Il y a
trois semaines, l’offensive contre les FDLR annoncée depuis plusieurs mois n’a
duré que quelques heures.
L’armée
congolaise a repris la position de Tongo à une soixantaine de kilomètres au
nord de Goma et depuis plus rien. La brigade d’intervention de l’ONU et l’armée
congolaise sont bien déployées dans les zones contrôlées par les FDLR, mais
aucune nouvelle attaque contre ces rebelles n’a été menée.
Officiellement,
la Monusco avance la complexité de la situation.
Les
rebelles hutus sont depuis plus de 20 ans au Congo, ils vivent au milieu de la
population civile, dans la forêt, rendant toute attaque particulièrement
compliquée.
De
nombreuses sources évoquent également de possibles échanges d’informations
entre l’armée congolaise et les FDLR.
Dans le
passé, ces rebelles ont à plusieurs reprises prêté main-forte à l’armée
congolaise contre d’autres groupes armés. Ce qui pourrait expliquer ce
« renvoi d’ascenseur ».
Quoi
qu’il en soit, à quelques jours des célébrations du 20e anniversaire du
génocide et alors que le Rwanda réclame depuis plusieurs mois que ce groupe qui
menace son pouvoir soit neutralisé, ce semi-échec fait tâche.
Il fait aussi, pour
la première fois, planer le doute sur la capacité de la brigade d’intervention
à remplir sa mission. Cette force de 3 000 hommes a pourtant désormais un
mandat renforcé l’autorisant à attaquer les groupes armés en RDC, sans même
l’appui de l’armée congolaise.
Les Forces démocratiques de libération
du Rwanda (FDLR, en kinyarwanda : Urugaga Ruharanira Demokarasi No Kubohoza U Rwanda)
sont un groupe armé formé en République
démocratique du Congo en 2000.
Défendant les intérêts des Hutus rwandais réfugiés en RDC et opposé à la présidence
de Paul Kagame,
il aurait pris la suite de l'Armée
de libération du Rwanda et compterait dans ses rangs
des responsables du génocide
rwandais, ce qu'il nie. Jusqu'au milieu des années
2000, les autorités congolaises utilisent les FDLR comme supplétifs à l'armée
régulière, malgré leurs nombreuses accusations de violences et de prédations
contre les populations civiles.
Prétendant représenter les intérêts des Hutus rwandais des camps de
réfugiés en RDC créés en 1994, les FDLR seraient formées d'anciens membres des Forces
armées rwandaises et des milices Interahamwe, prenant la
suite selon les observateurs de l'Armée
de libération du Rwanda, rassemblant des responsables
du génocide au
Rwanda et active dans la deuxième partie des années
1990.
L'apparition des FDLR se fait sous l'influence du feu président Laurent-Désiré
Kabila, cherchant à créer des groupes
paramilitaires contre le Rassemblement congolais pour la démocratie(RCD)
dans le cadre de la deuxième
guerre du Congo.
Si la branche politique est essentiellement basée en Europe, la branche
militaire de l'organisation, les Forces combattantes Abacunguzi
(Foca) est active dans le Maniema, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
St/Martin Kobler trahit
Il y a deux semaines, le chef de la Mission des Nations Unies en
République démocratique du Congo (MONUSCO), Martin
Kobler, a appelé les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du
Rwanda (FDLR) à se rendre sans délai.
« Je demande à tous les rebelles des FDLR de se désolidariser
immédiatement de leurs leaders poursuivis par la justice, sous peine d'être
désarmés de force », déclarait Martin Kobler dans un communiqué de presse,
s'adressant directement aux rebelles.
Il a appelé tous les membres des FDLR à faire reddition sans délai et à
rejoindre le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement,
réinsertion et réintégration.
Le chef de la MONUSCO a également salué les opérations des forces armées
congolaises (FARDC) contre les FDLR et les groupes armés illégaux affiliés et a
annoncé le soutien et l'engagement direct de la MONUSCO auprès de l'armée
congolaise.
« Les opérations visent à neutraliser les FDLR et leurs alliés. Elles
permettront aussi la restauration de l'autorité de l'Etat, conformément à notre
mandat de protection des populations civiles et à nos règles d'engagement », a
conclu Martin Kobler.
Mais aujourd’hui avec l’arrêt de cette offensive tant vantée par la
Monusco, il y a lieu de craindre le pire dans cette partie du pays où les combattants
FDLR règnent en maitre.
Même l’administration Obama qui, à travers l’émissaire des USA pour la
Région des Grands lacs, le sénateur démocrate Russ Feingold doit s’indigner du fait d’attendre que l’offensive lancée contre les FDLR est
sur le point mort. Pourtant, il avait soutenu cette offensive lancée par les
FARDC grâce à l’appui logistique de la Monusco contre les combattants hutus
rwandais.
Par Godé Kalonji
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