population.
«C’est
une population qui a énormément souffert et, pour moi, c’était important de
venir en RDC pour manifester la solidarité avec ces populations qui ont été
chassées d’un endroit à l’autre pendant des années et des années», a-t-il
affirmé.
Pour
Sorensen, le gouvernement congolais doit consentir des efforts afin d’éliminer
les causes de l’instabilité dont souffrent des milliers de Congolais de la
partie Est du pays.
Il s’est
par ailleurs engagé à faire un «plaidoyer vis-à-vis des autorités européennes pour stabiliser les fonds» afin de venir en aide à ces
populations.
Le nombre de déplacés internes n’a pas cessé
d’augmenter ces dernières années en RDC. Jusque fin juin 2013, l’Agence des
Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) avait
recensé 967 000 personnes déplacées dans le Nord-Kivu, dont 90% avaient
abandonné leurs milieux d’origine suite aux exactions des groupes armés ou par
crainte de voir les affrontements se propager. Arrivée en République
Démocratique du Congo le 31 mars dernier, une délégation de bailleurs de fonds
de l’action humanitaire, avec à sa tête M. Claus Sorensen, Directeur général du
Bureau de l’aide humanitaire de la Commission européenne, s’est rendue dans la
province du Nord-Kivu afin de s’enquérir de la situation humanitaire.
Cette visite a permis
à la délégation conduite par Claus Sorensen d’être témoin des conditions de vie
des personnes déplacées internes et des efforts des acteurs humanitaires
nationaux et internationaux pour répondre aux besoins. Cette mission a
également permis de nombreux échanges avec les autorités congolaises à Kinshasa
et à Goma, ainsi qu’avec les Nations Unies et d’autres partenaires
humanitaires.
En effet, le dernier trimestre de l’année 2013 a vu un changement dans le
contexte politique et sécuritaire de la Province du Nord-Kivu.
En
effet le 5 novembre 2013, le M23 déclarait la fin de la rébellion après sa
défaite face à l’armée gouvernementale.
Pour Claus Sorensen, la disparition M23 dans le contexte sécuritaire a créé une certaine accalmie dans certaines parties de la province notamment dans le territoire de Rutshuru et Nyiragongo, avec le redéploiement de l’autorité de l’état. Néanmoins la situation sécuritaire reste toujours volatile et précaire dans de nombreuses parties de la Province, avec de graves conséquences en termes de protection et de besoins essentiels de la population civile du fait des conflits entre les nombreux groupes armés et des opérations militaires menées contre ces derniers.
Cette
situation selon Ocha, est la cause de
déplacements de population massifs dans plusieurs territoires, particulièrement
Masisi, Beni et Walikale.
Pour
l’agence onusienne, les besoins humanitaires demeurent importants dans la
province, avec des vulnérabilités importantes au niveau de la santé, la
nutrition et la sécurité alimentaire, entre autres.
La Province du Nord-Kivu
demeure également une zone de risques non négligeables de catastrophes
naturelles (glissements de terrain, inondations) liées aux conditions
climatiques ainsi qu’à des risques naturels, notamment dans les zones peuplées
de Goma et Nyiragongo qui se situent près de deux volcans actifs et d’un lac à
risque d’explosion de gaz.
Près de 1 091 567 personnes déplacées internes (depuis janvier 2009) existent au Nord-Kivu au 25 février 2014, soit plus du tiers des personnes déplacées internes en République démocratique du Congo, selon Ocha.
La situation n’est pas
aussi meilleure dans d’autres provinces du pays. Dans le Katanga par exemple,
l’ONG Centre pour la justice et la réconciliation avait répertorié plus de 500
000 déplacés internes en juin dernier.
Ocha,
quant à elle, avait parlé de 316 000 déplacés internes 4 mois plus tôt, contre
55 000 en janvier 2012.
Gode Kalonji
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